Nancy : après la mort d’un étudiant, la fac de médecine veut en finir avec les soirées « open bar »
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Quatre mesures concrètes, une volonté de reprendre le contrôle des soirées étudiantes et une réflexion plus large sur la santé mentale des étudiants. Quelques mois après la mort d’un étudiant de 19 ans à la sortie d’une soirée alcoolisée, la faculté de médecine de Nancy veut profondément encadrer l’organisation des fêtes étudiantes. Le doyen, le professeur Zuily, assume un changement de cap pour mettre fin aux excès.
Dans la nuit du 19 au 20 novembre dernier, un étudiant avait quitté une soirée festive organisée par une association étudiante. Après avoir beaucoup bu, il s’était engagé à pied sur l’A33 avant d’être percuté par un véhicule. Le drame a profondément marqué la communauté universitaire et accéléré une réflexion déjà engagée sur les dérives de certaines soirées.
« Nous avons une responsabilité collective. Ce qui nous est arrivé doit servir à l’ensemble de la communauté universitaire », affirme le professeur Zuily. Depuis plusieurs mois, la faculté travaille avec les associations étudiantes pour établir un nouveau cadre. L’objectif n’est pas de supprimer la vie festive, mais de mettre fin aux pratiques jugées dangereuses.
Une charte universitaire durcie
Première évolution : la charte des associations de l’Université de Lorraine est renforcée. Ce document, qui encadre les activités des organisations étudiantes, rend les règles plus explicites et plus contraignantes. Jusqu’ici, cette charte rappelait un certain nombre de principes généraux. Désormais, les obligations sont formalisées dans un règlement que les associations devront signer.
La réforme ne concerne pas seulement la faculté de médecine mais l’ensemble de l’université et ses quelque 60 000 étudiants. Elle doit être validée dans les instances universitaires afin d’unifier les règles à l’échelle de l’établissement.
Des règlements intérieurs exigés pour chaque association
Au-delà de ce cadre général, la faculté demande désormais à chacune des associations étudiantes de rédiger un règlement intérieur détaillant les mesures concrètes mises en place pour limiter les excès lors des soirées. Pour le professeur Zuily, les bonnes intentions ne suffisent plus. « La charte dit qu’il faut lutter contre l’utilisation abusive d’alcool. Très bien, cela donne l’objectif. Mais ce qui m’intéresse, c’est comment les associations vont le faire concrètement », insiste-t-il. Les organisations étudiantes devront donc indiquer précisément les dispositifs envisagés : limitation de la vente d’alcool, arrêt du service à certaines heures, vente uniquement au verre et non plus à la bouteille, mise en avant de boissons sans alcool ou encore mise en place de systèmes de raccompagnement pour les étudiants en difficulté.
D’autres idées sont également évoquées, comme la création de bracelets offrant un tarif préférentiel pour les boissons sans alcool ou l’organisation de soirées sans alcool. Les associations avaient jusqu’au 13 mars pour remettre leur règlement intérieur. Tant que ces documents ne seront pas validés, aucune soirée ne pourra être organisée.
Déclarer toutes les soirées, même hors campus
Troisième changement majeur : la déclaration systématique de tous les événements festifs. Dans le passé, cette obligation existait déjà mais elle n’était pas toujours respectée. Certaines soirées pouvaient être organisées sans que la faculté en ait connaissance. « Beaucoup d’événements pouvaient ne pas être déclarés officiellement », reconnaît le doyen. Désormais, toute soirée organisée par une association devra être signalée à l’université, qu’elle ait lieu sur le campus ou dans un bar ou une salle extérieure. Cette mesure vise à éviter qu’une situation similaire à celle de novembre se reproduise. La soirée à laquelle participait l’étudiant décédé n’avait pas été déclarée officiellement à la faculté. À l’avenir, une association qui organiserait un événement sans déclaration préalable pourrait perdre son autorisation.
Des sanctions en cas de dérive
La faculté n’exclut pas de sanctionner les associations qui ne respecteraient pas leurs engagements. Si des règles ne sont pas appliquées ou si des événements sont organisés en dehors du cadre fixé, la faculté pourra retirer le label universitaire de l’association concernée. Une délabellisation aurait des conséquences importantes : l’organisation ne serait plus reconnue par l’université et perdrait tout soutien financier. « Ce n’est pas ce que je souhaite, mais nous n’aurons pas d’autre choix si des déviances persistent », prévient le professeur Zuily.
Il insiste toutefois sur le fait que ces mesures sont élaborées en concertation avec les étudiants. « Nous faisons ce travail avec les associations et pas contre elles », assure-t-il.
Vers une responsabilité individuelle des étudiants
La faculté souhaite également ouvrir une réflexion plus large sur la responsabilité personnelle des étudiants. Aujourd’hui, les associations sont encadrées par des chartes mais les étudiants, individuellement, ne signent aucun engagement particulier lorsqu’ils s’inscrivent à l’université. Le doyen souhaite donc réfléchir à la création d’un document rappelant les droits et devoirs des étudiants. « Une fois que les règles du jeu sont connues, on peut plus facilement intervenir lorsqu’il y a des comportements déviants », explique-t-il. Cette réflexion pourrait aboutir à un engagement moral signé par les étudiants lors de leur inscription.
L’alcool, seulement la partie visible du problème
Pour la faculté, la question des soirées alcoolisées n’est qu’une partie d’un problème plus large. Le professeur Zuily évoque également d’autres enjeux : la consommation de substances psychoactives, les violences sexistes et sexuelles, mais aussi la solitude et la précarité étudiante. « L’alcool est la partie émergée de l’iceberg », estime-t-il. Selon lui, les excès observés lors de certaines soirées peuvent parfois traduire un mal-être plus profond. « Un étudiant isolé, fragile sur le plan de la santé mentale ou en situation de précarité est plus exposé à ce type de comportements », explique-t-il.
La faculté souhaite donc développer une approche plus globale, en lien avec les services de santé universitaire.
La fin des open bars
Une décision est en revanche déjà actée : les soirées open bar ne seront plus tolérées. « Un open bar, c’est terminé », tranche le doyen. Ces soirées, où l’on peut boire sans limite après avoir payé une entrée, sont d’ailleurs interdites par la loi. Pour la faculté, il s’agit d’un premier pas vers une transformation plus large de la vie étudiante. « Notre objectif n’est pas d’empêcher les étudiants de faire la fête », insiste le professeur Zuily. « Mais de faire en sorte qu’ils puissent profiter de leur vie universitaire sans mettre leur santé ou leur sécurité en danger. »
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