Stocks stratégiques de pétrole : l’État libère 10 millions de barils de gazole pour faire baisser les prix à la pompe

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Face à la flambée des carburants, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé mercredi 7 octobre la libération de 10 millions de barils de gazole issus des réserves stratégiques françaises. Selon le gouvernement, cette mesure doit entraîner une baisse de 12 à 18 centimes par litre dans les semaines à venir. Seul le gazole est concerné.

Publié : 8h25 par
Stocks stratégiques de pétrole : l’État libère 10 millions de barils de gazole

Le gouvernement active ses réserves. Mercredi 7 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la libération de 10 millions de barils de gazole, prélevés sur les stocks stratégiques du pays.

Ce gazole, acheté avant la flambée des cours, sera mis à disposition au prix de revient. Il doit permettre, selon le chef du gouvernement, de faire baisser mécaniquement les prix à la pompe dans une fourchette de 12 à 18 centimes par litre.

Un stock important, dont la moitié en diesel

Selon le ministre de l’Économie, Roland Lescure, la France dispose de 100 millions de barils en réserve, soit 118 jours d’importation de pétrole. Le diesel en représente la moitié, soit 50 millions de barils.

La consommation française de diesel sur trois mois s’élève à 54 millions de barils : les 10 millions libérés équivalent donc à environ 20 % de cette consommation. La ministre chargée de l’Énergie, Maud Bregeon, assure que cela n’affecte pas la sécurité d’approvisionnement du pays.

Ces réserves sont réparties sur 89 sites : 80 dépôts commerciaux, huit raffineries et un site de cavités salines souterraines. Une grande partie est stockée sous terre, notamment à Manosque, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Des stocks privés, mais décidés par l’État

Les stocks sont principalement gérés par la Sagess, une société détenue par les opérateurs pétroliers, dont TotalEnergies, Shell France ou la Siplec, filiale du groupe Leclerc.

Le système repose sur une obligation qui pèse sur les distributeurs, fixée par l’État à 29,5 % des mises à la consommation de l’année précédente.

Son coût est supporté par ces distributeurs, sans incidence sur le budget de l’État. Mais en cas de crise, la mise à disposition des stocks se fait sur injonction des pouvoirs publics : ils sont donc privés dans leur propriété et leur financement, mais publics dans leur usage.

Pourquoi les prix devraient baisser

« Nous allons libérer ces 10 millions de barils à un prix d’achat antérieur à la crise, donc bien moins cher que les prix du marché », a expliqué Maud Bregeon sur franceinfo. En augmentant la quantité de gazole disponible à un coût plus faible, les tensions sur le marché devraient s’atténuer.

La ministre promet que l’ensemble des stations seront bénéficiaires de la mesure. Jeudi 8 octobre, le gazole se vendait en moyenne 2,348 euros le litre en France, en baisse.

Seul le gazole est concerné, car l’accord international de libération de 100 millions de barils repose sur le diesel. C’est sur ce carburant que les prix sont les plus élevés, et que se concentrent les principales tensions, notamment sur le raffinage.

Une mesure qui n’est pas inédite

En mars, Emmanuel Macron avait déjà annoncé le déblocage de 14,5 millions de barils, dans le cadre d’une opération menée par 32 pays pour un total de 400 millions de barils, la plus importante du genre.

Selon l’Agence internationale de l’énergie, près de 325 millions de barils ont été libérés début octobre. En 2022, après le début de la guerre en Ukraine, 185 millions de barils avaient été débloqués collectivement, dont 7,5 millions par la France.

Avant cela, les stocks stratégiques mondiaux n’avaient été sollicités qu’une poignée de fois : en 1991 lors de la guerre du Golfe, en 2005 après l’ouragan Katrina, en 2011 pendant la guerre en Libye et en 2021 face à la flambée des prix post-Covid.