Incendie criminel de Neuves-Maisons : six personnes mises en examen

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Six personnes, âgées de 15 à 23 ans, ont été mises en examen dans l'affaire de l'incendie criminel à Neuves-Maisons. Cinq personnes ont péri lors de ce sinistre dramatique. 

Publié : 9 janvier 2026 à 19h18 par
Le procureur de la République de Nancy a tenu un point presse ce vendredi
Le procureur de la République de Nancy a tenu un point presse ce vendredi
Crédit : Zoé Thomas - MLR

Meurtre et tentative de meurtre en bande organisée

Les chefs retenus sont "meurtre et tentative de meurtre en bande organisée".

Les commanditaires présumés de l'incendie, codétenus au moment des faits, ont été placés vendredi en détention provisoire.

Un des deux hommes a des liens judiciaires avec le rescapé de l'incendie pour trafic de stupéfiants.

Deux mineurs de 17 ans en détention provisoire

Deux autres mineurs de 17 ans, soupçonnés d'avoir déclenché l'incendie et conduit le véhicule de Châlons-en-Champagne à Neuves-Maisons, ont eux aussi été placés en détention provisoire.

Des précisions du procureur de Nancy

François Capin-Dulhoste, le procureur de la République de Nancy, a donné plus de précisions sur les avancées de l'enquête ce vendredi après-midi.

"Les enquêteurs ont interpellé quatre individus à Châlons-en-Champagne les 15 et 17 décembre derniers : un homme de 21 ans, deux mineurs de 17 ans et un mineur de 15 ans soupçonnés d'être impliqués dans cet incendie. Les enquêtes ont permis de démontrer que les trois mineurs se sont rendus en voiture à Neuves-Maisons dans la nuit du 29 au 30 novembre. L'un d'entre eux a pénétré dans l'immeuble où résidaient les victimes et a aspergé les lieux d'essence avant d'y mettre le feu. Il a ensuite rejoint les deux autres mineurs avant de retourner avec eux à Châlons-en-Champagne.

À l'issue de leur garde à vue, les quatre suspects ont été présentés le 18 décembre devant le juge d'instruction qui les a mis en examen des chefs de meurtre en bande organisée et de tentative de meurtre en bande organisée. Un des deux mineurs de 17 ans a reconnu avoir déclenché l'incendie. Son casier judiciaire porte la trace de deux condamnations prononcées par le tribunal pour enfants de Châlons-en-Champagne pour des faits de violence aggravée. L'autre mineur de 17 ans a reconnu avoir conduit le véhicule à l'aller comme au retour. Son casier judiciaire est vierge. Ces deux mineurs ont été placés en détention provisoire le 18 décembre.

Le majeur et le mineur de 15 ans ont, eux, été placés sous contrôle judiciaire. Leur rôle exact reste à déterminer."

Le procureur de la République de Nancy, François Capin-Dulhoste

Deux commanditaires prés de l'incendie

L'enquête a également permis d'identifier un détenu originaire de Châlons-en-Champagne, comme les quatre premiers mis en examen, soupçonné d'avoir, lui, organisé l'incendie.

"Cet homme de 21 ans a déjà été condamné par trois fois depuis 2022 essentiellement pour des faits de violence aggravée. Il purge actuellement une peine de cinq ans d'emprisonnement prononcée par le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne. Ce détenu partageait, à l'époque, la cellule d'un autre individu, demeurant en Meurthe-et-Moselle, mis en examen à Nancy en 2024 pour trafic de stupéfiants, dans la "Même procédure que la victime rescapée de l'incendie. Ce deuxième détenu, âgé de 23 ans, demeurant dans l'agglomération de Nancy, a déjà été condamné pour trafic de stupéfiants par notre tribunal correctionnel. Il purge une peine de cinq ans d'emprisonnement pour violences avec armes et violences en réunion le 11 juillet dernier", précise François Capin-Dulhoste, le procureur de la République de Nancy.

20 enquêteurs mobilisés

Le Colonel Thibaud Fritz, commandant de la section de recherche de Nancy, était également présent. Il a développé les moyens mis à disposition pour l'enquête et à retracer les investigations : "Le caractère criminel a été très rapidement mis en lumière par l'intervention des techniciens en investigation criminelle, d'un expert incendie, l'intervention d'un chien de la Gendarmerie spécialisé dans la recherche de produits accélérants et par les expertises de l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale. Une information judiciaire a alors été ouverte dès le 3 décembre par M. le Procureur de la République de Nancy. Un groupe de travail de 20 enquêteurs de la section de recherche de Nancy et du groupement de gendarmerie départementale de la Meurthe-et-Moselle a été créé, travaillant sans relâche pour exploiter tous les indices laissés par les auteurs.

Les investigations, couplées à l'exploitation des images de vidéoprotection de la commune [NDRL : de Neuves-Maisons], ont permis de rapidement identifier l'incendiaire et trois de ses complices. Les quatre interpellations ont eu lieu à Châlons-en-Champagne et Vitry-le-François les 15 et 17 décembre dernier, avec l'appui des gendarmes du groupement de la Marne et du peloton de surveillance et de protection de la gendarmerie de Nogent-sur-Seine. La poursuite des investigations a alors permis de mettre en évidence l'existence des deux commanditaires présumés codétenus à l'époque des faits et placés en garde à vue ce 6 janvier."

Le colonel de gendarmerie Thibaud Fritz