Meurtre à Raon l'Etape : deux personnes toujours en garde à vue

Ce lundi soir, 24 heures après le drame de Raon l'Etape, le procureur a donné plus de précisions sur le meurtre de dimanche.
Après la mort d'un homme de 24 ans dimanche soir dans le quartier de la Justice à Raon l'Etape, le procureur de la République d'Epinal Nicolas Heitz a livré quelques précisions ce lundi soir : "Une première altercation a éclaté, avec des violences commises envers la personne qui plus tard, sera l'auteur présumé du tir."

"Le tir a été fatal pour un homme de 24 ans, qui aurait tenté de s'interposer."

"Beaucoup de gens ont assisté à la scène, toutes les auditions permettent de comprendre assez finement ce qu'il s'est passé. Pour le moment, on comprend que la victime tentait de calmer l'auteur présumé du tir."

"Deux personnes sont actuellement en garde à vue (ce lundi soir, il reste encore 24h de garde à vue), confiées à la brigade de recherche de Saint-Dié."


Le verbatim de la déclaration du Procureur d'Epinal, Nicolas Heitz : 

"Les militaires, de la communauté de brigade de Raon L'Etape étaient appelés dimanche soir, 2 juin peu après 19H, à la suite d'une rixe et de coups de feu qui étaient tirés Rue des Genêts, quartier de la Vierge à Raon L'Etape.

Contacté hier, je me transportais immédiatement sur place et confiais le soin des investigations à la brigade de recherche de la compagnie de Gendarmerie de Saint-Dié-des-Vosges.

Avant toute chose, je tiens à exprimer ma compassion et mes condoléances sincères à la famille de la victime, puisque vous le savez, un homme âgé de 24 ans a trouvé dimanche soir, la mort.

Les premières investigations réalisées depuis hier par les enquêteurs, assistés des militaires de la section de recherche de Nancy, permettent de comprendre le déroulement du drame, qui se déroule en deux temps principaux.

Dans un premier temps, une altercation éclate sur le parking, au pied de l'un des immeubles d'habitation de la rue des Genêts à Raon.

Une altercation verbale, entre un homme âgé de 46 ans, accompagné lui de son fils âgé de 16 ans et des habitants de l'immeuble, dont certains à leurs fenêtres, éclatait pour un motif semblant assez futile à ce stade de l'enquêtePlusieurs témoins, indiquent que des insultes, y compris à caractère raciste, ont pu être proférées à cette occasion.

Alors que l'un des protagonistes de cet échange descendait sur la voie publique, il se plaignait d'être alors frappé par le père du mineur de 16 ans. Le père du mineur pénétrait alors dans l'escalier de l'immeuble d'habitation et était lui aussi blessé à la jambe, dans des circonstances qui restent à déterminer. Il ressort aussi des témoignages, que le jeune homme de 16 ans était à ce stade, particulièrement énervé, frappant avec virulence sur les boîtes aux lettres de l'immeuble.

Dans ce que je qualifierai du second temps, le mineur et son père regagnaient leur domicile, une maison d'habitation située à quelques dizaines de mètres au-dessus de l'immeuble où s'étaient déroulés les faits initiaux. Le père s'emparait alors d'une carabine, pour redescendre vers les immeubles d'habitations. Il mettait en joue certains habitants du quartier, il tirait aussi des coups de feu sur les immeubles d'habitations de la cité. Certains témoins parlent de huit à dix détonations et les victimes sont en cours de recensement.

Un habitant du quartier, âgé de 24 ans s'interposait alors pour demander semble-t-il à l'homme de se calmer et tenait de lui retirer l'arme pointée vers lui. Au cours de cet échange, il recevait une balle dans la poitrine et devait décéder peu de temps après. Mon parquet a requis une autopsie du corps de la victime, qui sera pratiquée à l'institut médico-légal de Nancy.

À ce stade de l'enquête, il n'est pas encore établi de mobile et les investigations sont en cours pour déterminer les circonstances exactes du tir.

L'auteur présumé du tir était placé en garde à vue peu avant 20H, du chef de meurtre, il était alcooliséL'auteur présumé des violences, sur la jambe du tireur était quant à lui placé en garde à vue peu de temps après.

Je tiens à saluer la mobilisation immédiate et l'engagement exemplaire des militaires de la compagnie de Saint-Dié-des-Vosges, assistés par leurs collègues de la section de recherche de Nancy.

Les faits s'étant déroulés en plein jour, un dimanche soir, de très nombreuses auditions ont déjà été effectuées pour comprendre le déroulement précis de ces faits et de ce qui a pu y conduire.

S'agissant de faits de nature criminelle, faisant encourir à son auteur présumé une peine de 30 ans de réclusion criminelle, s'ils sont qualifiés de meurtre, mon parquet ouvrira à l'issue de la garde à vue en cours, une information judiciaire et un juge d'instruction sera saisi de la poursuite des investigations."

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