Remiremont : Andréa Bescond donne le ton du premier Festival du Film d’Émotions

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Le jury, composé de cinq personnalités du cinéma, devra trancher et décerner un prix à un des six longs métrages en compétition.

Publié : 6 novembre 2026 à 20h39 par
Andréa Bescond est la présidente du jury de cette première édition du festival romarimontain.
Andréa Bescond est la présidente du jury de cette première édition du festival romarimontain.
Crédit : Zoé Thomas - MLR

La première édition du Festival du Film d’Émotions de Remiremont s’est lancée hier avec la cérémonie d’ouverture et la diffusion du film « L’Affaire Marie-Claire » coréalisé par Lauriane Escaffre et Yvo Muller (présent sur place) qui parle de ce procès historique pour le droit à l’avortement mené notamment par Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg à l’écran.

Le film est projeté en salle depuis ce mercredi 4 novembre. Mais avant cette cérémonie réussie - la salle était pleine -, le jury et sa présidente, Andréa Bescond, se sont présentés à la presse dans l’après-midi.

La comédienne, réalisatrice, scénariste et autrice de la pièce de théâtre « Les Chatouilles ou la danse de la colère » adaptée en film « Les Chatouilles », s’est confiée à notre micro sur ce que les émotions représentent pour elle, au quotidien comme dans les films et ses productions. Une conversation ponctuée de rires francs et d’émotions.

Devenir présidente d’un jury est toujours « un peu flatteur »

Pour Andréa Bescond, devenir présidente du jury d’un festival est toujours « un peu flatteur ». « C’est valorisant et ça fait toujours plaisir », poursuit-elle. Si elle a accepté celui-ci, c’est aussi grâce à Jean-Charles Cotaux, président de Passeurs d’Émotions, l’association à l’initiative de l’événement et chargée de son organisation : « J’ai décelé chez Jean-Charles une vraie volonté de créer un événement. »

« Je trouve toujours très agréable quand on nous appelle pour dire : “Ce serait super que vous participiez à cette première édition, et d’autant plus en tant que présidente du jury.” »

Un festival centré sur l’émotion donc. Andréa Bescond n’en manque pas. Elle trouve « très émouvant de voir des dizaines et des dizaines de personnes se mobiliser dans un but commun ». Un projet nécessaire selon la réalisatrice « dans cette société actuelle assez maltraitante ».

« Voir des humains qui avancent dans la même direction, je dis oui ! »

« Mettre une belle ambiance »

Quel rôle pour une présidente de jury ? Andréa Bescond y voit une vraie responsabilité : « En tant que présidente du jury, tu donnes quand même le ton. » Elle le dit sans détour : « Si t’es complètement snob, forcément c’est froid. Moi, ce n’est pas mon cas, je l’espère du moins, j’aime beaucoup parler avec les gens. »

Son objectif est de faire en sorte que son jury se sente bien, et que les débats, qui pourront durer « de belles minutes voire heures », se déroulent dans une communication « extrêmement bienveillante », envers eux-mêmes, envers les personnes qui ont fabriqué les films et envers celles qui les ont sélectionnés. Elle veut que, pendant ces quelques jours, tout le monde soit « juste extrêmement heureux d’être tous ensemble ». Elle connaît peu les Vosges et se dit ravie d’y être, dans un hôtel qu’elle juge « absolument magistral » (NDLR : le jury est logé à l’hôtel romarimontain Le Chapître).

« Je me sens heureuse d’avoir été choisie »

« Je suis quelqu’un d’assez émotif »

Artiste engagée, connue pour ses prises de parole et ses posts noirs à écriture blanche sur les réseaux sociaux, Andréa Bescond se décrit comme « quelqu’un d’assez émotif ». « Principalement, je ris beaucoup. Je peux aussi beaucoup pleurer, mais je pleure aussi beaucoup de joie », explique-t-elle.

Elle reconnaît vivre ses émotions « de manière relativement exacerbée » et raconte que ses amis la trouvent souvent « un peu intense », sans qu’elle sache trop comment le prendre. Une anecdote qu’elle nous confie dans un rire franc.

Sa philosophie est claire : « C’est court, la vie. Chaque seconde compte. » Chaque matin comme chaque soir, elle se rappelle que « ça peut s’arrêter », et aborde ses journées avec enthousiasme : « De toute évidence, j’aime l’émotion. »

« J’aime bien bousculer »

Comment l’émotion se traduit-elle dans ses films, ses seuls en scène ou ses publications sur Instagram ? « J’aime bien bousculer », répond-elle. Andréa Bescond se range parmi ceux qui aiment « bousculer un peu les codes » et ne pas être « tout à fait lisse », en restant toujours connectée à une « totale intégrité ».

Elle revendique aussi l’humilité et l’écoute vis-à-vis du fonctionnement social et de la pensée : « Je pense pouvoir tout entendre. » Peu susceptible, elle apprécie même « un peu de conflits » tant qu’il existe « une bienveillance et un respect commun ». Les avis divergents lui semblent essentiels : « c’est mon rapport à la vie ».

« J'aime beaucoup avoir l'esprit critique et avoir quelqu'un en face de moi qui l’adopte aussi »

Une présidente du jury en attente de sincérité…

Ce qu’elle attend des films en compétition ? « De la sincérité. » Andréa Bescond se doute que les six longs métrages en lice sont de qualité, puisqu’ils ont été choisis parmi de nombreux autres. Mais elle rappelle que primer un film reste « toujours quelque chose de subjectif ». « Ça dépend de ce qu’on traverse, du groupe qu’on est », complète-t-elle.

Un point fait toutefois consensus au sein du jury : il s’agit d’un festival de l’émotion. « On va aller vers le film qui nous aura le plus fait vibrer, je pense. »

… qui se laisse guider et porter

Y a-t-il un film qu’elle a particulièrement envie de découvrir ? Sa réponse surprend : « Je ne regarde jamais les programmations avant de venir dans un festival. » Elle regarde même à peine qui y participe. Elle préfère découvrir sur le moment, dès son arrivée à la gare, et ce choix est « tout à fait conscient ».

La raison est simple. Maman solo de deux adolescents, elle évolue dans un quotidien où elle doit tout contrôler. Alors, au festival, elle savoure l’idée d’être prise par la main : « On t’emmène au resto, on t’emmène dans cette salle de cinéma. Qu’est-ce que je vais voir ? Ce n’est pas grave. Je vais juste voir. »

Elle conclut l’entretien par des remerciements à Jean-Charles Cotaux pour sa « motivation » et sa « passion », ainsi que pour cet « amour inconditionnel du cinéma et des humains ».

Elle lance enfin un appel aux Vosgiens : « venez participer à cette première édition ! ». Pour elle, le cinéma « fait réfléchir », il est « social », « politique », « humain ».

« On a besoin d’ouvrir nos perspectives, de réfléchir tous ensemble. Être réunis dans une salle obscure, rire en même temps, pleurer en même temps, débattre à l’issue des projections, c’est absolument nécessaire »

 

Le Festival du Film d’Émotions de Remiremont se poursuit jusqu’à dimanche. Les projections ont lieu au cinéma Le Majestic, à Remiremont, mais aussi au Val-d’Ajol, à Vagney, à La Bresse, au Thillot et à Plombières-les-Bains. Programme et réservations sur le site du festival.

Andréa Bescond s’est confiée sur les émotions de son quotidien et de ses films.
Crédit : Des propos recueillis par Zoé Thomas