Aéroport Metz-Nancy-Lorraine : la Chambre régionale des comptes tire la sonnette d'alarme

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Saisie par le préfet de région, la CRC Grand Est pointe un déficit cumulé de 4,2 millions d'euros et prescrit un plan de redressement sur cinq ans. La région, elle, pointe la responsabilité de l'État.

Publié : 13h04 par
La situation de l'aéroport Metz-Nancy-Lorraine est dégradée
La situation de l'aéroport Metz-Nancy-Lorraine est dégradée
Crédit : Aéroport Metz-Nancy-Lorraine

L'aéroport Metz-Nancy-Lorraine est dans le rouge. La Chambre régionale des comptes (CRC) Grand Est, saisie par le préfet de région sur le fondement de l'article L. 1612-14 du code général des collectivités territoriales, a rendu un avis sévère sur la situation financière de l'Établissement Public Aéroport Metz-Nancy-Lorraine (EPMNL). Motif de la saisine : un déficit excessif du compte financier unique 2025.

Un établissement sous perfusion, propriété de la région

Établissement public industriel et commercial (EPIC) régional, l'aéroport Metz-Nancy-Lorraine est la propriété de la région Grand Est. En tant que service public industriel et commercial, il a l'obligation légale d'équilibrer ses dépenses par ses propres recettes — une règle que la situation actuelle ne respecte plus.

La CRC relève que l'aéroport a déjà consenti d'importants efforts de réduction de ses dépenses d'exploitation ces dernières années. Les mesures de redressement qu'elle préconise portent donc exclusivement sur le volet des recettes.

Deux leviers pour redresser la barre

Développer l'activité économique et commerciale

La chambre fixe un objectif de 200 000 passagers d'ici 2030, un seuil qu'elle juge atteignable et suffisant pour générer les recettes supplémentaires nécessaires au retour à l'équilibre.

Cette cible s'inscrit dans les conclusions du rapport d'évaluation de politique publique conduit par la CRC en 2025 sur les plateformes aéroportuaires de la région Grand Est.

Réviser la politique tarifaire

L'EPMNL dispose d'une marge de manœuvre sur ses redevances aéronautiques facturées aux compagnies, ainsi que sur ses recettes commerciales — stationnement et location de surfaces commerciales — à condition de ne pas freiner le développement du trafic.

La région pointe la responsabilité de l'État

La région Grand Est conteste la lecture de la CRC en soulignant que la quasi-totalité du déficit trouve son origine dans le retard de remboursement par l'État — via la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) — des dépenses engagées au titre des missions régaliennes de sécurité et de sûreté exercées sur l'aéroport.

La région indique poursuivre ses échanges avec les services de l'État pour obtenir ces remboursements dans les meilleurs délais, condition qu'elle juge indispensable à un assainissement durable des comptes.

La région rappelle également le contexte économique difficile du secteur aéroportuaire régional : concurrence accrue, évolution des modèles du transport aérien, exigences réglementaires croissantes. Elle a lancé en mai dernier une étude stratégique de développement, cofinancée par le département de la Moselle et l'Eurométropole de Metz, pour identifier de nouvelles pistes de croissance pour l'aéroport.

Un équipement structurant pour le Grand Est

Au-delà des chiffres, c'est l'avenir d'un équipement jugé stratégique qui est en jeu. Porte d'entrée internationale pour le nord-est de la France, l'aéroport Metz-Nancy-Lorraine est présenté par la région comme un levier d'attractivité, de mobilité et de développement économique et touristique pour l'ensemble du Grand Est. Les prochains mois seront décisifs pour savoir si le plan de redressement sera mis en œuvre — et par qui.