TÉLÉPHONE - CENDRILLON

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TÉLÉPHONE - CENDRILLON

Publié : 19 janvier 2026 à 11h50 par
TÉLÉPHONE

Toronto, mars 1982. Louis Bertignac compose une mélodie rapide basée sur quatre accords, tonalité très aiguë. Le texte ? D'abord Mickey, Goldorak, tous les héros de dessins animés qui finissent dans la dope. Puis Romy Schneider meurt. Le 29 mai 1982, 43 ans, tragique. Louis efface tout. Ne garde que Cendrillon.

Louis Bertignac était obsédé par Romy Schneider depuis l'enfance. Cette princesse Sissi devenue icône tragique, c'était pour lui la vraie Cendrillon moderne : celle qui ne finit pas bien. Cette voix qui raconte trois âges de la vie : vingt ans, l'amour naïf qui durera toute la vie. Trente ans, le mari parti, les enfants enlevés, la solitude absolue. Quarante ans, prostituée, droguée, morte d'une overdose dans l'ambulance qui tentait de la sauver.

C'est la seule chanson de Téléphone composée, écrite ET chantée entièrement par Louis Bertignac. Corine Marienneau, la bassiste, a longtemps cru qu'il l'avait écrite pour elle. Non. C'était pour Romy. Pour toutes les princesses déchues. Pour montrer que la vie n'est pas un conte de fées.

Juin 1982. L'album "Dure Limite" sort et occupe la première place pendant sept semaines. Plus de 400 000 exemplaires vendus. En octobre, Louis se casse la clavicule en chahutant avec Richard Kolinka avant un concert à Montpellier. La tournée est décalée de deux semaines. Pendant qu'il est cloué dans un lit d'hôpital, on lui annonce que "Cendrillon" a été choisie comme single et adoptée par Air France. L'ironie totale : immobilisé au moment où sa chanson s'envole.

Le titre devient instantanément un classique, repris en parodie par Les Bidochons sous le nom "Cendrier" en 1997.

"Cendrillon" reste au répertoire de chaque concert depuis quarante-trois ans. L'histoire d'un anti-conte de fées inspiré par une actrice morte trop jeune, devenu l'un des plus beaux morceaux du rock français.