Coronavirus : la rééducation pour se reconstruire après la maladie

Infirmiers, kinés, orthophonistes, psychologues, ergothérapeutes, tous sont sur le pont pour aider les patients qui sortent de réanimation.
Magnum la Radio - Yann réalisant un exercice de rééducation post-covid

Être gravement atteint de la covid est un combat. Il y a le passage en réanimation pour ces centaines de personne dans notre région. 

Plusieurs semaines passées, alitées, intubées, sous surveillance constante dans les salles de soins critiques.

Et il y a l'après. Pour ces patients qui en sortent commence un autre combat, celui de réapprendre à vivre, tout simplement.

Le moindre geste est pénible, lever une jambe, tendre un bras, marcher, parler, ou même déglutir. 

À Epinal, le premier patient sorti de réanimation, au cours de la deuxième vague de la covid, est entré en rééducation.



Il s'agit de Yann, un bûcheron vosgien de 46 ans qui a passé trois semaines dans le coma, en réanimation.

"Les symptômes, c'était les symptômes normaux" explique le quadragénaire, assis dans un fauteuil roulant. "Plus de goût, de la fièvre. Le lundi, je suis rentré du boulot, le soir ça n'allait pas du tout et je me suis réveillé trois semaines après" confie-t-il.

"Je ne me souviens que de ça, quand ils sont venus me chercher, je suis monté dans l'ambulance et puis après, j'ai réalisé que ça faisait trois semaines que j'étais dans le coma". 

"Tu essaies de marcher, d'avoir l'équilibre, et puis tout ce qui va avec... T'es à plat complet, tu es essouflé". 

Son quotidien depuis une semaine, c'est donc du travail, beaucoup de travail. Il y a quelques jours, il ne pouvait marcher que quelques mètres, aujourd'hui, il peut en faire 40, chaque exercice réussi est donc une victoire. 

"Faut tout réapprendre, c'est pas facile. Marcher, remonter les rampes, un peu tout quoi".

Son regard a changé sur la maladie, "quand on l'a pas on fait les malins mais quand on l'a, on rigole moins".






Pour Caroline Bolot-Jacquot, kinésithérapeute au Centre Hospitalier Emile-Durkheim, sur le site de Golbey, c'est maintenant que la deuxième vague arrive, avec ces patients qui sortent de réanimation. 

"On fait des exercices de renforcement des bras et des jambes, parce qu'ils ont perdu beaucoup de masse musculaire quand ils ont été alités en réanimation" explique-t-elle. "Tout ce qui est travail de transfert, de se mettre debout ou de marcher. Là par exemple, c'est un monsieur qui est très jeune, qui a une quarantaine d'années et qui marche avec un déambulateur donc ce n'est pas du tout adapté à son âge. Ce sont des patients qui sont très essoufflés  et donc on travaille  aussi l'endurance". 

Mais avant de retrouver leur forme d'avant, il va s'en écouler, du temps. C'est un délai, qui varie selon chaque patient, mais qui le plus généralement se compte en mois " leur autonomie ils vont la retrouver assez rapidement mais ils vont être très essoufflés, fatigués" explique Mme Bolot-Jacquot.

Pour ce qui est de la prise en charge de ces patients, la deuxième vague ne devrait pas destabiliser le personnel en soins de suite, la deuxième vague a été moins sévère que la première dans le département des Vosges, les patients ont également été mieux pris en charge ce qui permet d'atténuer les séquelles éventuelles d'un passage en réanimation comparé à la première vague.

Mais plusieurs mois après l'apparition de la maladie, on reste surpris des dégâts que cause la maladie et de l'intensité avec laquelle elle frappe un corps, et de la durée parfois nécessaire pour s'en relever. "On parle souvent des patients qui rentrent chez eux mais je pense que l'on ne se rend pas assez compte des difficultés qu'ils ont encore après sur de longs mois, pour pouvoir marcher sans être essoufflés, refaire des activités normales. Ca effectivement, on ne s'en rend pas compte" explique Caroline Bolot-Jacquot.



Pour Yann toutefois, le moral reste bon, il a d'ailleurs expliqué ne pas avoir besoin d'un soutien psychologiques. Ses proches sont restés près de lui pendant l'épreuve. Mais maintenant, le forestier a hâte de rentrer chez lui "ça fait quand même déjà un mois que je suis à l'hôpital, ça commence à être long" confie le patient, qui n'appréhende pas du tout son retour chez lui, dans quelques semaines.

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