Disparition de Mia : la mère toujours introuvable, avait commandité l'enlèvement

Retrouvez les dernières informations délivrées par le parquet d'Epinal trois jours après la disparition de Mia dans les Vosges.
DH / MLR - Nicolas Heitz, lors de sa conférence de presse ce vendredi
Une affaire complexe. Trois jours tout juste, après l'enlèvement de la jeune Mia, âgée de huit ans, alors qu'elle se trouvait au domicile de sa grand-mère maternelle, aux Poulières dans les Vosges, le procureur de la République d'Epinal a une nouvelle fois pris la parole ce vendredi pour faire le point sur les avancées de l'enquête. 

Une enquête qui a connu une percée "décisive" selon les mots de Nicolas Heitz, après l'interpellation de quatre personnes, trois en région parisienne, une quatrième en Meurthe-et-Moselle. Un coup d'accélérateur rendu possible par plusieurs témoignages apportés, après la diffusion massive de l'alerte enlèvement, et des signalements de Lola Montemaggi ainsi que de sa fille, Mia, dont elle avait perdu la garde.

"Un premier témoin avait vu à 10H24, le jour des faits, à proximité des lieux de l'enlèvement, le véhicule Volkswagen à proximité d'un véhicule de type Citroën C15 dont il relevait l'immatriculation" a déclaré le procureur d'Epinal. "Un troisième véhicule de marque Mercedes, immatriculé en Belgique les rejoignait" a poursuivi M. Heitz, précisant que la scène avait attiré l'attention du témoin en constatant que plusieurs hommes passaient d'un véhicule à l'autre. 

Un second témoin quant à lui, vivant à près d'une demi-heure en voiture de la commune des Poulières, avait aperçu près d'une heure après l'enlèvement, la camionnette des ravisseurs et le véhicule Citroën C15. "Les occupants, trois hommes, l'avaient abordé puis étaient repartis" selon M. Heitz.

Inconnus de la justice mais suivis par les renseignements

Selon le procureur, la DGSI, la direction générale de la sécurité intérieure, qui avait été alertée dans le cadre du plan Alerte Enlèvement, s'est rapprochée des enquêteurs, dans le cadre d'une autre procédure menée par le parquet national antiterroriste. "Dans le cadre de cette enquête, un des individus mis en cause utilisait un véhicule Citroën C15 dont l'immatriculation correspondait au véhicule aperçu par les témoins dans le secteur de l'enlèvement". Un signalement qui a permis d'apporter aux enquêteurs de nouveaux éléments à verser au dossier de l'enquête concernant l'enlèvement , "des éléments relatifs aux parcours de ces individus et à la préparation de leur venue dans les Vosges" a souligné Nicolas Heitz.

"Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, j'ai demandé aux services d'enquête d'envisager le plus rapidement et si possible avant 21H mercredi, l'interpellation des trois personnes suspectes". Deux interpellations ont été menées dans la foulée en région parisienne.

- "Un premier individu âgé de 58 ans, était interpellé à son domicile dans le XIXème arrondissement de Paris et placé en garde à vue" détaille le procureur. "La perquisition menée à son domicile permettait notamment d'y découvrir le script d'un discours à tenir devant la grand-mère, pour se faire passer pour un éducateur. On y découvrait également de nombreux téléphones portables". "Les enquêteurs se sont ensuite rendus dans un box, qu'il utilisait à proximité et y découvraient le véhicule Citroën C15 qui a été immédiatement saisi". 

- "Un second individu, un homme de 23 ans était interpellé à son domicile en Seine-et-Marne. À l'occasion de la perquisition des éléments susceptibles d'entrer dans la composition d'explosifs y ont été découverts. ils seront exploités plus précisément dans le cadre de la procédure initiale diligentée par le parquet national antiterroriste". 

- "Un troisième individu, âgé de 60 ans, était quant à lui interpellé jeudi 15 avril à 6H en Seine-Saint-Denis".

C'est ensuite que les trois personnes gardées à vue ont été conduites dans les locaux des gendarmes de la Section de Recherches de Nancy, selon Nicolas Heitz, qui a précisé qu'une quatrième interpellation avait été menée plus tard dans la journée de jeudi, à l'encontre d'un habitant de Meurthe-et-Moselle qui a lui aussi été placé en garde à vue.

Les auditions des personnes gardées à vue, globalement concordantes, ont permis de dénouer le fil de l'organisation de ce que les mis en cause ont eux-mêmes estimé être une opération "d'exfiltration" de l'enfant. 

Le mode opératoire 

"Lola Montemaggi les sollicitait via internet pour récupérer sa fille dont elle s'estimait injustement séparée, dans le but de partir à l'étranger" selon M. Heitz. "Trois d'entre eux se présentaient au domicile de la grand-mère maternelle de Mia, pour enlever l'enfant et la remettre à sa mère environ vingt minutes plus tard. L'opération avait été préparée conjointement et de façon minutieuse et précise". 

Trois des gardés à vue, car le quatrième a fait valoir son droit au silence, ont revendiqué cette action. "Le premier, un homme de 58 ans, qui habite à Paris, se disait être une personne dissidente et je le cite, résistant à la barbarie de ce système. il estimait avoir permis à une petite fille de retrouver sa mère, en agissant, je le cite encore, à la Arsène Lupin. Il se disait fier de ce qu'il avait fait, jugeant que les placements étaient faits de manière abusive" a détaillé le procureur. L'homme a refusé de donner tout élément permettant de localiser la mère et l'enfant.

"Le deuxième gardé à vue, âgé lui de 23 ans et demeurant en Seine-et-Marne, expliquait avoir agi dans le but de sauver la vie de l'enfant, je le cite encore, et estimait qu'il avait peut-être pu être manipulé".

Les portraits de Lola Montemaggi et Mia diffusés dans plusieurs pays

"À l'heure où je vous parle, la mère et l'enfant n'ont pas encore été retrouvées. Des investigations réalisées, il n'est pas à exclure qu'elles aient pu quitter le territoire national, le département des Vosges n'étant pas très éloigné de plusieurs frontières". 

"Des diffusions internationales ont été réalisées pour faciliter leur localisation et leur appréhension" toujours selon Nicolas Heitz, qui a également émis des demandes d'entraide pénale internationales en urgence absolue, dont les détails n'ont pas été dévoilés pour préserver le secret de l'enquête.

"Le caractère très organisé de cette action, la sophistication des techniques utilisées par les protagonistes, ont conduit mon parquet à demander aux enquêteurs de diligenter leurs investigations du chef d'enlèvement de mineur de moins de 15 ans, en bande organisée" des fiats passibles de la réclusion criminelle à perpétuité a précisé M. Heitz.

Le parquet de Nancy prend la main sur le dossier

"S'agissant de nature de faits criminels, les investigations vont devoir maintenant se poursuivre dans le cadre d'une information judiciaire. Cependant, au regard de la grande complexité des investigations à venir, de leur ampleur, notamment dans leur volet international, pour tenter d'identifier et d'interpeller des commanditaires ou des complices en dehors donc, du territoire national, c'est le procureur de la République de Nancy, siège de la JIRS (Juridiction Interrégionale Spécialisée) qui ouvrira une information judiciaire et saisira un juge d'instruction. Les quatre personnes en garde à vue seront donc présentées dans l'après-midi à un magistrat instructeur" de la JIRS, en vue d'une mise en examen.
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