Affaire Grégory : la justice déclare prescrits les faits reprochés à Jaqueline Jacob
Coup de théâtre judiciaire dans l'une des affaires criminelles les plus anciennes de France.
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Ce mercredi 15 juillet, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon a mis fin à la procédure visant Jacqueline Jacob, la grand-tante de Grégory Villemin, en déclarant prescrit le délit qui lui était reproché.
Une double décision des magistrats
Les juges dijonnais avaient à se prononcer sur deux requêtes déposées par la défense de l'octogénaire.
La première, une demande d'annulation de sa mise en examen, a été rejetée. La seconde, portant sur la prescription de l'action publique, a en revanche été accueillie favorablement : le délit d'« association de malfaiteurs criminelle », pour lequel Jacqueline Jacob avait été mise en examen le 24 octobre 2025, ne peut désormais plus être poursuivi.
Cette issue avait été anticipée dès le mois de mai, lors d'une audience tenue à huis clos, au cours de laquelle l'avocat général Dominique Mirkovic s'était lui-même prononcé en faveur de cette prescription.
Rappel des faits : la piste du "corbeau"
Considérée comme la principale suspecte parmi les auteurs des lettres et appels anonymes ayant tourmenté la famille Villemin, Jacqueline Jacob, tante par alliance de Jean-Marie Villemin, est dans le viseur de la justice depuis des expertises menées en 2017.
Des analyses graphologiques et stylométriques portant sur les courriers et appels reçus par les parents de la victime l'avaient alors désignée comme l'auteure probable du courrier de revendication du meurtre, ainsi que de l'appel téléphonique confirmant la mort de l'enfant.
Le petit Grégory Villemin, âgé de 4 ans, avait été retrouvé ligoté et noyé le 16 octobre 1984 à Lépanges-sur-Vologne, dans les Vosges.
Plus de quarante ans après les faits, son meurtre n'a toujours pas été élucidé.
Une procédure mouvementée depuis 2017
Ce n'est pas la première fois que Jacqueline Jacob se retrouve mise en cause dans ce dossier.
En juin 2017, elle avait déjà été mise en examen, pour "enlèvement et séquestration suivie de mort". Interrogée à l'époque, elle avait choisi de garder le silence, tandis que son mari affirmait n'avoir aucun souvenir des événements. Cette première mise en examen avait finalement été annulée moins d'un an plus tard par la chambre de l'instruction de Dijon.
Il aura fallu attendre huit années supplémentaires pour que son cas revienne devant la justice. Le 18 juin dernier, un supplément d'information avait été ordonné afin qu'elle soit de nouveau entendue, ce qui avait débouché sur sa mise en examen pour "association de malfaiteurs criminelle". Ses avocats avaient alors publié un communiqué réaffirmant son innocence totale.
Avec la prescription désormais actée, cette nouvelle procédure s'achève sans qu'aucune responsabilité n'ait pu être établie sur le fond — laissant, une fois de plus, l'affaire Grégory sans réponse définitive.
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