Neuves-Maisons : un voyage au coeur de la terre, dans la Mine du Val de Fer

De ces bâtiments accrochés aux collines, une mémoire presque oubliée, que des bénévoles font vivre à la belle saison et pendant les vacances. 
KK / MLR - Prêts à vous enfoncer dans de longues galeries sous terre ?

De la Tour Eiffel, vous savez probablement qu'elle a été construite à Paris pour l'Exposition Universelle de 1889. Vous savez probablement également qu'elle a été forgée dans les aciéries de Pompey, près de Nancy, grâce aux ouvriers qui ont tenu à le rappeler, lors de leur combat pour éviter la fermeture du site au milieu des années 80. 

Ce que l'on sait moins, c'est que le fer qui a permis de forger le fer puddlé qui a permis de construire la Tour (mais aussi le Viaduc de Garabit ou la structure de la Statue de la Liberté), venait de tout à côté. Dans les environs de Nancy, on a compté jusqu'à 25 mines, dont celle de Neuves-Maisons. Le sous-sol est grignoté le long de plus de 400 kilomètres de galeries et le bassin de Nancy a ainsi fourni les trois quarts du fer français pendant des décennies. 

Si l'extraction du fer s'est arrêtée à la fin des années 60, la mémoire technique et ouvrière continue de survivre grâce à des bénévoles, qui organisent des visites de la Mine du Val de Fer de mars à novembre. 

(Une berline dans une galerie, la roche contenait environ 30% de fer)


Un patrimoine industriel pourtant toujours bien vivant, car l'usine sidérurgique située un peu plus bas, au bord de la Moselle canalisée, et qui avait été construite en même temps que la mine, est toujours en activité, l'une des aciéries les plus vieilles au monde!

"C'est la grande histoire du bassin de Nancy, c'est la grande histoire de la Lorraine tout court" nous dit Vincent Ferry, le directeur de l'agence du patrimoine, qui s'occupe du carreau de la mine et de la mine du Val de Fer à Neuves-Maisons. 

(Vue sur le Saintois, au loin, depuis le carreau de la mine, l'accumulateur de minerai au premier plan)


"Ces mines de fer et de charbon, ce qui a amené de la richesse, richesse financière bien sûr mais aussi la richesse technique et la richesse humaine de tous ces gens qui sont venus de partout en France et d'Europe pour travailler et qui ont développé ce côté assez fantastique de cette Lorraine industrielle qui a rayonné à travers le monde entier". 

"C'est quelque chose que l'on ne connaît plus, peut-être qu'on l'avait enterré parce que dans les grandes fermetures des usines ou des mines dans les années 60, 70, 80, à un moment donné on a dit : "allez on passe à autre chose!" et il fallait tourner la page. Aujourd'hui, on revient sur ce passé, d'un point de vue du tourisme industriel, parce que l'on se rend compte que ça intéresse beaucoup de monde localement, mais aussi des gens qui viennent de toute la France pour découvrir ce patrimoine là, tout le monde comprend que c'est le patrimoine commun et c'est aussi l'histoire ouvrière". poursuit M. Ferry.

(Les mineurs devaient attendre 5 minutes après les explosions, afin de s'assurer qu'il n'y a plus de danger)


Autour de cette Mine du Val de Fer, tout a été étudié, tout a été conçu pour extraire le minerai avec le moins d'efforts possible. Les efforts humains, mais aussi ceux des chevaux, qui tractaient les berlines jusqu'à l'accumulateur Zublin ou pour descendre le fer vers l'usine sidérurgique plus bas.

"Une mine qui a été faite pour l'usine de Neuves-Maisons, avec un chemin de fer, la voie existe toujours, qui descendait de la mine jusqu'à l'usine. La mine servait à extraire le minerai mais aussi à le stocker et à l'accumuler. On a un grand accumulateur qui est en rénovation et que l'on espère ouvrir aux visite à l'automne, et qui montre un peu comment la première transformation se faisait sur le carreau de la mine. Et puis ensuite, l'usine de Neuves-Maisons, qu'on ne visite pas parce qu'elle est toujours en activité, ce qui en fait une des plus aciéries en activité du monde, située au XIXème siècle, au croisement du chemin de fer et de la Moselle canalisée". Un emplacement qui fait encore de nos jours, la richesse du site.

"Et puis, il y a peut-être des leçons aussi pour l'avenir puisque ici, tout le projet avait été calculé pour que le minerai puisse être transformé avec un minimum d'énergie ! À l'heure où on veut baisser notre consommation, c'est bien de regarder au XIXème siècle ce qu'on faisait !" explique Vincent Ferry.  



(L'accumulateur à minerai Zublin, en cours de rénovation)


Le lieu est également accessible en très grande partie aux personnes à mobilité réduite. Une large part des galeries a vu son sol être bétonné au fil des années, lors des différents usages du site. Des visites guidées sont proposées tous les jours durant les vacances et les grandes vacances de 13H30 à 16H30 (heure de la dernière entrée dans les galeries). Puis les dimanches et jours fériés le reste de la saison, qui s'étale de mars à novembre, la réservation n'est pas obligatoire.

Pensez tout de même à prévoir des vêtements chauds et de bonnes chaussures car il fait frais, 10 degrés, mais la température est toujours la même. 

Plus d'informations sur le site internet de la mine.

Publié:
Mis à jour:
Magnum la radio © 2021, tous droits réservés.
On Air
×
A l'antenne: