Coronavirus : l'ARS rappelle au CHRU de Nancy les économies à faire et soulève un tollé

Alors que ses équipes sont engagées sur le front de l'épidémie depuis plusieurs semaines, une petite phrase du directeur général de l'ARS a soulevé un tollé à Nancy.
Google Streets View Le CHRU de Nancy, capture d'éécran

C'est par un courrier envoyé au ministre de la Santé, Olivier Véran ainsi qu'au premier ministre Edouard Philippe, que Laurent Hénart, maire de Nancy et président du conseil de surveillance du CHRU, ainsi que le professeur Christian Rabaud, président de la commission médicale d'établissement, ont tenu à réagir aux propos parus dans L'Est Républicain, signés de Christophe Lannelongue, le directeur général de l'Agence Régionale de Santé du Grand-Est.



Dans le viseur de l'ARS, le plan d'économies exigé depuis plusieurs années, en l'échange de l'arrivée d'argent frais pour le CHRU. L'établissement, plombé par plus de 400 millions d'euros de dettes a déjà supprimé plusieurs centaines de postes pour résorber son déficit et des discussions sont en cours sur la manière de le résorber.

Un comité interministériel consacré au CHRU de NAncy devait d'ailleurs se tenir début juin, consacré à la "rationalisation des installations" dit M. Lannelongue dans L'Est Républicain ce 4 avril, un site unique donc, fort développement de l'ambulatoire et suppression de près de 600 postes sur cinq ans, en même temps que la fermeture de 175 lits.

Des propos qui ont soulevé un tollé quasi-immédiat, alors que les soignants, s'étaient mis en grève l'an dernier contre le manque de moyens humains et matériels, sont monté au front pour gérer l'afflux ahurissant du nombre de patients dans l'épidémie de coronavirus.

"Evoquer de tels chiffresà l'heure où les équipes vont au bout de leur investissement personnel est à la fois déconcertant et indécent" écrivent Laurent Hénart et Christian Rabaud dans leurs courriers, ajoutant que "cela témoigne d'une absence de compréhension des réalités de terrain et d'empathie par rapport aux soignants, ce qui ne manquera pas de les blesser en plein combat". 

"Cette crise planétaire que nous affrontons nous imposera collectivement une révision complète de la politique de santé conduite dans ce pays depuis le début du siècle" assurent les co-signataires. 

Le sénateur de Meurthe-et-Moselle, Olivier Jacquin, lui aussi s'est fendu d'un courrier adressé à Olivier Véran, 

"J’espère que les propos de Monsieur LANNELONGUE, directeur de l’ARS Grand Est, dans la presse ce matin, ne démoraliseront pas les équipes techniques et médicales de ce bel établissement, qui avait peut-être pris pour argent comptant les propos du président de la République qui affirmait le 12 mars le rôle de premier plan du système de santé « non comme des coûts et des charges, mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe.»" écrit le sénateur qui dénonce des déclarations en totale contradictions avec les promesses présidentielles faites il y a quelques jours, notamment celle d'un plan d'investissement massif pour l'hôpital public. 

"Il convient effectivement, pour préparer « le jour d’après » de reconsidérer le soin, notamment public, depuis les politiques de prévention, par un système assurantiel solidaire de la sécurité sociale universelle. De même qu’il convient de revaloriser les plus petits salaires des « derniers de cordée… » dont la valeur apparaît au grand jour. Manifestement, Monsieur LANNELONGUE ne témoigne pas de la capacité à anticiper « l’après-COVID ». De surcroît il manque fort d’à-propos en évoquant des suppressions de postes alors que les équipes sont à ce point éprouvées. C’est irresponsable et indécent" dénonce le parlementaire qui appelle le ministre de la Santé à clarifier ce "plan d'investissement" et de ce qu'il contiendra pour le CHRU de Nancy.

 

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