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Le Vosgien Nicolas Mathieu remporte le prix Goncourt !

Nicolas Mathieu décroche le prix littéraire le plus prestigieux en France.
 
Le Vosgien Nicolas Mathieu remporte le prix Goncourt ! © Facebook Nicolas Mathieu



Après plusieurs semaines de suspense et après avoir passé toutes les sélections, le Vosgien Nicolas Mathieu a reçu ce mercredi 7 novembre le prix Goncourt, pour son roman "Leurs enfants après eux", édité chez Actes Sud.

A Paris assailli par les micros et caméras, Nicolas Mathieu a livré sa première réaction : "C'est à la fois fantastique et déstabilisant. On revient aux fondamentaux, je pense à ma famille et à la ville où je suis née. J'ai voulu rendre un monde, le monde d'où je viens. Cela ma fait très plaisir que ce livre qui soit une tentative littéraire et politique soit couronné."

A Epinal, où est né Nicolas Mathieu, forcément de la fierté après cette annonce. Notamment du côté de la librairie Au Quai des Mots, qui a reçu l'auteur primé il y a encore quelques jours : "Nous on l'espérait très fortement, dans le monde littéraire, c'est rare que le prix Goncourt soit décerné deux années de suite au même éditeur, c'est pour cela que l'on craignait qu'il ne l'ait pas."

Sébastien Gérard, libraire au Quai des Mots à Epinal
Kilian Kueny


Il s'agit du deuxième roman de Nicolas Mathieu, âgé de 40 ans qui a grandi à Golbey et travaille désormais à Nancy, après "Aux animaux la guerre" adapté à la télévision sur France 3.

Dans son livre, Nicolas Mathieu évoque la Lorraine industrielle. Voici le synopsis :

"Août 1992. Une vallée perdue quelque part dans l’Est, des hauts-fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a quatorze ans, et avec son cousin, pour tuer l’ennui, il décide de voler un canoë et d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence.
Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d’une vallée, d’une époque, de l’adolescence, le récit politique d’une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments, de Smells Like Teen Spirit à la Coupe du monde 98, pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l’entre-deux, des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées. La France du Picon et de Johnny Hallyday, des fêtes foraines et d’Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage."

Ce que dit Nicolas Mathieu sur son livre :

« AU DÉPART, ON POURRAIT TENTER CETTE HYPOTHÈSE : un roman, ça s’écrit toujours à la croisée des blessures. Ici, j’en verrais trois, disons les miennes.
D’abord, l’adolescence. J’ai été cet enfant qui finit, qui rêve de sortir avec la plus belle fille du bahut, et veut sa part du gâteau. Et puis la plus belle fille ne veut rien savoir, le monde reste insaisissable, le temps passe et c’est encore le pire. Il y aura des étés, des flirts, les poils qui poussent, la voix qui mue. Ce sera le plus beau de la vie, et le plus cruel aussi. Dans une histoire, j’essaierai de mettre des mots là-dessus, la cicatrice à partir de quoi tout commence.
L’autre plaie, ce serait celle du social et des distances. Quand j’étais petit, on m’a raconté un mensonge, que le monde s’offrait à moi tel quel, équitable, transparent, quand on veut on peut. Mais un jour, peut-être grâce aux livres, le voile s’est déchiré et j’ai commencé à comprendre. Cette leçon des écarts, des legs et des signes distinctifs, cette vérité des places et des hiérarchies, ce sera mon carburant.
Enfin, il y a ce départ. Je suis né dans un monde que j’ai voulu fuir à tout prix. Le monde des fêtes foraines et du Picon, de Johnny Hallyday et des pavillons, le monde des gagne-petit, des hommes crevés au turbin et des amoureuses fanées à vingt-cinq ans. Ce monde, je n’en serai plus jamais vraiment, j’ai réussi mon coup. Et pourtant, je ne peux parler que de lui. Alors j’ai écrit ce roman, parce que je suis cet orphelin volontaire. »

Dernière modification le lundi, 12 novembre 2018 16:39
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