Blocages de lycées : dans le Grand Est, Franck Leroy promet « aucune faiblesse » face aux violences

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Alors qu'un nouvel appel national à bloquer lycées et universités est lancé pour ce jeudi 1er octobre, le président de la Région Grand Est réclame à l'État la garantie d'un accès sûr aux établissements et dénonce des incidents d'une gravité inédite.

Publié : 30 septembre 2026 à 18h17 par
De nombreux lycées sont bloqués partout en France et dans le Grand Est
De nombreux lycées sont bloqués partout en France et dans le Grand Est
Crédit : Pixabay - barskefranck

« Chacun doit pouvoir entrer dans son lycée. Sur la violence, il n'y aura aucune faiblesse. » Franck Leroy, président de la Région Grand Est, a choisi des mots sans détour à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation.

Il appelle l'État à assurer partout l'accès aux établissements scolaires et condamne avec la plus grande fermeté les violences, dégradations et intimidations observées ces derniers jours.

Un seuil franchi dans plusieurs lycées de la région

Pour la Région, les incidents ont atteint un niveau préoccupant. Incendies de poubelles, jets de pierres et de projectiles, tirs de mortiers, tentatives d'intrusion, dégradations et agressions contre des personnels ou les forces de l'ordre ont été signalés dans plusieurs établissements du Grand Est.

À Mulhouse, un lycée a dû être fermé pour protéger élèves, personnels et bâtiment.

À Illkirch-Graffenstaden, des individus ont tenté de mettre le feu à des poubelles aux abords immédiats d'un établissement.

À Reims, des tirs de mortiers ont visé un lycée, et une tentative d'intrusion a entraîné la fermeture d'un établissement.

En Meurthe-et-Moselle, des jets de pierres, l'usage d'aérosols enflammés et la découverte d'un cocktail Molotov ont également été rapportés.

« Aucune revendication » ne justifie de telles violences

Pour Franck Leroy, aucune revendication, quelle qu'elle soit, ne peut justifier que des élèves soient empêchés d'accéder à leurs cours, que des personnels soient menacés ou que les lycées, qui « appartiennent à tous », deviennent la cible de violences.

Récupération politique : la Région pointe La France insoumise

Le président de la Région met également en garde contre la récupération politique du mouvement.

Les organisations lycéennes et étudiantes appellent désormais explicitement les organisations politiques à rejoindre la mobilisation, et plusieurs responsables de La France insoumise ont publiquement soutenu l'extension des blocages.

La Région estime que ceux qui encouragent la confrontation ou cherchent à transformer les lycées en lieux d'affrontement portent une responsabilité particulière dans les tensions actuelles.

Un appel à la responsabilité des parents

Franck Leroy s'adresse aussi aux familles.

Face à la multiplication des appels diffusés sur les réseaux sociaux et à la présence, dans certains rassemblements, d'individus extérieurs aux établissements, il les invite à mesurer les risques auxquels leurs enfants, souvent mineurs, peuvent être exposés.

« Un mouvement revendicatif », rappelle-t-il, « ne saurait jamais autoriser la violence, l'incendie ou la destruction de biens publics ».

La Région annonce des plaintes et un soutien aux personnels

La Région Grand Est indique qu'elle continuera de travailler étroitement avec les recteurs, les services de l'État, les chefs d'établissement et les forces de sécurité.

Elle promet son soutien aux personnels confrontés aux violences et annonce qu'elle déposera plainte chaque fois que son patrimoine sera dégradé ou que les circonstances le justifieront.

Nancy : des barricades devant le lycée Loritz

Le mouvement de blocage, parti lundi de lycéens de la région parisienne, s'est étendu mardi à plusieurs centaines d'établissements, en Île-de-France et ailleurs en France. 

Mercredi 30 septembre, il a gagné Nancy. Plusieurs centaines de lycéens se sont rassemblés dès le matin devant le lycée général et technologique Henri Loritz, rue des Jardiniers.

Des barricades composées de barrières, de poubelles et de mobilier urbain ont été dressées devant l'entrée. Les manifestants protestent aussi contre le rythme scolaire et le manque de moyens de certains établissements.

Plusieurs jeunes auraient été interpellés et un important dispositif policier a été déployé aux abords de l'établissement. La veille, des élèves du lycée Louis Lapicque à Épinal avaient aussi tenté un blocage.

Vers de nouvelles journées de mobilisation

L'Union étudiante et l'Union syndicale lycéenne (USL) appellent à « de nouveaux blocages de lycées et d'universités » ce jeudi, puis à une « grande manifestation nationale » mardi 6 octobre. Des appels à se mobiliser circulent sur les réseaux sociaux, et d'autres lycées de la région pourraient être concernés dans la semaine.

Franck Leroy, lui, a fixé sa ligne : « Je veux que la règle soit parfaitement claire : chaque jeune qui veut aller en cours doit pouvoir entrer dans son lycée en sécurité. Nos établissements sont des lieux d'enseignement et d'émancipation, pas des terrains d'affrontement politique. […] La Région protégera ses lycées, ses personnels et son patrimoine. Sur les violences et les dégradations, nous ne laisserons rien passer. »

356 lycées bloqués ce mercredi soir

Le mouvement de blocage des lycées s’étend en France : 356 établissements sont concernés, selon le dernier décompte du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, ce soir. Il fait état de 626 interpellations et de 83 membres des forces de sécurité blessés.

Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, annonce une grande consultation des lycéens à partir de lundi, à travers une plateforme, ainsi que des rencontres avec leurs représentants « dans les prochaines 48 heures ». Trois enquêtes de l’IGPN ont par ailleurs été ouvertes à Sevran, Tours et Saint-Ouen.