(Exclusif) Gamyo - Brad Gratton : "Je veux une équipe tournée vers l'attaque" !
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(Exclusif) Gamyo - Brad Gratton : "Je veux une équipe tournée vers l'attaque" !

Le coach italo-canadien Brad Gratton, confirmé la semaine dernière sur le banc des "Gamyo" d'Epinal pour la prochaine saison, actuellement au Canada, nous dit tout sur l'intersaison, la reconstruction de l'effectif et ses ambitions avec le club.

 
Le tandem Brad Gratton - Romain Casolari entend bien redonner au "Gamyo" des couleurs et de l'ambition © Magnum la Radio
Le tandem Brad Gratton - Romain Casolari entend bien redonner au "Gamyo" des couleurs et de l'ambition




Depuis l'élimination de l'équipe en quart de finale des play-offs de Ligue Magnus (balayée 4 à 0 par Gap, futur champion de France), c'était silence radio du côté des dirigeants du Gamyo d'Epinal.

C'est officiel depuis la semaine dernière, Brad Gratton, coach italo-canadien arrivé à Noël en lieu et place de Stéphane Barin, poursuivra sa mission sur le banc. Avant de le confirmer, les dirigeants ont jaugé le marché et tenté le coup notamment avec Luciano Basile, qui est finalement resté à Gap.

Au sein de l'effectif, c'est le grand chambardement. Six départs ont pour l'heure été actés, dont ceux non souhaités du capitaine P.-C. Hordelalay et de son assistant Matthieu Le Blond, partis relever un nouveau challenge à Grenoble. Trois joueurs ne sont pas conservés (Cacciotti, Bouchard, Klimicek). Dans le sens des arrivées, sept recrues ont été officialisées : trois Français et quatre étrangers (voir plus de détails sur leurs profils dans le communiqué du club en pièce jointe).

Extraits du communiqué envoyé par le club : "La dernière saison a marqué les esprits [...]. Il nous fallait donc réfléchir à une toute nouvelle équipe pour se donner les meilleures chances [...] Nous sommes à la fin d'un cycle de 3 ans, avec une finale, une demi et un quart de finale. Le hockey français évolue et nous devons nous adapter et prendre note de la difficulté à travailler avec des joueurs sur plusieurs saisons [...]. Globalement à date, le recrutement est dans la bonne direction [...]"

Les mouvements actés dans l'effectif des "Gamyo" :
Départs : Le Blond et Hordelalay (Grenoble), Faure et Gutierrez (Gap), Savoye (Amiens), Chapuis, Bouchard, Cacciotti, Klimicek (non renouvelés), Vinatier (arrêt)
Conservés : Hocevar, Charpentier, Mulle, Martin, Sabatier, Rapenne
En attente : Fujerik, Kloz, Susanj (en bonne voie), Soudek, Scalzo
Arrivées : Lorcher (FRA, Strasbourg), Carter et Nikiforuk (CAN, Nottingham), Mc Donough (CAN, Aalborg), Llorca (FRA, Etats-Unis), Briand (FRA, Angers), Podlipnik (SLO, Lyon).

Reprise du camp d'entraînement le 7 août prochain. La campagne d'abonnements devrait bientôt être mise en place.



INTERVIEW BRAD GRATTON :

Comment avez-vous vécu la période d’incertitude qui a suivi l’élimination en quarts de finale des play-offs ? Aviez-vous d’autres propositions ? Vous inscrivez-vous dans la durée dans le projet spinalien ?


Le hockey n'est pas seulement un sport mais aussi un business. Et lorsque ton équipe n'a pas de bons résultats, des changements peuvent arriver. Toutes les équipes qui n'ont pas fait une bonne saison reçoivent les CV de nombreux coachs sur le bureau. Personnellement je n'y pense pas car ce n'est pas quelque chose que je contrôle. Je me dis simplement que si les dirigeants croient en moi et que moi je crois en eux alors nous trouverons un moyen de rester ensemble. Sinon on se sépare en bons termes. Chaque personne à sa propre opinion, qui devrait coacher, quels joueurs doivent être conservés, etc... Tout ce que je peux dire c'est que le succès d'un coach vient des joueurs. Ce sont les joueurs qui remportent des titres, les coachs ne font que les guider. 

J'avais d'autres propositions intéressantes avec un délai de signature à respecter mais je voulais être loyal envers mon équipe en donnant du temps aux dirigeants de réfléchir à la situation. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée d'agir de manière impulsive, il faut vraiment prendre le temps de réfléchir à la situation dans son ensemble, à comment tu vois l'avenir, pour l'équipe, les supporters,...

