Temps d'écran : 63 % des habitants du Grand Est estiment y passer trop de temps
Streaming, réseaux sociaux, musique, télétravail… Les écrans rythment le quotidien des habitants du Grand Est, au point que près de sept sur dix jugent en faire trop. C'est ce que révèle une étude menée en mai 2026 par Spliiit, une plateforme d'abonnements partagés. Son fondateur, Jonathan Lalinec, a répondu à Magnum La Radio.
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Selon l'étude, 40 % des habitants de la région passent plus de 6 heures par jour devant un écran, et 19 % des répondants disent que leur temps d'écran a augmenté ces dernières années. Le smartphone est l'écran principal pour 48 % des sondés, devant l'ordinateur (39 %) et la télévision (11 %). Au total, 63 % des habitants du Grand Est considèrent passer trop de temps devant leurs écrans.
Pour Jonathan Lalinec, ce chiffre ne le surprend pas : « Ça confirme un peu ce que j'avais en tête. » Ce qui l'a davantage étonné, c'est la hiérarchie des usages. Le streaming vidéo arrive largement en tête (84 %), devant les réseaux sociaux (71 %), le travail ou les études (64 %), la musique et les podcasts (55 %) et les jeux vidéo (47 %). « J'ai tendance à voir plus de personnes, dans les transports, scroller sur les réseaux sociaux. Mais la réalité, c'est qu'ils passent encore plus de temps sur les séries », explique-t-il, en citant l'exemple des salariés de son entreprise qui regardent une série le midi, avant de recommencer le soir.
Une explosion de l'offre
Le dirigeant explique cette progression par la multiplication des plateformes. Il y a sept ans, à la naissance de Spliiit, le choix se limitait à quelques services, comme Canal+ ou Netflix. Aujourd'hui, Prime Vidéo, HBO, Paramount ou Disney+ se sont ajoutés à la liste. Quant à la domination du smartphone, il la relie à l'usage : des écrans de plus en plus grands et un côté pratique qui fait reculer la télévision.
Les résultats sont proches d'une région à l'autre, assure-t-il. Spliiit, qui a des bureaux à Troyes et à Bordeaux, a comparé les sondages et observe des tendances « à peu près les mêmes » partout.
Cinq abonnements, « ça commence à faire beaucoup »
L'étude montre aussi le poids des abonnements numériques : 24 % des habitants du Grand Est en ont cinq ou plus, et 21 % y consacrent 50 euros ou plus par mois. Pour Jonathan Lalinec, cinq abonnements, « ça commence à faire beaucoup », même s'il estime que cela va devenir la norme. Il cite le streaming vidéo, la musique, la presse en ligne avec ses « paywalls », mais aussi des applications d'apprentissage, de sport ou d'intelligence artificielle.
Cette dépense pèse sur les budgets : 64 % des sondés disent que leur budget abonnements a augmenté ces dernières années. Pour le fondateur de Spliiit, la hausse est due à la fois à la multiplication des services et aux augmentations de tarifs. Il affirme que Netflix a augmenté ses prix de 80 % en quatre ans, que Disney+ est passé de 6,99 € à 12 € par mois depuis son lancement en 2021, et que Spotify a progressé de 40 % ces dernières années.
Résultat : 64 % des répondants ont déjà résilié un abonnement pour des raisons financières. Jonathan Lalinec constate des comportements plus opportunistes : « Ils vont regarder leur série et couper immédiatement l'abonnement derrière, parce qu'ils n'ont pas les moyens de le garder. »
Faire le ménage dans ses abonnements
Pour reprendre le contrôle sans renoncer à ses services, le co-fondateur de Spliiit conseille de faire le tri. Il invite à vérifier régulièrement ses prélèvements, notamment après l'été, car on oublie facilement les périodes d'essai gratuites qui se transforment en abonnements payants. Il suggère aussi de ne pas multiplier les plateformes en même temps : « On ne va pas regarder, la même semaine, trois plateformes différentes. » Il recommande enfin de consulter la liste des abonnements d'applications sur son smartphone, Apple ou Android : on y découvre parfois de petits prélèvements de 3 ou 4 euros pour des applications à peine utilisées.
Selon lui, le partage d'abonnements limite les résiliations, car on ne veut pas pénaliser ses co-abonnés. Mais il observe, là encore, que les consommateurs rationalisent leurs dépenses et testent de nouveaux services, notamment dans l'intelligence artificielle, au rythme des nouveautés qui arrivent chaque semaine.
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