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Formule 1 : des casques (presque) made in Langres !

La saison 2019 de Formule 1 revient ce week-end avec le Grand-Prix d’Australie. Et sans même le savoir, vous allez admirer certaines choses, qui sont faites en Haute-Marne.

 
Un casque de Pierre Gasly de la saison précédente réalisé par BS Design © Magnum la Radio
Un casque de Pierre Gasly de la saison précédente réalisé par BS Design



C’est à Saint-Geosmes, tout à côté de Langres en Haute-Marne, qu’est implantée BS Design, une petite entreprise de deux salariés dirigée par Valentin Belgy. Le jeune entrepreneur réalise les peintures des casques de plusieurs pilotes français et d’un monégasque, Romain Grosjean, Pierre Gasly et Charles Leclerc.

« On fait des casques pour le sport, tout ce qui a deux roues, quatre roues, auto, karting, moto » présente d’emblée le dirigeant.

Il n’est pas question ici de fabrication, mais plutôt de design, « on ne créée pas le casque en lui-même, on venir faire le design pour le pilote, en fonction de ses goûts donc ce ne sont que des pièces originales » poursuit M. Belgy.

L’entreprise réalise environ 70 casques chaque année, les clients sont essentiellement issus du bouche-à-oreille. Mais la croissance de l’entreprise se retrouve quelque peu bridée, mais c’est à cause du manque de main d’œuvre disponible.

« Ce métier là, c’était pas forcément mon métier à la base » explique Valentin Belgy. « On est très peu de professionnels en France, on doit être six ou sept à vraiment avoir des structures qui sont spécialisées dans la peinture sur casque ».

Une main d’œuvre qui manque ? Car il n’existe pas de formation spécifique pour apprendre le métier, tout se fait sur le tas. De la passion pure, en somme.

« Il faut être tout de même assez vif, parce que pour répondre à la demande qui est assez pointue, puisque les design de casques évoluent. » dit M. Belgy. « On a le respect des marques aussi, qui est assez pointu et évidemment le délai » poursuit l’entrepreneur. « Ce n’est pas comme un tableau que l’on attend chez soi, et pour lequel on se dit ce n’est pas grave si je ne l’ai pas cette semaine, car aujourd’hui on a une réelle attente qu’il faut honorer, car la saison du pilote elle démarre là et pas plus tard ».

Valentin Belgy, le patron de BS Design
Kilian Kueny

Pour se donner une meilleure idée de la difficulté du travail, il faut savoir que tout est fait à la main chez BS Design. Une maquette est d’abord créée sur ordinateur, avec de travailler avec des petites bandes d’adhésif à placer sur les casques avec minutie, avant de partir en peinture et séchage.

Le poids aussi est pris en compte. En Formule 1 comme dans beaucoup de sports mécaniques, chaque gramme compte. « On utilise pas plus de 50 grammes de peinture sur chacun des casques » explique M. Belgy.

Valentin Belgy, le patron de BS Design
Kilian Kueny

Au final, chaque casque nécessite 20 à 25H de travail. Et un pilote de F1 en consomme une douzaine dans la saison. Des casques malmenés par les sorties de piste, les chocs et surtout les projections de gravillons. Parfois même certains sont complètement sablés lors d’une course, quand celle-ci se tient par exemple près d’un désert comme à Barheïn où le sable ponce la peinture, « les casques prennent très très cher dès les premiers Grand Prix » explique-t-il. Si les casques marquent vite, les équipes ont leurs petites astuces maquillage pour éviter que cela ne se voit trop à la télé, confie l’entrepreneur.

Pour penser le design d’un casque, une certaine complicité est d’abord nécessaire avec le pilote selon le dirigeant. « Ca reste assez personnel comme discussion et c’est très sympa de connaître le pilote dans un autre cadre que ce que l’on peut voir à la télé » dit le patron.

Une première discussion donc, avant de se pencher sur les souhaits du sportif concernant le design, et plus crucial encore, le respect des marques. « Il peut parfois y avoir beaucoup de marques sur les casques, dont six, sept, huit partenaires qui ont des places très stratégiques et avec lesquels il faut composer et des couleurs à respecter » admet Valentin Belgy qui estime que plus l’on monte vers le haut niveau, plus le travail est compliqué.  

10 à 15 versions du casque seront proposées par l’entreprise au cours du processus créatif, avant d’entrer en production.

Mais au final, c’est un petit sentiment de fierté qui domine. « C’est vraiment une fierté, le dimanche de pouvoir s’asseoir enfin dans son canapé et de regarder un Grand-Prix et puis de se dire que finalement, ce qu’on a fait, ce sur quoi on a passé un peu de temps dessus, ça ne rend pas si mal à l’écran. » glisse tout sourire le dirigeant. Qui confie tout de même penser déjà à quelques idées pour la saison suivante, pour le prochain casque.

Dernière modification le jeudi, 21 mars 2019 08:02
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