Cancers pédiatriques : la course contre la montre de la recherche
Alors que 85 % des jeunes patients guérissent aujourd'hui d'un cancer, cette maladie reste la première cause de décès par maladie chez l'enfant.
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/Ufhbm7hWrE/image/jarmoluk_laboratory_2815641_19201790699598843.jpg)
En ce mois de Septembre en Or, le docteur Marion Lubnau, de l'hôpital d'enfants de Nancy, plaide, à notre micro, pour plus de recherche.
« Il y a encore des possibilités de thérapie nouvelle »
Comment expliquer que le cancer reste la première cause de décès par maladie chez l'enfant, malgré un taux de guérison de 85 % ? Pour le docteur Marion Lubnau, la réponse tient en un mot : la recherche.
« Il faut encore faire de la recherche pour justement encore gagner en termes de survie, en termes de guérison complète », explique-t-elle.
Elle le formule sans détour : « il est encore inacceptable de perdre des enfants d'un cancer, sachant qu'il y a encore des possibilités de thérapie nouvelle, de thérapie ciblée », à condition de pouvoir « financer ces traitements » et « ces essais thérapeutiques ».
Le cancer touche environ 2 500 enfants par an en France. Une réalité que la médecin résume ainsi : « la perte est entendable, mais à mon sens inacceptable ».
Tumeurs cérébrales et hémopathies en tête
À l'hôpital d'enfants de Nancy, « le plus fréquent, ce sont les tumeurs cérébrales », précise le docteur Lubnau, avant de citer les hémopathies, « leucémies » et « lymphomes », en deuxième position.
Le nombre de cas reste globalement stable d'une année sur l'autre, « à quelques centaines près ».
Les types de cancers diagnostiqués évoluent en revanche peu, si ce n'est que « des choses qui, à l'époque, n'étaient pas forcément diagnostiquées, maintenant peuvent l'être plus facilement », notamment grâce au regroupement des connaissances au sein de centres de compétences.
Une recherche qui ne peut pas être calquée sur celle des adultes
Le docteur Lubnau insiste sur une différence fondamentale entre cancers pédiatriques et cancers adultes.
Chez l'enfant, la maladie n'est pas liée au vieillissement cellulaire ni à des facteurs comme le tabac ou l'alcool. « Ce qui se fait en recherche adulte ne s'applique pas chez l'enfant, puisque ce n'est pas histologiquement parlant les mêmes [maladies], mais ça ne se comporte pas du tout de la même façon », résume-t-elle.
Un défi renforcé par la rareté relative des cas : « la recherche, en France, chez les enfants, est très difficile à mettre en place. Il faut beaucoup d'argent, beaucoup de soutien à la fois de l'État, à la fois des associations ».
Et sur le niveau actuel de ce soutien, son constat est net : « il en faudra toujours plus. »
« L'équipe, ce n'est pas juste les médecins, les infirmières »
Pour la médecin, la prise en charge globale des jeunes patients repose avant tout sur le collectif.
« Quand on parle d'une équipe, c'est tous ceux qui gravitent autour de nous et qui nous aident à prendre en charge les patients », détaille-t-elle, citant l'école à l'hôpital, les socio-esthéticiennes, le Rire Médecin ou encore le professeur de sport qui intervient directement dans les chambres. Des intervenants financés « grâce à beaucoup d'associations qui nous soutiennent ».
Un partenariat de plus de 30 ans avec l'AREMIG
Le lien avec l’AREMIG est ancien. Le docteur Lubnau décrit une collaboration à double titre, sur « le soin courant de l'enfant » et sur « les protocoles de recherche de l'équipe de Nancy », avec des rencontres régulières : « on se connaît bien, on se connaît tous, et c'est agréable de pouvoir être avec eux ».
« À quel prix parfois ? »
Interrogée sur les défis à venir, la médecin en cite trois : des traitements « moins toxiques » grâce aux thérapies innovantes, moins d'hospitalisations au profit du domicile, et un travail sur les séquelles à long terme.
Sur ce dernier point, elle tempère la satisfaction de guérir : « on est très heureux de pouvoir les guérir. Mais à quel prix parfois ? » Elle appelle à soutenir des programmes pour apprendre à « se reconstruire » après la maladie, pour les enfants comme pour leurs parents.
« Le cancer de l'enfant existe »
Son message pour Septembre en Or est direct : « Le cancer de l'enfant existe, ça ne touche pas que les adultes, et il faut pouvoir en discuter ».
Elle rappelle que si l'on guérit beaucoup d'enfants, ce n'est pas encore le cas de tous, « par manque d'accès à certaines thérapies », et appelle à « ouvrir vraiment la porte à la recherche ».
/t:r(unknown)/fit-in/300x2000/filters:format(webp)/filters:quality(100)/radios/magnum/images/logo_USmShS5Cv1.png)
/t:r(unknown)/filters:format(webp)/radios/magnum/images/logo_USmShS5Cv1.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/Ufhbm7hWrE/image/810118402_122113602951447552_3988436937257618396_n1790683211932.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/Ufhbm7hWrE/image/technopole_nancy_brabois_1024x682_6a9ec196f38d11790657750570.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/Ufhbm7hWrE/image/medium_public_quartiers_nancy_body_6_137ac449651790657131388.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/Ufhbm7hWrE/image/818353738_1425850266277886_7776176727718810312_n1790666362212.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/Ufhbm7hWrE/image/795385944_2223142231866237_1370568658271858977_n1790657249048.jpg)