Toul : les urgences de l'hôpital fermées la nuit faute de médecins.

Le Centre Hospitalier Saint-Charles de Toul va devoir fermer son service des "urgences" pendant au moins quinze jours, faute de médecins.
Google Streets View L'hôpital de Toul, capture d'écran
Un hôpital sans service d'urgences. C'est ce à quoi va bientôt ressembler le Centre Hospitalier Saint-Charles de Toul. 

L'établissement a annoncé que le service des "urgences" allait fermer ses portes la nuit, de 20H30 à 8H30, pendant au moins deux semaines, du 30 juillet au 15 août.

"Comme de nombreux hôpitaux en France, le centre hospitalier Saint-Charles de Toul est confronté à un manque de médecins urgentistes. Il n’a donc pas d’autre choix que de trouver une organisation différente pour ses urgences pendant une quinzaine de jours début août" selon le centre hospitalier. 

Il n'y aura plus qu'un seul médecin de garde la nuit, affecté aux urgences SMUR, ca la ligne elle, ne ferme pas, pas plus que les urgences obstétricales qui seront toujours assurées. 

L'annonce fait bondir le Conseil Départemental de Meurthe-et-Moselle. Chaynesse Khirouni qui a co-signé une tribune, avec des élus du toulois, contre cette fermeture, dont le maire de Toul, Alde Harmand, des conseillers départementaux et le député Dominique Potier.

"Cette fermeture partielle des urgences constitue un véritable recul du service public de santé pour le territoire. Car l’aire d’influence du centre hospitalier de Toul va bien au-delà du pays toulois : de Vaucouleurs jusqu’aux portes de Nancy. Pour les villages les plus éloignés, cette fermeture placera les habitants à près d’une heure des services d’urgence les plus proches" est-il écrit dans cette tribune.

En début d'année, cinq médecins ont quitté l'établissement pour le privé, et l'hôpital n'est pas parvenu à attirer de nouveaux praticiens. 

"Cette décision est donc étroitement liée à la crise nationale de l’hôpital public : conditions de travail dégradées, manque d’attractivité de la santé publique, tarification à l’acte, maintien masqué du numerus clausus dans les études de santé… Les moyens insuffisants de la santé publique empêchent les directeurs d’hôpitaux de recruter correctement et aggravent les phénomènes de concurrence déloyale, face au secteur privé ou à l’attractivité du Luxembourg" ajoutent les élus, qui appellent l'Etat à prendre ses responsabilités.

D'autant que le contexte actuel reste inquiétant et compliqué. Au CHRU de Nancy, de nombreux soignants ont pris leurs congés, des dizaines de lits ont été fermés pour la période estivale, pour accorder un peu de repos à des personnels mobilisés depuis un an et demi en première ligne contre le covid, et alors que la crise sanitaire affronte un fort rebond, la quatrième vague. 



 

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