Et si on redécouvrait l'Histoire à Alésia ce week-end ?

Depuis le début de l'été, le MuséoParc Alésia, en Côte d'Or, a lancé une nouvelle scénographie. À vous de (re)découvrir l'Histoire.
KK / MLR - Les fortifications romaines reconstituées.

Les passionnés d'histoire antique le savent bien, notre région ne manque pas de vestiges remarquables. Les bains romains de Plombières-les-Bains, le camp celtique de La Bure, les Sources d'Hercule à Baccarat, la cité antique de Grand, la cité de Langres, les Grotte de Sabinus et j'en passe. 

Mais pour que ces sites soient parvenus jusqu'à nous, tout s'est joué dans une grande bataille, on l'a tous apprise à l'école... Le siège d'Alésia, où les troupes de Jules César ont défait les gaulois unis autour de Vercingétorix en -52 avant notre ère. Fin de la Guerre des Gaules, la romanisation s'amorce peu à peu.

Une bataille dantesque qui s'est déroulée en un lieu pas si éloigné de chez nous ! Juste à côté, en Côte d'Or, à Alise-Sainte-Reine (à 2H30 d'Epinal et de Nancy, 1H30 de Chaumont ou Langres).  

Depuis Napoléon III, on fouille sur l'oppidum occupé à l'époque par les Mandubiens, et autour, pour redécouvrir le passé.

La fermeture du MuséoParc lors des derniers confinements a permis d'engager comme souvent, de gros travaux de rénovation. Un nouveau parcours permanent a ainsi été inauguré au tout début du mois de juillet. "Tout est nouveau et tout est à redécouvrir" nous dit Michel Rouger, le directeur du MuséoParc.

"On se rapproche un peu plus du récit de la Guerre des Gaules puisqu'on en parle plus aujourd'hui dans le nouveau parcours, avec une animation, une cartographie qui retrace ce qui s'est passé année par année. On a même un livre numérique, sur lequel on peut tourner les pages, on peut lire du latin, entendre du latin, avoir la traduction, donc il y a vraiment ce retour au texte de César" ajoute le directeur.

Pour autant, pas question de laisser le vainqueur s'exclamer librement qu'il est venu, qu'il a vu et qu'il a vaincu. À chaque fois, les propos sont nuancés, critiqués, remis dans leur contexte historique, d'autant que c'est l'un des très rares auteurs à nous raconter ce qu'il s'est passé, et qu'il faut donc prendre ce qu'il nous a transmis avec des pincettes. 

(Des légionnaires à l'entraînement dans un camp sur les fortifications, illustration)


"Le deuxième acte, c'est l'archéologie" ajoute M. Rouger. Un volet qui permet d'expliquer ce qu'il s'est vraiment déroulé à Alésia de manière beaucoup plus forte. "On est plus sur un domaine qui relève de la recherche historique et scientifique que du roman national. Le roman national on en parle sur le dernier espace, sur le mythe du gaulois depuis le XIXème siècle où l'on nuance et où l'on dit à un moment : ben non ils n'avaient pas forcément des moustaches et des cheveux longs, ils ne mangeaient pas du sanglier toute la journée enfin voilà ! On s'amuse aussi un peu avec ces clichés, mais je pense que ça permet aux gens de repartir avec les bonnes idées et de passer le message!". 

(Des troupes gauloises prêtes à se battre, illustration)


Certes, il y a le site même du MuséoParc, recensant le nouveau parcours et les collections, avec aussi l'accès aux fortifications romaines reconstituées (circonvallation et contrevallation, souvenez-vous). Mais Alésia, c'est aussi et surtout son oppidum sur lequel se trouvait la cité gauloise, puis gallo-romaine, puisque César n'avait pas fait raser la cité après sa victoire.

Il n'est situé qu'à quelques centaines de mètres du MuséoParc, on peut y aller en famille, en marchant tranquillement, et visiter les ruines de la ville, de ses ruelles, de ses marchés, de son théâtre ou de sa basilique. "C'est vraiment notre parti pris, c'est de passer un bon moment en famille ou entre amis, tout en apprenant des choses".

"Les vestiges, on est vraiment au coeur de l'archéologie et surtout on a agrémenté ça avec des tablettes où vous pouvez voir les élévations des bâtiments en 3D et du coup vous remontez réellement le temps et vous vous baladez au coeur de l'Alésia gallo-romaine" d'une ville qui a compté jusqu'à 5 000 habitants.

Et sur ce site, les fouilles, qui ont débuté sous Napoléon III, qui était passionné d'histoire, se poursuivent toujours, tous les ans, menées par l'Université de Bourgogne.

Les découvertes, essentiellement sur la vie quotidienne, sont intégrées peu à peu au sein des collections du MuséoParc, ce qui permet de toujours apporter des nouveautés pour les visiteurs.

(Des pointes de lances et une hache exposées au MuséoParc, illustration)


Les visiteurs ne sont jamais oubliés, afin de s'assurer qu'ils suivent une expérience historique inoubliable. Tous les jours, dans les fortifications, un petit spectacle est organisé "Rencontre avec un légionnaire" où un soldat vient vous raconter sa vie quotidienne, ou encore des ateliers pour enfants, afin de fabriquer des petits objets en métaux, des fibules, ou le travail de la teinture par exemple.

(Une ancienne rue de la cité gallo-romaine sur l'oppidum)


Et puis, il y a aussi de grandes animations sont proposées sur des week-ends entiers, pour faire revivre l'Histoire. En juillet, le grand week-end sur la Guerre des Gaules a rassemblé plusieurs milliers de visiteurs. 

Ce week-end des 14 et 15 août, c'est sur l'oppidum qu'il faudra se rendre. La période évoquée portera sur la Pax Romana, la Paix Romaine. Avec un accent mis sur la vie quotidienne des habitants de la cité à l'époque, des sports antiques, et évidemment des gladiateurs. 

(Mise à jour 14/08 : en raison d'un cas de covid au sein de la troupe de gladiateurs, cette animation est annulée)

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