Vosges : Comment Saint-Dié veut se développer grâce à Strasbourg

Pour grandir encore, l'agglomération de Saint-Dié-des-Vosges a signé un contrat de réciprocité avec Strasbourg et la ComCom de la Vallée de la Bruche.
Magnum la Radio La Gare de Saint-Dié-des-Vosges où a été signé le contrat de réciprocité

Les Vosges ne sont plus une frontière entre les régions. C'est le constat qu'ont dressé l'agglomération de Saint-Dié-des-Vosges, l'Eurométropole de Strasbourg et la Communauté de communes de la Vallée de la Bruche. Ces dernières ont signé un "contrat de réciprocité", c'est une première dans le Grand-Est, et c'est l'un des premiers à être signé au niveau national. 

Travaillé finement depuis trois ans, il vise à repenser la manière dont les territoires se sont organisés après la guerre, la métropole trônant au sommet de la pyramide régionale, "canibalisant" les agglomérations plus modestes et en laissant de côté les communes rurales. 

L'idée étant ici que chacun peut apporter quelque chose à l'autre. Le savoir-faire de la filière bois pour la déodatie par exemple, l'agriculture de montagne pour la Vallée de la Bruche, etc, Strasbourg peut aussi offrir de jolis débouchés en terme de prospection économique pour des entreprises désireuses de réduire leur bilan carbone en fonctionnant sur des circuits courts, mais à l'inverse, ce que peuvent lui apporter la Déodatie, ce sont les Vosges, s'entend, comme destination touristique. Et après avoir travaillé à un rapprochement, depuis sur les rails, avec le Grand Nancy, ce coup-ci, Saint-Dié se rapproche de l'Alsace.

"Strasbourg regarde peut-être un peu trop du côté allemand et pas suffisamment du côté vosgien pour ce qui est du tourisme" reconnaît volontiers Robert Hermann, le président de l'Eurométropole de Strasbourg.

"Nous ne regardons peut-être pas suffisamment avec l'attention nécessaire, sur les capacités, ce qui était un élément historique de production de fruits et légumes, dans la Vallée de la Bruche" poursuit-il.

"Et on sait aujourd'hui, l'intérêt qu'il y a à favoriser les circuits courts dans la production fruitière et légumière en particulier pour nos écoles où globalement nous avons du mal à trouver un certain nombre de produits en agriculture biologique ou très raisonnée" explique le président de l'Eurométropole. 

Un autre élément identifié lors des discussions entre les parties, les constructions en bois, domaine dans lequel les Vosges excellent et qui peine parfois à trouver des débouchés. "Nous favorisons les constructions en bois, mais quand nous les favorisons, nous constatons que les panneaux nous les achetons en Autriche, en Allemagne ou en Asie, et il y a ici un potentiel tout à fait fantastique" explique Robert Hermann. 


Le tourisme lui, est l'un des autres secteurs clefs sur lequel un accent devrait être mis, dans le cadre des actions prioritaires retenues pour la période 2019-2020. La Déodatie est en effet le deuxième secteur comptabilisant le plus de nuitées hôtelières dans les Vosges, après les Hautes-Vosges, selon David Valence, le maire de Saint-Dié. 

Et sur ce champ d'action, le train aura une belle place. La ligne entre Saint-Dié-des-Vosges et Strasbourg a subit de longs travaux de réfection et touche près de 600 000 habitants tout au long de la trentaine de communes sur son trajet.

"Tout est parti de l'idée du train, de cette ligne que la Région Grand-Est a sauvé" explique David Valence, qui y voit un symbole. "Elle relie l'Eurométropole à Saint-Dié-des-Vosges et je pense qu'aujourd'hui on repousse les montagnes et on réconcilie notre territoire avec ce qui est son pendant naturel en Alsace" poursuit l'édile.

"Aujourd'hui, quand on est à Strasbourg, souvent comme offre touristique complémentaire à celle de la ville, on a soit le vignoble d'Alsace, soit la Forêt Noire. Et il y avait finalement une sorte de paradoxe à ce que le massif des Vosges, du côté alsacien comme lorrain ne bénéficie pas complètement de cette attractivité très forte de Strasbourg, donc on va vraiment travailler sur le tourisme" explique le maire de Saint-Dié, qui planche sur le développement d'offres communes.

"Ca ne pourra que profiter à l'ensemble des territoires, à Strasbourg mais aussi à Saint-Dié-des-Vosges, et ça vaut aussi pour les jeunes cadres qui viennent s'installer, de savoir qu'ils ont une montagne à proximité dans laquelle ils peuvent se rendre facilement y compris par le train, je pense que c'est très important, y compris pour Strasbourg" conclut David Valence.

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