Les médecins libéraux en grève jusqu'au 15 janvier
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Six syndicats représentatifs des praticiens libéraux, ainsi que plusieurs organisations de jeunes médecins et internes, appellent à la mobilisation pour alerter sur les difficultés croissantes de la médecine de ville.
Pour Xavier Grang, président du syndicat MG France en Meurthe-et-Moselle, les inquiétudes sont multiples. "Même si l’ONDAM a été rehaussé, il n’est pas à la hauteur des besoins pour assurer une santé de qualité à tous les Français", explique-t-il. Selon lui, les investissements sont massifs pour l’économie ou l’armée, mais insuffisants pour la médecine de proximité, pourtant essentielle pour prévenir l’engorgement des hôpitaux.
La liberté de prescription et le dossier médical partagé au cœur des critiques
Les syndicats dénoncent notamment les projets de loi relatifs à la fraude, qui pourraient entraîner des sanctions financières pour les médecins prescrivant plus d’arrêts maladie que la moyenne. "On met tous les médecins dans le même panier, comme si nous étions des fraudeurs, alors que chaque arrêt médical est justifié par la pathologie du patient", dénonce Xavier Grang. Selon lui, cette "mise sous objectif" menace directement la liberté de prescription et pourrait pousser à une sous-prescription, au détriment des patients.
Le dossier médical partagé (DMP), outil destiné à faciliter l’accès aux données de santé des patients, est également au centre des critiques. Jugé "peu ergonomique et d’une utilité limitée", il a donné lieu à l’instauration, supprimée par le Conseil constitutionnel, de sanctions financières contre les praticiens qui ne l’utilisent pas.
Franchises et accès aux soins : des patients déjà fragilisés
Les médecins s’inquiètent également de l’augmentation possible des franchises médicales, qui pourraient passer de 2 à 4 euros, et de la complexité accrue des remboursements pour certains soins. Pour Xavier Grang, ces mesures risquent de limiter l’accès aux soins, notamment pour les jeunes parents, les retraités et les patients chroniques. "Dans nos cabinets, on voit déjà des patients réfléchir entre se soigner, se nourrir ou se chauffer", alerte-t-il.
Le projet de loi de financement laisse aussi la porte ouverte à une "baisse autoritaire" des tarifs de certains actes par la Caisse nationale d’assurance maladie, sans concertation. Une mesure qui inquiète pour la viabilité économique des cabinets et pour les investissements nécessaires au maintien de l’accès aux soins.
Une mobilisation plurisyndicale et nationale
Selon Franck Devulder, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), la grève s’annonce "très suivie", avec plus de 15 000 médecins déjà inscrits sur la plateforme dédiée. "En attaquant la médecine libérale, celle qui réalise 2 millions de consultations par jour, c’est l’accès aux soins de millions de Français qui est en danger", souligne-t-il.
La mobilisation prendra différentes formes : fermeture des cabinets, arrêts partiels, et manifestations, notamment à Paris le samedi 10 janvier. Le syndicat MG France appelle à ce que chaque praticien agisse selon ses possibilités pour montrer ce qu’implique une médecine sans médecins.
Un message pour les jeunes médecins
Les syndicats tiennent à rassurer les jeunes médecins et étudiants en médecine : la profession doit rester attractive et valoriser le sens de l’accompagnement des patients. "Il faut que les jeunes puissent exercer dans de bonnes conditions, sans subir des sanctions financières arbitraires et un système maltraitant", insiste Xavier Grang.
Face à ce mouvement historique, le gouvernement reste attentif. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a rappelé que "aucune réforme durable ne se fera sans vous, ni contre vous", tout en promettant d’améliorer le DMP et de ne pas recourir à la baisse autoritaire des tarifs tant qu’elle est en poste.
La grève des médecins libéraux illustre une tension profonde entre le gouvernement et la médecine de ville, alors que la France s’interroge sur l’accès aux soins dans un contexte de budgets contraints et de complexité administrative croissante.
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