Vosges : la Préfecture retoque le transfert d'eau vers Vittel et Contrexéville

La préfecture des Vosges a retoqué ce mercredi l'idée de transférer des eaux venues d'ailleurs, pour alimenter une partie de la population de Vittel et Contrexéville.
Magnum la Radio Une manifestation lors d'une réunion de la commission locale de l'eau à Epinal, en juillet 2018, archives
Une partie de l'eau potable des habitants de Vittel et de Contrexéville ne sera pas acheminée par des aqueducs. La Préfecture des Vosges a décidé d'abandonner ce projet ce mercredi et l'a fait savoir par un communiqué.

Une victoire pour les associations regroupées au sein du Collectif Eau 88, qui militaient depuis plusieurs mois contre cette proposition. 

"Sa mise en oeuvre technique pouvait paraître incertaine. C’est pourquoi, l’État et l’Agence de l’Eau ont travaillé à une solution alternative fondée sur l’optimisation des ressources locales." explique la Préfecture dans un communiqué. 

Le préfet, Pierre Ory, a donc demandé à l'agence de l'eau Rhin-Meuse le 24 septembre dernier, de travailler sur la question et d'élaborer un nouveau projet, qui sera soumis à une consultation locale dans les semaines à venir. 

Le principe de transférer de l'eau venue d'ailleurs vers Vittel et Contrexéville était le scenario qui avait remporté les débats lors de la consultation publique organisée entre la fin de l'année dernière et de début de cette année. La nappe des GTI, les Grès du Trias Inférieur présente un déficit annuel d'environ un million de mètres cube qui empêche de la recharger. Trois millions de mètres cube d'eau y sont prélevés chaque année dans le secteur, par la population et les industriels. 

Du côté du Collectif Eau 88, la satisfaction est présente, mais la méfiance et la vigilance restent de mise. "Nous on constate avec statisfaction que les grands principes sur lesquels on a toujorus appuyé notre positionnement sont pris en compte par l'Etat et l'Agence de l'eau" dit Jean-François Fleck, porte-parole du collectif.

"Le transfert d'eau est abandonné de fait. Dès lors que vous prenez en compte le principe de priorité d'approvisionnement en eau potable pour les populations dans l'utilisation de la ressource et le principe de proximité, c'est à dire utiliser les masses d'eau directement disponible sur le territoire, forcément, de fait on ne peut qu'abandonner le transfert d'eau" explique-t-il. 

Dans son communiqué, la Préfecture des Vosges évoque un scenario alternatif basé sur "l'optimisation des ressources". "L'optimisation des ressources, c'est tout simplement prendre en compte les deux nappes sur le territoire de Vittel-Contrex, donc il y aura des études à mener et voir quelles sont les possibilités, les disponibilités qu'offrent ces deux nappes cumulées, en termes d'approvisionnement en eau potable, qui reste la priorité pour les deux nappes, ce qui n'était pas le cas avant, et ce qu'il reste pour les industriels" détaille Jean-François Fleck. Un changement d'approche totalement nouveau estime le collectif.

Tout le monde devra donc faire des efforts. Du côté de Nestlé Waters France, on accuse le coup,  

Nous devons prendre le temps d’étudier ces nouveaux éléments avec précision, mais nous tenons dès à présent à réaffirmer notre engagement à contribuer à toute solution pérenne pour préserver la ressource en eau sur la nappe GTI et l’avenir du territoire aux côtés de l’ensemble des acteurs concernés. Nous avons toujours privilégié une approche concertée et collective. Ce sera encore le cas dans les prochaines semaines.” déclare Sophie Dubois, Directrice Générale de Nestlé Waters France dans un communiqué.

"Nestlé Waters a d’ores-et-déjà contribué aux efforts collectifs de réduction des prélèvements sur cette nappe, en baissant les siens de 26% depuis 2010. Nestlé Waters s’est engagé à atteindre 30% de réduction d’ici 2020, ce qui représentera une baisse d’environ 270 000 m3 par rapport à 2010" affirme le groupe.

Jointe par téléphone, la présidente de la commission locale de l'eau n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat.
Publié:
Mis à jour:
Magnum la radio © 2019, tous droits réservés.
On Air
×
A l'antenne: