Échangeur de Brabois : l'A33 va changer de visage

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Après plusieurs années d'études, le Groupement d'intérêt public Grand Nancy Sud 54 a validé, vendredi 11 septembre, le principe d'aménagement de l'échangeur de Brabois. Une décision unanime qui doit soulager l'un des points de congestion les plus critiques du bassin nancéien, en lien étroit avec le calendrier du nouvel hôpital de Nancy.

Publié : 11h50 par
Échangeur de Brabois : l'A33 va changer de visage
Crédit : Grand Nancy

C'est l'un des goulots d'étranglement les plus connus des automobilistes du Sud Meurthe-et-Moselle. L'échangeur numéro 2 de l'A33, qui donne accès au plateau de Brabois, va enfin faire l'objet d'un réaménagement d'ampleur. Réunis en Assemblée générale à la Préfecture de Meurthe-et-Moselle vendredi 11 septembre, les membres du Groupement d'intérêt public (GIP) Grand Nancy Sud 54 ont validé à l'unanimité le principe de la « solution d'aménagement n°5 », au terme de plusieurs années d'études et de concertation.

Cette même réunion a également été marquée par l'élection d'un nouveau président à la tête du GIP : Valentin Dethou, également président de la communauté de communes du Bassin de Pompey et du Syndicat mixte des mobilités du bassin nancéien.

Une solution pensée pour séparer les flux

Concrètement, la solution retenue prévoit la création de bretelles d'accès direct, dans les deux sens de circulation, vers une nouvelle entrée dédiée au Centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Nancy. L'objectif : scinder les flux de véhicules à destination de l'hôpital de ceux qui desservent le reste du plateau, notamment le technopôle de Brabois.

« Cette distinction des flux, cet éclatement des flux et cette gestion assez différenciée avec ces bretelles dédiées, nous permettent de pouvoir fluidifier au mieux, en termes de projection de hausse de trafic aussi dans les horizons 2030-2040, d'avoir un scénario qui est le plus optimal », explique Valentin Dethou.

Un choix qui répond à une double contrainte : répondre à l'urgence de la congestion actuelle tout en anticipant le développement du plateau, porté à la fois par le CHRU, l'Institut de cancérologie de Lorraine (ICL) et les activités économiques et universitaires du technopôle. Si cette solution a recueilli l'unanimité des partenaires, c'est aussi parce qu'elle s'appuie majoritairement sur les emprises foncières existantes et limite fortement l'impact sur les espaces forestiers protégés environnants, contrairement à d'autres scénarios étudiés en amont.

Valentin Dethou, tout juste élu président du GIP, revient sur cette solution retenue
Crédit : Des propos recueillis par Juliette Schang

Un calendrier à caler sur celui du nouvel hôpital

L'aménagement de l'échangeur ne se conçoit pas indépendamment du projet de nouvel hôpital de Nancy, porté par le CHRU, qui reste le principal moteur de mobilité du secteur. Or les deux calendriers ne coïncident pas parfaitement. « L'horizon du nouvel hôpital c'est horizon début 2030-2031. Ces solutions d'aménagement là, notre solution d'aménagement, coïnciderait à 2033-2035 », précise Valentin Dethou, qui reconnaît « un enjeu de proximité de calendrier pour justement permettre d'absorber les flux au même moment où l'hôpital montera en puissance au début des années 2030 ».

Un décalage de deux à quatre ans que le GIP devra donc anticiper, sans attendre l'achèvement des travaux de l'échangeur pour que la montée en charge de l'hôpital ne vienne aggraver la situation actuelle.

Les deux chantiers ne seront pas menés en même temps selon Valentin Dethou
Crédit : Des propos recueillis par Juliette Schang

Cars express : une pièce encore à ajuster

Le projet ne se limite pas à la seule circulation automobile. Le GIP travaille également, en lien avec la Région Grand Est, à l'intégration de voies réservées pour de futures lignes de cars express, dans le cadre du schéma express régional métropolitain (SERM) porté par la Région. « Il nous faut maintenant regarder la connexion des cars express au plateau, notamment sur les voies réservées qui permettront de desservir le plateau, et également, une fois arrivé sur le plateau, la question du point d'intermodalité de ces lignes », détaille le président du GIP.

Ce volet fait partie des études complémentaires que le Groupement doit finaliser d'ici la fin de l'année, aux côtés d'éléments de conformité réglementaire liés aux normes autoroutières. Des données indispensables pour la Région Grand Est, qui a confirmé assurer la maîtrise d'ouvrage de l'opération en tant que gestionnaire de l'A33.

Valentin Dethou sur les cars express
Crédit : Des propos recueillis par Juliette Schang

Un projet à un milliard d'euros

Au-delà de l'échangeur lui-même, c'est tout un pan du développement du Sud 54 qui se joue à Brabois. En intégrant le nouvel hôpital de Nancy, l'Institut de cancérologie de Lorraine et l'ensemble des aménagements routiers nécessaires, l'investissement global projeté sur le plateau représente environ un milliard d'euros sur les dix prochaines années.

De quoi justifier, pour Valentin Dethou, l'attente des habitants du secteur : « On commence maintenant à figer une orientation, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. La région s'est positionnée comme maître d'ouvrage, donc on commence à rentrer sur des phases clairement préopérationnelles. » Le président du GIP y voit le signe d'un partenariat solide entre les collectivités du territoire : « Cette unanimité à l'Assemblée générale est révélatrice de ce partenariat très fort qui existe entre tous les acteurs concernés par le dossier. »

Le message à la population de Valentin Dethou
Crédit : Des propos recueillis par Juliette Schang

Prochaine étape : les études opérationnelles

Les études complémentaires, portant notamment sur la localisation définitive de la nouvelle entrée du CHRU et l'insertion des voies pour cars express, doivent être transmises à la Région Grand Est sous deux mois. Objectif : permettre l'engagement des études opérationnelles de maîtrise d'œuvre d'ici la fin de l'année 2026, voire début 2027, une étape charnière avant le lancement effectif du chantier.