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Journée Mondiale de l'Eau : ils manifestent à Vittel !

Une cinquantaine de personnes s'est retrouvée ce matin devant l'usine Nestlé Waters à Vittel, pour la Journée Mondiale de l'Eau.
 
Manifestation à Vittel ce vendredi 22 mars © Magnum la Radio
Manifestation à Vittel ce vendredi 22 mars


La concertation publique est terminée, mais pour eux le sujet est loin d'être clos. Le Collectif Eau 88 s'est rassemblé ce matin à Vittel devant un lieu hautement symbolique dans leur lutte, l'usine d'embouteillage de Nestlé Waters France. La manifestation a rassemblé une cinquantaine de personnes et s'est déroulée dans le calme. Les manifestants ont parfois un peu ralenti la circulation sur cet axe très passant, en traversant la route à leur rythme, prenant le temps d'exposer aux automobilistes leurs panneaux. 

Sur fond de Journée Mondiale de l'Eau, ils ont voulu attirer l'attention sur la surexploitation de la nappe phréatique des Grès du Trias Inférieur. Nappe qui dessert à la fois les habitations vittelloises, mais dans laquelle ponctionnent également des industriels, dont Nestlé, qui commercialise notamment l'eau de Vittel. 

Cette nappe met beaucoup de temps à se recharger, et le déficit avoisine le million de mètre cube chaque année. Pour en réduire l'impact, il est prévu d'ici quelques années qu'un aqueduc achemine de l'eau vers Vittel depuis une autre nappe phréatique, pour ne pas pénaliser ni les ménages, ni les industriels. Une aberration pour les manifestants. 

Christiane Lecoanet, responsable de l'antenne locale de l'UFC Que Choisir (membre du Collectif Eau 88) et membre de la Commission Locale de l'Eau : "Il est important que l'on témoigne, l'eau c'est un bien commun" explique la responable. "Avec le réchauffement climatique, c'est une période très grave où les ressources s'épuisent, toutes les ressources" poursuit la manifestante. Elle le prédit, l'eau va se faire rare et va valoir de l'or à l'avenir. "Cela va être une richesse, et actuellement là, on donne la possibilité à Nestlé de puiser dans une nappe qui est fossile et qui est la richesse du territoire" selon elle. 

"Ce n'est pas admissible qu'un privé soit prioritaire dans le pompage de l'eau" poursuit Mme Lecoanet. Le Collectif n'a pas pu peser dans le débat public autant qu'il l'aurait souhaité "Dans le collectif, nous sommes quatre associations, et nous nous opposons au niveau de la CLE à 45 personnes, donc on a pas de poids" explique-t-elle. 

Un combat qui s'internationalise pour tenter d'alerter l'opinion publique dans d'autres pays, quant aux conditions dans lesquelles est prélevée l'eau que les clients retrouvent dans leurs magasins. Pour le Collectif, la sortie de crise est simple, il suffit d'appliquer la loi sur l'eau de 2006. "La loi sur l'eau elle dit : priorité aux habitants, c'est tout simple" détaille Mme Lecoanet.

"Priorité, ça veut dire en premier, donc en premier servir les habitants et ensuite servir les industriels pour tourner, comme l'Ermitage par exemple pour fabriquer ses fromages" poursuit-elle. "Et si il en reste, eh ben éventuellement on peut l'embouteiller, même si l'embouteillage devient une ineptie" selon la responsable. "Déjà, l'eau en bouteille, elle est 800 fois plus cher que le verre d'eau que vous prenez au robinet, et puis, cette eau en bouteille vous allez la metre dans quoi, du plastique ? Qui pollue ?" demande Mme Lecoanet. 

Christiane Lecoanet, membre du Collectif Eau 88
Kilian Kueny

Pour elle, la question de l'emploi ne se pose plus trop. "On nous dit au nom de l'emploi, mais quel emploi? L'emploi est passé de 4500 personnes dans les années 90 à 900 personnes aujourd'hui, donc de toute façon quand il n'y aura plus d'eau, il n'y aura plus d'emploi" conclut Christiane Lecoanet.

 

Dernière modification le vendredi, 22 mars 2019 15:31
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