Peut-être que certains ne vont pas aimer ce que je m'apprête à dire, et je ne prétends pas tout savoir, mais certaines choses doivent changer à Epinal. Vous avez un président, Romain, qui a beaucoup de fierté pour Epinal et qui ne souhaite que le meilleur pour les Gamyo. J'ai vu trop de personnes en tirer avantage et tricher, tout le monde doit mettre tout son coeur dans ce qu'il fait. Pourquoi jouer au hockey si tu n'aimes pas y jouer ? Ce n'est pas un hobby et même si personne ne gagne des millions d'euros tu dois jouer avec fierté et y prendre du plaisir. Nous avons des fans géniaux qui nous supportent et ça me met en colère lorsque certains ne mettent pas tous leur coeur et leur âme sur la glace et ne se battent pas pour leur maillot. Il faut comprendre que le hockey est ma plus grande passion, je ne vis et respire que pour lui. La loyauté envers ton équipe est la chose la plus importante, tu dois avoir confiance en chacun et pour cela tu dois faire en sorte que tout le monde soit sur la même longueur d'onde et soit prêt à faire les sacrifices et faire ce qu'il faut pour que cette équipe devienne grande. Ça ne se fait pas du jour au lendemain, mais il faut bien faire les choses, étape par étape, et c'est ça que je veux faire ici. Faire les choses correctement, faire des choix après avoir y avoir réfléchi à deux fois, trois fois pour être sûr de faire le meilleur. Je veux donner tout ce que j'ai pour faire aller Epinal dans la bonne direction et je souhaiterais rester ici aussi longtemps que ce chemin me conduira.

 

Contrairement à la saison dernière, vous pouvez préparer la saison qui s'annonce à votre goût et votre « tempo ». Beaucoup de départs, notamment de joueurs français, ont été actés ; certaines arrivées ont été officialisées. Quel est votre sentiment sur l’intersaison spinalienne pour l’instant ?

C'est génial de s'investir à 100 % dans la reconstruction d'une équipe. Nous savons tous que ce n'est pas facile mais prenons tous nos responsabilités pour faire le meilleur travail possible pour cette équipe. Il y a de nombreux joueurs qui ne seront plus dans l'équipe l'an prochain et je veux que les choses soient claires, il n'y pas un seul joueur pendant les 3 mois où j'étais là que je n'ai pas apprécié en tant que personne, mais quand vous avez des joueurs payés pour faire un certain travail et qu'ils ne performent pas, alors il y a un problème. Peut-être que ça passe dans certaines équipes, mais en tout cas moi je n'accepterai jamais ça. 

C'est bien que j'ai pu déjà passer ces 3 mois avec ces joueurs pour voir leur attitude et leur envie lorsque les temps sont durs, tu apprends beaucoup de la mentalité d'une personne dans cette situation. 

Certains sont partis de leur plein gré, peut-être pour l'argent ou peut-être par ce qu'ils pensent qu'ils seront mieux ailleurs, et tu ne peux pas leur en vouloir pour ça. Il y en a d'autres que nous ne voulions pas conserver, il n'y a qu'une seule raison pour ça et je pense que tout le monde la connais. Certains sont des JFL que nous souhaitions conserver et nous avons tout fait pour, nous avons longuement discuté avec eux avec Romain, Anthony et Florent, mais c'est comme ça, c'est le hockey, il faut passer à autre chose. Il ne faut pas simplement regarder les statistiques des joueurs que nous avons perdu, tout n'est pas une question de points mais plutôt d'alchimie que nous pouvons créer avec le bon groupe de joueurs. 

Ce n'est pas parce qu'un joueur a marqué 9 buts et qu'un autre qui le remplace en a marqué 5, que le 1er est meilleur que le 2ème. Nous voulons des joueurs capables d'être coachés, qui sauront comprendre et respecter les systèmes de jeu, et qui joueront pour le logo qui est devant leur maillot plutôt que pour le nom qui est derrière. Combien de joueurs français sont si bons qu'ils sont irremplaçables ? C'est vrai, il y en a mais ils sont tous dans les équipes à plus gros budget et nous n'avons aucune chance de les signer. Donc d'après moi, et vous pouvez ne pas être d'accord, mais un bon joueur français peut être remplacé par un mec qui a une super attitude et qui fera son taf avec son coeur. 

En résumé, comme je l'ai déjà dit, peu importe qu'un joueur ait mis 20 points ou 10-15 points, ce qu'il nous faut c'est des joueurs qui feront leur taf avec leur coeur. Mes meilleurs joueurs ont toujours été ceux qui se battent chaque jour, jouent leur rôle, ont une attitude exemplaire et qui travaillent pour ses coéquipiers. Bien sût il faut aussi des joueurs qui marquent des buts mais il faut aussi des joueurs qui feront en sorte de pas en prendre, c'est l'équipe qui doit toujours primer.

