Haute-Marne : le Parc National est créé !

Après plus de dix années de gestation, le Parc National, à cheval sur la Haute-Marne et la Côte d'Or est né !
Daniel Belle Une cigogne noire
Plus de dix ans que le projet est en gestation, une idée lancée en 2007 lors du Grenelle de l'Environnement, désormais réalisée. Le Parc National des Forêts de Champagne et Bourgogne a été officiellement créé, par un décret du Gouvernement, ce onzième parc célèbre la forêt des feuillus de plaine !





Une forêt, pour bonne partie plusieurs fois centenaire qui recèle un patrimoine exceptionnel, sur les 250 000 hectares de la superficie du parc. 

"Imaginez autour de nous, on a 50 millions d'arbres dans cette forêt" dit Hervé Parmentier, le directeur du GIP, qui a été chargé de mettre en place ce parc national. C'est une forêt "qui a une mémoire du passé, ça remonte pratiquement à l'époque de l'âge du fer, de la Dame de Vix, donc on a un tas de vestiges archéologiques, cette forêt a vu la Révolution puis elle a vu plein de choses aussi, l'émergence de l'ordre des cisterciens, des templiers, le début de la metallurgie, donc vous voyez, une forêt qui a une véritable histoire et qui va nous apprendre plein de choses" explique M. Parmentier. 

Le lancement d'un parc national, c'est un petit évènement extrêmement rare, le dernier lancement remonte à 2012, avec le Parc National des Calanques près de Marseille. Au coeur de ce parc, vous trouverez une zone de 3000 hectares du'une réserve intégrale. C'est à dire qu'aucune activité humaine n'y viendra perturber la vie de la faune et de la flore. 

Près de 130 communes sont situées dans l'aire du parc, regroupant environ 28 000 habitants. C'est à l'heure actuelle, grosso modo le nombre de visiteurs qui se pressent dans le secteur chaque année. Un chiffre qui devrait plus que tripler à court terme, le parc s'attendant à voir défiler 100 000 touristes chaque année

Encore faut-il pouvoir les loger. Et c'est là où les choses se compliquent, car les capacités d'hébergement dans la région ne sont pas nulles, mais très très faibles. "Cela va vous faire sourire" dit Hervé Parmentier, "aujourd'hui, on a pas plus de 1000 lits pour accueillir des visiteurs, ça veut dire qu'il y a urgence. Et donc, on a lancé en juin 2018 un appel à projets, pour connaître s'il y avait aujourd'hui des personnes qui avaient des projets en agriculture, en forêt ou en tourisme. Et on a une majorité d'hébergeurs qui disent, ou des personnes, qui souhaitent créer des hébergements insolites, créer des gîtes, créer des chambres d'hôtes. On a donc aujourd'hui beaucoup de personnes qui sont dans les startings blocks et aujourd'hui ça y est la course est lancée" ajoute le directeur du GIP. 

Les hébergements ne sortent pas de terre comme par magie. Dans un premier temps, il faudra donc se résoudre à laisser les grandes villes des environs se tailler la part du lion, concernant les retombées hôtelières de ce parc national. "Autour du parc national, on s'appuie sur quelques grandes villes comme Langres, comme Chaumont, comme Dijon ou Troyes qui ont aussi une capacité d'hébergement" explique M. Parmentier. 

Les retombées économiques s'annoncent importante selon Hervé Parmentier, qui en s'appuyant sur d'autres lancements de parc nationaux, estime qu'un euro investi en rapportera quatorze. Les dix parc nationaux à eux seuls, cumulent plus de 9 millions de visiteurs ! 

Et quid des entreprises déjà implantées ? Vont-elles devoir cesser ou réduire leurs activités ? Non répond le directeur du GIP. "C'est une question qui est récurrente et c'est vrai qu'on a tendance à penser que qui dit parc national dit mise sous cloche" dit M. Parmentier. "Le pari que nous avons réussi c'est de renforcer la protection de ces forêts très anciennes, des marais tufeux, qui créent des concrétions calcaires et qui sont très très fragiles. On a réussi à allier la protection de cela avec le maintien d'une activité économique qui permette d'en faire un territoire attrayant" assure-t-il. 

Mais le directeur du GIP voit même plus loin, puisque de nouvelles filières devraient s'implanter au sein du Parc National, celui de la recherche sur le bois par exemple. "Les scientifiques vont venir, il va falloir qu'on mette en place de la logistique pour les accueillir, suivre les protocoles de recherche, on va aussi découvrir des nouveaux usages du bois par exemple, donc des chercheurs, des startups vont aussi pouvoir s'installer sur notre territoire, et c'est ça notre pari".

Un grand bain de nature sous notre fenêtre en somme. Le parc comprend plus de 2000 kilomètres de sentiers de randonnée et plus de 700 kilomètres de petits cours d'eau près des quels de très nombreuses espèces végétales et animales y ont leurs habitudes, comme le chat forestier ou la cigogne noire, que le parc a d'ailleurs choisi comme emblème. 20% des cigognes noires qui traversent la France, nichent sur les arbres de cette région. 

"Il y a plein de plateaux, de combes, de vallées et dans ces combes et dans ces vallées, on trouve des ruisseaux extraordinaires avec des petites prairies avec des narcisses des poètes, c'est superbe en terme de paysage, c'est superbe en terme de biodiversité, et pour faire du vélo c'est pas mal non plus" conclut Hervé Parmentier.
Publié:
Mis à jour:
Magnum la radio © 2019, tous droits réservés.
On Air
×
A l'antenne: