21 000 personnes au Jardin du Michel : le festival toulois retrouve son souffle

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Soleil de juin en mai, programmation au diapason et public au rendez-vous : la 21e édition du JDM s'achève sur un bilan exceptionnel, le deuxième meilleur de son histoire.

Publié : 8h26 par
Le Jardin du Michel retrouve les sommets avec 21 000 festivaliers
Crédit : gnik.fr

Le week-end de l'Ascension a offert au Jardin du Michel un cadre idéal : trois jours de grand soleil et une affluence qui a dépassé toutes les attentes. Avec 21 000 spectateurs réunis sur le site de Toul et Dommartin-lès-Toul, cette 21e édition s'impose comme le deuxième meilleur score de l'histoire du festival, et le premier à franchir ce cap depuis plus d'une décennie.

La directrice de la programmation Cindy Dodin et le président Pierre Mafféis, visiblement épuisés mais soulagés en fin de week-end, ont salué une édition exceptionnelle à bien des égards. Le retour en force du public, après l'annulation de 2024 due aux intempéries, confirme l'attachement du territoire à cet événement né dans le jardin d'un particulier.

Vendredi historique, week-end en crescendo

Avec près de 9 000 entrées, la soirée d'ouverture du vendredi 22 mai a affiché complet, portée par Sniper dont la venue avait pourtant suscité une polémique. La Région Grand Est avait suspendu sa subvention de 94 000 euros en raison de certains textes du groupe, avant de finalement débloquer les fonds. L'équipe organisatrice n'a pas vacillé.

« On n'a pas cédé, on n'a pas remis en question les choix de programmation. On a fait la plus grosse journée des trois jours. »

Marion Portevin, responsable communication

Le samedi a accueilli 6 700 festivaliers, et le dimanche près de 6 000, avec Ofenbach en clôture salué comme un concert « énorme ». La forte densité du vendredi a toutefois mis à rude épreuve les équipes aux entrées et aux bars, avec de longues files d'attente entre 19 h 30 et 1 h du matin. Des ajustements rapides ont permis de fluidifier la situation dès le lendemain.

Les nouveautés plébiscitées

Parmi les grandes réussites de l'édition, le nouvel espace Michellaneous, troisième scène vivant jusqu'aux afters, a trouvé son public dès le premier soir. Les Silent Party, reconnaissables à leurs casques lumineux, sont devenus l'une des images emblématiques du week-end. La scène de la Cabane a quant à elle confirmé son attractivité autour d'artistes émergents et plus établis comme Luiza.

Bilan sécurité maîtrisé malgré la chaleur

La Protection civile a recensé une centaine d'interventions sur le week-end, principalement pour des malaises liés à la chaleur, à l'alcool ou à des substances. Sept personnes ont été évacuées vers le centre hospitalier Saint-Charles. Du côté des forces de l'ordre, six interpellations pour ivresse publique ont eu lieu (deux par soirée). Un incident plus sérieux est survenu vendredi au camping, où un agent de sécurité a été mordu à la joue par un individu sans bracelet d'accès. L'homme a ensuite été placé en garde à vue et déféré devant le parquet.

Un redressement financier en vue

Le JDM 2026 a fonctionné avec un budget d'1,3 million d'euros. L'événement rembourse encore une dette de 100 000 euros jusqu'en 2028, séquelle des déficits accumulés entre 2013 et 2016. Mais pour la première fois depuis longtemps, l'édition devrait dégager une marge positive.

« On commence à s'éloigner de l'image d'un festival en difficulté. Quand on voit tout ce monde, on se dit qu'on est en capacité de réunir plus de 20 000 personnes. »

Cindy Dodin, directrice programmation

La mairie de Toul et celle de Dommartin-lès-Toul, partenaires logistiques depuis six ans, évaluent leur soutien à environ 100 000 euros. Le maire de Toul, Alde Harmande, souligne les retombées économiques significatives pour les deux villes qui comptent ensemble quelque 17 000 habitants. Plus de 400 bénévoles ont contribué au bon déroulement de l'événement.

La question d'une édition 2027 reste ouverte : « organiser un festival reste un pari », rappelle Pierre Mafféis. Mais les équipes sont déjà dans les starting-blocks, et les 21 000 festivaliers de ce week-end leur ont donné de solides raisons d'y croire.