Gazole, budget, lycées : les annonces du Premier ministre
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Dans une allocution télévisée d'une quinzaine de minutes depuis Matignon ce mercredi soir, Sébastien Lecornu a annoncé la libération de 10 millions de barils de gazole, promis des décisions sur les lycées « fin octobre » et appelé le Parlement à « donner un budget au pays ».
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Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a pris la parole mercredi soir depuis Matignon à propos de la « situation difficile » dans laquelle se trouve le pays, alors que plusieurs crises s'enchevêtrent.
Il en « appelle clairement à l'unité » des Français et du pays, après avoir dit comprendre « la fatigue de celles et ceux qu'à peine une difficulté surmontée, une autre se présente ».
Carburants : 10 millions de barils de gazole mis sur le marché
Face à la crise des carburants, le chef du gouvernement a annoncé que 10 millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques français seraient mis à la disposition des distributeurs, sur une période de trois mois.
Ce gazole, acheté avant la flambée des cours, sera cédé au prix de revient, ce qui doit permettre, selon lui, de faire baisser « mécaniquement » les prix à la pompe, dans un ordre de grandeur de 12 à 18 centimes par litre.
Sébastien Lecornu a justifié ce choix en estimant que l'État « ne peut pas rouvrir les mêmes dépenses à chaque crise ». Il a indiqué qu'il réunirait les distributeurs à Matignon « dans les tout prochains jours ».
Électricité : « Le prix ne doit pas augmenter cet hiver »
Le Premier ministre a affirmé que le prix de l'électricité ne devait pas augmenter cet hiver et que le gouvernement prendrait « les décisions nécessaires pour le tenir ».
Il a demandé à EDF de mobiliser au maximum ses capacités de production, dans le respect des exigences de sûreté, et a annoncé qu'il reviendrait prochainement sur le sujet.
Lycées : « La colère des jeunes ne vient pas de nulle part »
Alors que les manifestations lycéennes s'accompagnent de violences urbaines en marge dans plusieurs villes, Sébastien Lecornu a condamné ces violences ainsi que les formations politiques qui, selon lui, les attisent.
Il a toutefois estimé que « la colère des jeunes ne vient pas de nulle part », rappelant que cette génération avait grandi pendant le Covid avant d'être confrontée aux guerres, au changement climatique et « parfois à leur proches en difficulté ». Il leur demande de « choisir leur orientation et de regarder l’avenir avec confiance ».
Le gouvernement a ouvert cinq chantiers, portant notamment sur l'état des locaux, le remplacement des professeurs et Parcoursup. Ses premières conclusions seront présentées fin octobre.
La plateforme Agora, ouverte pour recueillir la parole des lycéens, a déjà reçu plus de 40 000 contributions. Le Premier ministre a par ailleurs souligné que le budget de l'Éducation nationale figurait parmi les rares « en hausse ».
Sur le maintien de l'ordre, il a assuré que les forces de l'ordre « n'ont pas pour instruction d'affronter les lycéens » et doivent agir de manière proportionnée « dans un contexte souvent très difficile ».
Agriculture : de nouvelles mesures annoncées jeudi
Évoquant une situation « inédite », avec « des milliers d'exploitations en péril », Sébastien Lecornu a déclaré qu'il fallait « permettre aux exploitations françaises de tenir et de préparer la suite ».
La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, doit présenter de nouvelles mesures jeudi au Sommet de l'élevage, à Cournon. Elles ont été, selon le Premier ministre, « discutées avec l'ensemble des organisations syndicales », en complément du plan d'urgence annoncé début septembre.
Budget : un appel à la responsabilité du Parlement
Le Premier ministre a défendu un budget « de stabilité fiscale », qui propose un plan d'économies de 54 milliards d'euros et demande des efforts à tous, avec un État exemplaire. L'objectif est de ramener le déficit public à 5 % en 2027, « pas davantage ». Les moyens d'y parvenir seront discutés cet automne.
Constatant la hausse mécanique de certaines dépenses ; comme les retraites, la santé, le social ; il a averti qu'adopter un budget après la présidentielle « fragiliserait considérablement le pays ». « C'est la responsabilité du Parlement de donner un budget au pays », a-t-il insisté, en appelant « au patriotisme de chacun » pour parvenir aux compromis nécessaires.
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