Epinal : l'eSport aura son école à la rentrée !

Helios Gaming School ouvrira ses portes à la rentrée prochaine à Epinal. Pour former des joueurs de haut niveau, mais pas que, loin s'en faut !
Magnum la Radio Des coachs de haute volée, ici Alexandre "AnthraX" Ausesky, champion du monde 2016 sur Rainbow Six Siege
L'eSport aura son école à la rentrée prochaine à Epinal. L'annonce, dans les tuyaux depuis le mois de mars dernier, au salon parisien Studyrama, s'est confirmée ce mercredi au Quai Alpha. 

Helios Gaming School, ouvrira sa deuxième école des sports électroniques en Lorraine, à Epinal, après celle de Freyming-Merlebach en Moselle. Et rien de plus emblématique que la Cité des Images pour se lancer dans ce secteur, qui explose en France ces dernières années. 26 élèves suivront les cours dès la rentrée prochaine dans cette école pas comme les autres.

"Le grand intérêt pour nous, c'est déjà qu'Epinal est une ville très dynamique, notamment via ses évènements liés aux cultures populaires comme les Imaginales, Senyu ou encore les Cybériades et très attractive aussi grâce au Quai Alpha, et l'image que j'avais d'Epinal, sans mauvais jeu de mots, c'était une ville tournée vers la modernité et la jeunesse" explique Thomas Willaume, le fondateur de CoGaming, qui détient Helios Gaming School. 

L'industrie du jeu vidéo en France ne s'est jamais aussi bien portée, près de cinq milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2018, près de trois fois plus que le cinéma ! Plus de cinq millions de personnes jouent à des jeux en France, ce qui entraîne derrière, une montée du streaming et surtout des événements eSports (Gamers Assembly, Paris Games Week, etc). Un véritable show puisque ce sont des événements qui concentrent des tournois très regardés par les joueurs sur internet, et les entreprises y voient là un nouveau marché publicitaire, pour toucher les jeunes générations qui sont moins portées sur la télévision par exemple. 

"Il faut bien comprendre l'eSport comme étant une culture" explique M. Willaume. "La culture gaming, qui a été portée par ceux que j'appelle les précurseurs, la génération Y née des 78, 93 qui était amateur de jeux vidéos, amateur de tournois, qui ont grandi et certains en ont fait leur métier, et aujourd'hui, cette génération accède à des postes à responsabilité dans les différentes entreprises et développe différentes manières de faire" autour de ce phénomène, dit le dirigeant.

La scène sportive qui du coup, est en train de se professionnaliser, tout comme le sport traditionnel. Même si les chiffres d'affaires entre les deux n'ont rien de comparable. Le sport "traditionnel" général plusieurs centaines de milliards d'euros de revenus chaque année, quand l'eSport ne dépasse pas encore le milliard au global. Mais la croissance à deux chiffres affichée par le sport électronique est insolente, et pourrait même passer à trois chiffres à court terme.

Pour assurer les shows, les compétitions, il va donc falloir former des joueurs, tout l'intérêt de cette école, mais pas que. L'idée est avant tout d'apprendre des compétences pour travailler dans le milieu eSportif, qui a besoin de certains métiers assez traditionnels, et puis il faut bien aussi qu'un jeune joueur puisse avoir une porte de sortie si la carrière ne prend pas la bonne direction. Il y aura donc de nombreux métiers dispensés, de la gestion et animation des réseaux sociaux au marketing, en passant par les métiers "de scène" comme technicien en production audiovisuelle, ou organisateur évenementiel, par exemple.  

La formation va durer dix mois, comprenant plus d'un millier d'heures de cours et d'entraînements, ainsi qu'un stage à effectuer, un mémoire à préparer et à soutenir en plus des déplacements en compétition tout au long de l'année. "L'enjeu il est de faire un diplôme, on travaille à la certification, c'est très important, mais pour créer un nouveau diplôme il faut déjà avoir un historique de promotions" explique le dirigeant. Le diplôme obtenu donnera droit à un équivalent Bac +2. Le coût de la formation peut faire tiquer, près de 8000 euros, mais le montant prend en charge les heures de cours, d'entraînements et les frais de déplacement sur les compétitions.

"A l'avenir ça va se développer et c'est pour ça que pour nous, il faut vraiment le prendre comme une passerelle pour se donner les moyens du haut niveau mais surtout connecter aux besoins de de l'industrie, il y a énormément de métiers, énormément de besoins liés à l'eSport et en plus les compétences sont transposables" poursuit M. Willaume. 

Quel est le public visé, du coup ? Du jeune, du joueur, mais avec déjà un certain niveau. Si vous débutez, ce ne sera pas vraiment indiqué pour vous, l'idée est de faire progresser le niveau pour pouvoir être compétitif sur la scène eSportive. "Si vous avez déjà un certain niveau, participé à des compétitions, que vous voulez progresser, là vous allez beaucoup progresser en termes de niveau de jeu. Ou alors, si vous êtes curieux et avez un vrai projet professionnel en lien avec les métiers de l'eSport, vous aurez toute votre chance" poursuit M. Willaume. "Peu de monde sera PGM (progamer, joueur professionnel ndlr) mais comme peu de monde sera joueur de foot professionnel". 


"Pour moi, l'eSport ce sera quelque chose de fédérateur, comme le sport dans ses valeurs positives, mais aussi dans le business et dans la vie associative" conclut Thomas Willaume.
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