Trouver des joueurs étrangers ne sont pas un problème pour moi car j'ai un très grand réseau de joueurs que je peux contacter. Je viens d'une grande famille de hockey, et coacher l'équipe nationale U20 danoise m'a apporté des contacts supplémentaires. Il y a de nombreuses dans le monde du hockey avec qui j'ai joué ou que j'ai coaché. Certains de mes meilleurs amis sont dans la NHL et les autres grandes ligues de hockey. Tout ça fait que j'ai accès à de nombreuses vidéos et matchs de hockey dans le monde. Mon nom de famille me facilite aussi les choses et il y a de nombreux joueurs que j'ai croisés au cours de ces dernières années qui ont confiance en moi et qui sont prêts à jouer pour moi, et ils le rapportent aussi à leurs connaissances. Vous n'avez pas pu voir le vrai moi la saison passée à cause de la situation dans laquelle je suis arrivée et toute cette négativité autour de l'équipe. Je suis arrivé face une montagne à gravir et ça n'a pas été facile.

 
Reverra-t-on le style de jeu minimaliste de la fin de saison dernière ou comptez-vous insuffler une nouvelle philosophie à l'équipe sur la glace ? Quels profils de joueurs avez-vous ciblés et dans quel but ?

J'ai toujours prôné un jeu basé sur la vitesse de patinage et sur la possession du palet mais pour que mettre ça en place il faut les bons joueurs. Les gens ont eu tendance à me juger un peu rapidement sans vraiment chercher à comprendre. Je pense qu'aucun autre coach ne me contredira si je dis qu'il n'était pas possible de jouer de cette façon avec l'équipe que nous avions la saison passée. Il fallait donc rester aussi simple que possible. 

Pour mettre en place des systèmes de jeu, il faut des joueurs capables d'être coachés et capables de les exécuter. Ça me fait bien rire quand les journalistes me disent qu'ils n'aiment pas le jeu "on met le palet au fond de la zone et on presse", qu'on ne joue pas comme ça Epinal, alors qu'aucun ne m'a jamais demandé pourquoi j'ai décidé de jouer comme ça. C'est facile de critiquer quand l'équipe va mal, mais personne ne m'a jamais posé les bonnes questions.

Si nous avions gagné comme ça, je pense qu'on n'aurait même pas parlé de notre façon de jouer. Cette histoire de "on met le palet au fond de la zone et on presse" n'est qu'une excuse. Prouvez moi que j'ai tort mais des équipes comme Grenoble ou Gap pour ne citer qu'elles utilisent cette façon de jouer, ce sont de bonnes équipes et personne n'a trouvé à redire sur leur façon de jouer. Ces équipes gagnaient mais quand tu ne gagnes pas tout prend de l'importance.

Pour moi la façon dont on a joué n'a jamais été le problème. De toute façon même avec une équipe rapide et talentueuse tu ne peux pas garder le palet en permanence, il y a forcément des moments où tu devras envoyer le palet au fond et être agressif. Plus le joueur est rapide et talentueux, plus il est agréable à voir jouer, mais quand tu n'as pas ce type de joueurs, le jeu devient beaucoup moche.


A ce stade, pouvez-vous annoncer aux supporters que l’équipe sera ambitieuse ? Qu’elle jouera le haut de tableau et pourra rivaliser avec les grosses cylindrées (Gap, Rouen, Bordeaux, Grenoble)? Qu’on verra du spectacle à Poissompré ?  ?

Nous avons de l'ambition à Epinal, c'est pour ça que j'ai voulu rester. Les gens veulent tous entendre que nous voulons terminer dans le top 4. Je suis désolé mais je ne rentrerai pas dans ce jeu là, j'ai été dans le hockey toute ma vie, je ne le connais que trop bien. On verra bien à la fin de saison où nous en sommes. 

Tout ce je veux c'est construire une belle équipe, tournée vers l'attaque, qui pratique un beau jeu et qui développe de la fierté à être Gamyo. Voilà mon ambition. Et aller aussi loin que possible. 

Comme dans tous les sports, à la fin il n'y a qu'un seul vainqueur. Tout ce que vous pouvez faire, c'est travailler et faire les choses correctement pour progresser, en tant que coach faire venir des joueurs qui vont croire en toi, et ensuite les joueurs doivent prendre leurs responsabilités, répondre présent et donner leur maximum. Nous devons tous être sur la même longueur d'ondes et se dire à la fin de la saison qu'on a tout donné pour le Gamyo.

Dernière modification le mardi, 16 mai 2017 18:52
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