UN JOUR UNE CHANSON #811

Publié : 14 septembre 2026 à 6h35 par

FRANKIE GOES TO HOLLYWOOD - THE POWER OF LOVE

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    Fred

    FRANKIE GOES TO HOLLYWOOD - THE POWER OF LOVE

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    2 min 44 sec

      14 septembre 2026 - 2 min 44 sec

      UN JOUR UNE CHANSON #811

      Voilà une chanson de Noël qui ne parle pas de Noël. Une déclaration d'amour signée par un groupe dont les deux singles précédents avaient été censurés par la BBC pour obscénité. L'histoire de The Power of Love est celle d'un virage à 180 degrés.

      D'abord, le groupe. Frankie Goes to Hollywood naît à Liverpool en 1980. Le nom vient d'un article du magazine New Yorker consacré à Frank Sinatra, titré "Frankie Goes to Hollywood", qu'un membre du groupe avait épinglé sur le mur de leur studio. La formation définitive se fixe en 1982 : Holly Johnson au chant, Paul Rutherford aux clavières, Peter Gill à la batterie, Mark O'Toole à la basse, Brian Nash à la guitare. Cinq garçons de Liverpool avec beaucoup d'idées et peu de filtre.

      En 1983, ils passent à la télévision britannique et sont repérés par Trevor Horn — le producteur star qui avait déjà signé Video Killed the Radio Star des Buggles. Horn produit leur premier single, Relax — censuré par la BBC pour ses sous-entendus sexuels explicites, ce qui lui assure naturellement des semaines au sommet des charts. En 1984, Frankie Goes to Hollywood est le groupe le plus chaud de Grande-Bretagne, et leur image — cuir, provocation, revendication gay ouverte — est aussi sulfureuse que leur musique.

      C'est dans ce contexte que sort, en novembre 1984, leur troisième single. Et là, surprise totale. The Power of Love est une ballade orchestrale, mystique, presque sacrée, coécrite par les cinq membres du groupe. Holly Johnson dira qu'il "a toujours senti que cette chanson pourrait le sauver dans cette vie" et que l'amour y est traité comme la seule chose qui importe vraiment. Le clip, réalisé par le duo Godley & Creme, est une reconstitution fidèle de la Nativité. Le groupe le plus sulfureux de l'année sort la chanson de Noël la plus sacrée de la saison. La BBC, qui les censurait quelques mois plus tôt, les diffuse en boucle.

      Top 10 dans toute l'Europe, au Canada, en Australie. Troisième numéro un consécutif pour le groupe. Un record.

      La suite est plus douloureuse. Le second album, Liverpool, en 1986, ne retrouve pas la flamme. Le groupe se sépare en 1987. En 1991, Holly Johnson apprend sa séropositivité et se retire de la scène musicale, pensant n'avoir plus que peu de temps. Il se consacre à la peinture, écrit son autobiographie. Puis les traitements font des miracles. Il remonte sur scène, enregistre encore quelques albums. À l'automne 2025, il est reparti en tournée pour les quarante ans de Welcome to the Pleasuredome. Toujours là, toujours Holly. La puissance de l'amour, et peut-être aussi celle de l'obstination.