Masques obligatoires : ces entreprises vosgiennes avec un stock important sur les bras

Depuis ce lundi les masques sont obligatoires dans tous les lieux publics clos.

Magnum la Radio Des masques confectionns et vendus par Garnier-Thiébaut, capture d'écran

Avant le déconfinement, de nombreux industriels du textile ont investi et se sont lancés dans la production de masques pour le public, répondant à des commandes de collectivités locales ou pour les vendre directement.

Sauf que depuis, le marché s'est totalement effondré et la clientèle s'est tournée vers des produits asiatiques moins chers, mais le plus souvent à usage unique. Et ce, assez rapidement, dans les jours ou les semaines qui ont suivi le déconfinement.

Parmi les entreprises textiles à s'être lancées, il y a Garnier Thiébaut à Gérardmer.

Avec d'autres entreprises vosgiennes, ils ont confectionné des centaines de milliers de masques, et se sont retrouvé avec un stock important qui leur est resté sur les bras. À tel point que chez ce fabricant, la production de masque a été totalement stoppée.

Et pour les écouler, il y a deux écoles explique Paul de Montclos, le président de Garnier-Thiénaut. "Soit ils bradent, pour ne pas avoir de ce stock sur les bras, pensant que maintenant ça ne sert plus à rien, donc ils s'alignent sur les prix d'entrée de gamme et donc vendent à perte".

"Soit, d'aucuns continuent à valoriser leur travail, à considérer qu'ils n'ont pas besoin pour l'instant de trésorerie et donc, ils gardent les masques pour répondre aux attentes du marché qui pensent-ils vont revenir à un moment ou à un autre, ce qui n'est pas complètement stupide".

"Malgré tout, il y a quand même des gens attachés à une production locale, à des produits qui soient environnementalement compatibles. Il est clair que nos masques se lavent 20, 30, 40, 50 fois, contrairement à un masque jetable qu'on jette, un peu partout d'ailleurs !" glisse le dirigeant de Garnier-Thiébaut.


Cette deuxième option, c'est d'ailleurs le cas du fabricant, plus habitué à la confection de linge de maison. "Garnier, on a décidé de ne pas brader nos masques, à tort ou à raison, mais on a toujours dit que les masques avaient une valeur, ils valent tant, ils sont produits localement, donc on ne veut pas brader nos masques et on préfère, tant pis, attendre, en espérant que notre choix sera le bon" dit Paul de Montclos, qui peut se permettre ce luxe par les finances de l'entreprise qui se portent bien.

Pour ce qui est des investissements réalisés pour la confection de masques, l'entreprise avait entre autre, acheté un four, qui permettait de vendre des masques avec une "mémoire de forme".

Si c'est investissement s'est avéré ne plus être utile, d'autres produits sont en développement pour que cet outil serve tout de même au sein de l'entreprise. "Si l'on était pas créatifs, il y a longtemps que le textile vosgien aurait disparu" sourit Paul de Montclos.

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