Saint-Dié : grève illimitée chez Inteva, un repreneur laissé dans le flou ?

Une grève illimitée a démarré ce mercredi chez Inteva à Saint-Dié-des-Vosges, alors que les jours du site déodatien semblent comptés.
Google Streets View Le site Inteva à Saint-Dié-des-Vosges, capture d'écran

Une grève illimitée a démarré ce mercredi matin chez Inteva à Saint-Dié-des-Vosges. Le sous-traitant automobile, qui fabrique notamment des serrures (pour le groupe PSA entre autres), va mal, le groupe américain a même placé ses trois sites français en redressement judiciaire au début du mois de juin. 

Le groupe, pourtant en difficulté, s'est lui-même porté candidat à une reprise de certains de ses sites, mais pas Saint-Dié-des-Vosges. Deux offres de reprise ont été déposées auprès du Tribunal de Comemrce d'Orléans (Loiret) à la fin du mois d'août. Aucune de ces deux offres ne prévoit le maintien du site déodatien, où plus de 240 personnes travaillent . 

Mais pour Stéphanie Lerognon, représentante FO du comité central, si la deuxième offre est incomplète, c'est parce que le repreneur n'aurait pas eu accès à la totalité des informations, notamment celles concernant le fonctionnement et l'état du site de Saint-Dié.

L'usine déodatienne est en compétition avec un autre site, qui fabrique les mêmes éléments, en Roumanie, pays où le coût de production est moindre. Et la crainte de voir l'activité s'y délocaliser totalement est très présente pour les salariés. 

"Actuellement en Roumanie, le site de Salonta a déjà trois lignes de production qui fabriquent les mêmes serrures que nous" explique Stéphanie Lerognon. "Nous avons deux lignes de production ici, et là bas ils en ont trois, c'est exactement les mêmes" poursuit la syndicaliste. "Le marché est partagé entre Saint-Dié et Salonta, et en Roumanie, les trois lignes ne sont pas chargées en charge de travail complètes".

"Quand on voit les dossiers de reprise qui nous ont été communiqués et quand on commence à étudier, on s'aperçoit que la deuxième offre, (qui ne concerne l'offre déposée par Inteva ndlr), ils marquent bien qu'ils n'ont pas pu regarder la position de Saint-Dié, ils ont senti un blocage" détaille Stéphanie Lerognon. "Comme si ils mettaient des bâtons dans les roues pour le site de Saint-Dié pour qu'il ferme ! Ca les arrange peut-être que tout soit fabriqué en Roumanie et plus sur Saint-Dié. Donc leur offre ne concernerait que les deux autres sites parce qu'ils n'ont pas eu le temps et la possibilité d'étudier toute la compétitivité du site de Saint-Dié".



Si le seul espoir désormais repose sur le fait que l'offre de reprise concurrente à Inteva puisse intégrer la totalité des informations concernant l'usine déodatienne, mais Stéphanie Lerognon n'est pas optimiste sur ce point. "J'ai l'impression que le deuxième repreneur a tellement été mis de côté que même l'offre qu'ils ont fait pour les deux autres sites n'est pas très complète".

Le maire de Saint-Dié-des-Vosges, David Valence, a rencontré les membres du comité interministériel de restructuration industrielle mardi, et doit s'entretenir sur ce dossier prochainement avec le cabinet du ministre de l'économie prochainement. 

La prochaine échéance judiciaire pour ce dossier, ce sera le 22 septembre, date de la prochaine audience devant le Tribunal de Commerce d'Orléans, devant qui, les offres "améliorées" peuvent être déposées jusqu'au 17 septembre.

En attendant, plusieurs réunions doivent s'enchaîner pour les représentants des employés, notamment une programmée ce jeudi à Paris, entre les repreneurs et les administrateurs judiciaires pour présenter leurs offres.

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