Covid-19 : Salvéco, le vosgien qui veut détrôner le gel hydroalcoolique

Parlons d'une entreprise vosgienne qui est la seule sur son créneau.
Google Streets View Les laboratoires industriels de Salvéco à Saint-Dié-des-Vosges, capture d'écran

Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, notre région n'a pas échappé à une pénurie – pendant un temps – de gel hydroalcoolique. 

Une ruée dans les pharmacies, les magasins qui en vendaient, la demande et les besoins étaient tels que de nombreuses entreprises se sont mises à en fabriquer, des brasseurs, des pharmaciens etc. 

Si la substance s'avère efficace, quand elle est correctement dosée, elle a toutefois un point faible, estime le docteur Stéphan Auberger, fondateur et dirigeant de Salvéco. "Le gel hydroalcoolique a été utilisé déjà dans la crise du virus H1N1 en 2009, et on a vu qu'il y avait des problèmes tant d'efficacité des GHA (gels hydroalcooliques ndlr), que des effets délétères sur la peau". 

"C'est pour ça que nous, nous avons travaillé sur une alternative qui était 100% d'origine végétale. Au lieu d'être un solvant, c'est une mousse et qui présente l'avantage de ne pas supprimer la barrière hydrolipidique de la peau, qui fait office de barrière protectrice contre les infections" poursuit le dirigeant de l'entreprise, spécialisée dans le développement de détergents et la desinfection.

Un produit efficace et sain, assure le Dr Auberger, qui pointe d'être la seule entreprise à proposer une alternative qui bénéficie d'une autorisation de mise sur le marché en France et en Europe, un peu comme les médicaments, que n'ont pas les GHA. "C'est un produit qui est parfaitement reconnu par les autorités pour son efficacité et son innocuité" dit M. Auberger. 

Pour ce qui est de la fabrication, tout est d'origine végétal, assure Salvéco. "Le produit actif biocide, c'est tout simplement de l'acide lactique" détaille Stéphan Auberger. "L'acide lactique vous le connaissez, parce qu'il se produit lors de la fermentation des fromages, qui permet de limiter la fermentation et de pouvoir avoir des fromages qui soient mangeables et digestes" poursuit le dirigeant. "Mais l'acide lactique est également utilisé dans des technologies comme des stents pour le coeur".

Cet acide lactique, d'où provient-il ? "Il est tout simplement issu de la fermentation du sucre, du glucose, qu'on peut trouver dans les betteraves, dans les maïs, etc. Et il est un produit qui est fabriqué par une culture française et ensuite transformé en France, et c'est comme ça que nous nous l'utilisons dans nos formulations" explique le fondateur de Salvéco.


Pour se vendre correctement, encore faut-il être compétitif. 

"L'OMS a recommandé pour avoir une activité sur les virus, une quantité d'éthanol de 80% avec un peu de péroxyde d'hydrogène" explique Stéphan Auberger. "Or, tous les produits mis sur le marchés n'ont pas ces taux-là !" affirme le dirigeant, jugeant que certains GHA, vendus avec des taux de 60 à 70% mettent en cause l'efficacité même de ces produits. 

"Mais en plus, fabriquer "chez soi" des GHA ce n'est pas très simple puisque, déjà les produits alcooliques sont soumis à des règlementations assez strictes au niveau du transport. Ensuite, normalement, pour fabriquer des GHA il faut être dans des zones spéciales puisque c'est inflammable" détaille Stéphan Auberger. 

60, 70 ou 80% d'éthanol dans le produit représente un fort important dans la fabrication des GHA. Salvéco de son côté, estime être largement compétitif face à eux, avec un acide lactique dosé à moins de 2%, un produit final qui n'est ni inflammable ni corrosif et qui peut être fabriqué rapidement et sans risques. "Et en plus nous avons un coût à la formulation qui est beaucoup plus compétitif que les GHA" dit le dirigeant. 

L'entreprise vosgienne espère obtenir le même traitement fiscal que les fabricants de gels hydroalcooliques. À savoir, un taux de TVA qui se monte à 5,5%, ce qui n'est pas le cas pour le moment. "C'est en train de se discuter entre parlementaires" confie le patron du laboratoire industriel. 

Pour autant, Salvéco ne vise pas des ventes massives dans la grande distribution, "pas son coeur de business" selon Stéphan Auberger, qui préfère travailler plus localement, via un site vosgien d'e-commerce ou en se limitant au rayon "produit du terroir" d'un hypermarché déodatien pour sa gamme "Osanis". "Nous essayons plus d'avancer par des circuits très courts plutôt que par de la grande distribution, même si c'est évidemment un marché intéressant" conclut le fondateur de Salvéco.

 

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