Meurthe-et-Moselle : une ComCom transportera gratuitement les aînés pour les vacciner

Alors que le nombre de centres de vaccinations se monte à près d'un millier en France, et que les livraisons de doses sont au ralenti, une communauté de commune veut profiter de son réseau de transports.
KK / Magnum la Radio - Une femme se fait vacciner contre la covid-19 à Epinal, illustration
Il existe près d'un millier de centres de vaccination actuellement en France, afin de recevoir les injections pour se prémunir de la Covid-19. 

De nombreuses initiatives existent déjà au sein de collectivités locales, le Vacci'Bus sur la métropole de Reims par exemple, ou encore un bus itinérant dans le Grand Nancy, qui permet de servir de point de vaccination mobile.

La Communauté de Communes de Moselle et Madon quant à elle veut miser sur son réseau de transports. Un dispositif qui complèterait le lancement d'un centre de vaccination sur son territoire, selon Hervé Tillard, le maire (PS) de la commune de Chavigny, et 1er vice-président de la ComCom. 

"C'est acté au niveau du territoire de Moselle et Madon puisque nous avons proposé un lieu central de vaccination, sous l'égide du centre intercommunal d'actions sociales" explique l'édile chavinéen. Ce projet a été fait en lien avec les représentants des services de l'Etat, mais aussi de l'hôpital de Toul et l'Office d'Hygiène Sociale du territoire.

"On se laisse la semaine qui est devant nous pour finaliser les choses et on espère, même si l'on reste dépendant des décisions des services de l'Etat, pouvoir le mettre en place dès le début de la semaine prochaine, donc dans la semaine du 25 janvier" poursuit l'élu.

Voilà pour le ce projet de centre de vaccination, sur le papier. Parce que de nouveaux grains de sables viennent s'incruster dans les rouages de la machine à vacciner, l'élément central étant l'annonce par les laboratoires Pfizer et Bio'N'Terch, d'une livraison nettement amoindrie du nombre de doses de vaccins, afin de pouvoir augmenter la capacité de production de l'usine belge qui fournit toutes les doses sur le continent européen. 

La tension est telle que la prise de nouveaux rendez-vous dans certains centres de la région est déjà à l'arrêt total, dans l'attente de nouvelles livraisons. L'idée étant de pouvoir assurer aux personnes qui ont déjà reçu leur première injection du vaccin, de pouvoir bénéficier de la deuxième dose, trois semaines plus tard. 

Une perspective qui n'effraie pas forcément Hervé Tillard : "Le risque il existe, bien évidemment. Et je crois que tout le monde a pris cette annonce (de la réduction des livraisons de doses ndlr) un peu de face, ce n'était pas foncièrement prévu". "Après, on est quand même dans une situation où l'on sait que le timing de déploiement en France fait qu'il y a encore des doses qui n'ont pas encore été placées dans les centres régionaux. Donc entre maintenant et le moment où Pfizer doit logiquement réapprovisionner au bon rythme, il ne devrait pas y avoir de rupture sèche, donc ça ne compromet pas, à notre sens, le projet territorial". 



Un centre de vaccination au coeur de la communauté de communes c'est bien. Mais permettre aux aînés, qui peuvent avoir des difficultés à s'y rendre, c'est mieux. Et là encore, le projet s'affine. 

"Si on veut de la fluidité et de l'efficacité, on sait que dans la population de plus de 75 ans, on a des personnes qui vont avoir des difficultés à se rendre au centre de vaccination. Profitons des moyens que nous avons sur le territoire, au travers de notre régie de transports. De mettre à disposition notre service de transport en porte à porte, à la demande, pour pouvoir véhiculer gratuitement les  personnes qui en auraient besoin jusqu'au centre" explique Hervé Tillard.

Le coût de cette mesure serait donc supporté par la collectivité, qui est déjà habituée à ce principe, puisque son réseau régulier est déjà gratuit, depuis une bonne dizaine d'années. Même si, il est vrai, le transport à la demande lui, est payant, moyennant un voyage à deux euros. 

Et en cas de pépin quant à l'organisation du TAD, le Communauté de Communes de Moselle et Madon veut créer un élan solidaire, en faisant appel à des bénévoles, qui iraient chercher et ramener ensuite à la maison, les personnes âgées "de manière  à ce que la mobilité ne soit pas un problème pour se faire vacciner" pointe l'élu.

Pour savoir qui aller chercher et surtout où et quand, là encore, l'expérience parle. "C'est tout simple, en obtenant un numéro vert, qui va permettre de s'inscrire sur ce lieu de vaccination et en même temps d'être en capacité, sur ce même numéro, de croiser et proposer des créneaux qui permettent d'aller véhiculer les personnes. Pour nous c'est pas quelque chose d'inconnu puisque nous avons le système de réservation du transport à la demande. Nous avons le personnel mais aussi les logiciels qui permettent de mettre en place cette mesure, ce n'est pas un gros problème logistique" selon M. Tillard.

Une idée qui pourra facilement s'exporter ailleurs dans la région ? Pas si simple selon l'élu, qui parle d'un "alignement de planètes". "On a l'outil, on a la volonté et on a l'habitude de s'organiser à cette échelle de 19 communes? Je ne suis pas certain que ce soit faisable sur l'ensemble du territoire, en revanche, c'est sûr que là où il y a cette possibilité, c'est très certainement un plus pour fluidifier et accélérer la vaccination des plus de 75 ans" conclut M. Tillard.
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