Des gendarmes vosgiens, parrains de la 500ème promotion à l'Ecole de Gendarmerie de Chaumont

Cinq gendarmes vosgiens, de la Brigade de Provenchères-sur-Fave ont été choisis comme parrains par les élèves de l'Ecole de Gendarmerie de Chaumont.
Souvenir Français Les cinq parrains de la 500ème promotion, plaquette du Souvenir Français
Depuis le début du mois d'octobre dernier, l'Ecole de Gendarmerie de Chaumont, la plus ancienne de France, accueille de nouveaux élèves. La 500ème promotion, qui a bien progressé dans son instruction, a voté pour choisir ses parrains.

Et ce sont des gendarmes vosgiens qui sont mis à l'honneur :  

Albert Balay, Louis Toussaint, Firmin Tourteau, Joseph Eyer et Aloise Eckert. 

Ces cinq gendarmes de la brigade de Provenchères-sur-Fave sont tous morts en déportation au cours de la Seconde Guerre mondiale, pour des faits de résistance.

Un sixième gendarme, prévenu par des habitants de la descente de la Gestapo à la brigade avait pu y échapper.

L'un des fils du gendarme Albert Balay a grandement aidé l'Ecole de Gendarmerie de Chaumont, en puisant dans sa mémoire, racontant notamment l'arrivée de la Gestapo, lors de cette nuit d'octobre 1944. 

"Il a vu donc les allemands débarquer à la brigade, ils ont arrêté tout le monde" explique le capitaine Xavier Michel, l'officier commandant la 5ème Compagnie d'Instruction à l'Ecole de Gendarmerie de Chaumont. "Ils ont même torturé le chef Tourteau pour le faire parler" poursuit le capitaine Michel. "Les femmes et les enfants n'ont pas été arrêtées grâce à un officier allemand qui aurait discuté avec la femme d'un des gendarmes et qui lui aurait dit qu'en Allemagne il avait un fils qui ressemblait à son fils et peut-être grâce à ça, les femmes et les enfants n'ont pas été déportées également" dit le capitaine. 

Les cinq gendarmes de Provenchères-sur-Fave ont été envoyés à quelques kilomètres de là, internés au camp de sécurité de Schirmeck "c'était un camp de transit pour les prisonniers politiques et les résistants et dans la foulée on les a envoyés vers les grands camps de Mathausen, Auschwitz, Buchenwald" dit le capitaine Michel. 

"Le choix des parrains, c'est un vote, ce sont les élèves qui décident" détaille l'officier. "La promotion a voté et a choisi haut la main ces parrains d'exception" poursuit-il. "Ils faisaient partie de la filière Sengler qui partait d'Alsace (Val de Villé ndlr) et qui faisait passer des Malgré-Nous, des juifs, des gens qui refusaient l'occupation allemande, mais bon ces gendarmes là ils se chargeaient aussi de récupérer des parachutages (pour la Résistance) et se chargeaient de remettre des faux papiers aux gens qui passaient, donc ils prenaient énormément de risques".

"On suppose mais bon, il y a beaucoup d'éléments convergents,qui permettraient de dire que cette demoiselle qui était la fille d'un instituteur d'Alsace, dont le frère aurait fait partie de la Hitlerjugend (La jeunesse hitlérienne, un groupe d'endoctrinement des enfants à l'idéologie nazie ndlr) avait elle, décidé de se ranger du côté allemand, mais c'était vraiment une minorité et elle a remonté toute la filière. Elle a donc dénoncé cette filière aux allemands et au cours de la nuit du 10 au 11 octobre 1944, la Gestapo est arrivée à Provenchères et a arrêté tout le monde" raconte le capitaine Michel. 



La mémoire de ces cinq gendarmes vosgiens sera saluée au cours de plusieurs cérémonies qui sont prévues dans les mois à venir, qui se tiendront à Provenchères-sur-Fave, au sommet du Col d'Urbeis, devant la stèle en mémoire des passeurs, ou encore à Saint-Etienne-les-Remiremont. Nous y reviendrons.
Publié:
Mis à jour:
Magnum la radio © 2020, tous droits réservés.
On Air
×
A l'antenne: