UN JOUR UNE CHANSON #773

Publié : 3 juin 2026 à 12h30 par
MAGNUM LA RADIO
  • David Bowie
  • Starman
  • David Robert Jones
  • Ziggy Stardust
  • Top of the Pops
  • Space Oddity
  • Un jour une chanson
  • Club Magnum
  • Magnum la Radio
  • Magnum
  • Radio
  • Vosges
  • Meurthe et Moselle
  • Haute Marne
  • Alsace
  • Meuse
  • Grand Est

    Fred

    DAVID BOWIE - STARMAN

    0:00
    2 min 28 sec

      3 juin 2026 - 2 min 28 sec

      UN JOUR UNE CHANSON #773

      Il y a des moments dans l'histoire de la musique où tout bascule. Ce soir-là, sur la BBC, un homme débarque dans les télé avec un style, et une chanson qui va changer des millions de vies. C'est David Bowie. La chanson, c'est "Starman".

      David Robert Jones. Il trafique son nom en Bowie pour éviter la confusion avec Davy Jones des Monkees. Depuis la fin des années 60, il cherche sa voie, multiplie les personnages, les styles, les échecs commerciaux. Il a bien eu un tube en 1969 avec "Space Oddity" — mais la malédiction du one-hit wonder le rattrape. Personne ne croit vraiment en lui. Sauf lui.

      En 1971, il commence à construire son alter ego le plus radical : Ziggy Stardust, rock star extraterrestre androgyne, messager venu des étoiles. Et pour cet album, il lui faut un single. Le problème, c'est que "Starman" n'était pas prévu. La chanson est la dernière écrite pour l'album — ajoutée presque en catastrophe. 

      La chanson est construite sur deux emprunts assumés : le piano en code Morse vient des Supremes, et la montée mélodique du refrain est directement calquée sur "Over the Rainbow" de Judy Garland. Bowie le reconnaît sans complexe. Le résultat est un mélange de science-fiction pop et d'émotion pure.

      Mais la chanson seule n'aurait peut-être pas tout changé. C'est la performance télévisée qui fait tout. Le 6 juillet 1972, dans Top of the Pops, Bowie arrive maquillé, habillé comme personne ne l'a jamais été à la télévision britannique — geste provocateur, ambiguïté sexuelle assumée, message limpide à une jeunesse qui n'attendait que ça. Il pointe son doigt droit vers la caméra, droit vers le téléspectateur. Des milliers de gamins britanniques ont eu le sentiment d'avoir été personnellement choisis. Parmi eux : Boy George, Morrissey, Siouxsie Sioux, Bono, Robert Smith. Toute une génération de musiciens qui allaient refaire le monde dans les années 80.

      "Starman" atteint la 10e place des charts britanniques. L'album, lui, monte à la 5e. La malédiction est levée. Bowie venait de naître pour de bon.