Cité judiciaire de Nancy : Darmanin s'engage, une solution attendue dès l'automne

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Reçu ce lundi matin par le Garde des Sceaux, le maire de Nancy Mathieu Klein a obtenu la confirmation du caractère prioritaire du projet, promis depuis 2019 et suspendu depuis plusieurs années. Un comité de pilotage est déjà annoncé pour l'été.

Publié : 18h29 par
Mathieu Klein et Gérald Darmanin ce 15 juin 2026
Mathieu Klein et Gérald Darmanin ce 15 juin 2026
Crédit : DR

Sept ans après son annonce, le dossier de la nouvelle cité judiciaire de Nancy connaît peut-être enfin son tournant décisif.

Ce lundi matin, Mathieu Klein, maire de Nancy et président de la Métropole du Grand Nancy, a été reçu en audience par Gérald Darmanin, Garde des Sceaux et ministre de la Justice.

Au sortir de cette réunion, l'élu affiche un optimisme mesuré mais réel : le projet est désormais déclaré « prioritaire » par le gouvernement.

Un projet promis en 2019, des années de blocage

C'est en 2019 que Nicole Belloubet, alors ministre de la Justice, annonçait l'implantation de la future cité judiciaire nancéienne sur l'ancienne friche industrielle Alstom, dans le secteur Nord des Rives de Meurthe. Un emplacement stratégique, promis à une profonde transformation urbaine à moyen et long termes.

Le calendrier initial prévoyait un lancement des travaux fin 2025. Mais les délais se sont accumulés : d'abord l'absence de réponse sur la promesse de vente du terrain, puis, coup de massue pour le territoire, la suspension sine die du financement de l'État. Le chantier, pourtant urgent, s'est retrouvé dans les limbes administratifs.

Le projet en chiffres clés

  • Annonce initiale : 2019, par Nicole Belloubet, ministre de la Justice
  • Site retenu : ancienne friche industrielle Alstom, secteur Nord des Rives de Meurthe
  • Lancement des travaux initialement prévu : fin 2025
  • Maîtrise d'ouvrage de l'État : Agence pour l'immobilier de la justice (APIJ)
  • Prochaine étape : comité de pilotage à Nancy, à l'été 2026

Une mobilisation locale sans faille

Face à l'inertie de l'État, le territoire n'est pourtant pas resté les bras croisés. La Métropole du Grand Nancy, les élus locaux, les parlementaires de la juridiction de Nancy et les partenaires institutionnels ont maintenu une pression constante sur le dossier, multipliant les interpellations et les courriers au ministère. Ce printemps encore, Mathieu Klein et les élus ont saisi formellement le Garde des Sceaux pour lui rappeler l'urgence et la volonté collective d'avancer.

L'état de délabrement de l'actuelle cité judiciaire nancéienne n'est un secret pour personne : vétusté chronique, désordres structurels répétés, conditions d'accueil dégradées pour les justiciables comme pour les professionnels du droit. Un projet de relogement s'impose depuis longtemps comme une nécessité absolue.

« Une volonté affirmée » du ministre

La rencontre de ce lundi matin marque une nouvelle étape. Mathieu Klein en a exposé lui-même les conclusions :

« J'ai rappelé au Garde des Sceaux que ce projet est d'une absolue nécessité pour Nancy, pour l'ensemble des professionnels et auxiliaires de la justice, pour les justiciables. La situation de vétusté chronique et les innombrables désordres de l'actuelle cité judiciaire appellent à la mise en œuvre du projet décidé et validé par le ministère de la Justice en 2019. Je me réjouis de la confirmation par le Garde des Sceaux du caractère prioritaire du projet de Nancy et de sa volonté affirmée qu'une solution concertée soit dégagée d'ici à l'automne. Les discussions techniques vont pouvoir reprendre avec les services de l'Agence pour l'immobilier de la justice et j'accueillerai le ministre cet été pour un comité de pilotage à Nancy avec l'ensemble des partenaires et des collectivités. »

La Métropole prête à lancer les travaux de dépollution

Du côté de la collectivité, l'attente n'a pas été passive. La Métropole du Grand Nancy indique être « prête depuis plusieurs mois » à lancer les opérations qui lui incombent, notamment la dépollution du site Alstom — un préalable indispensable à toute construction.

Des premières dépenses ont d'ores et déjà été engagées pour l'aménagement public du secteur.

La reprise du dialogue au plus haut niveau et la volonté affichée par Gérald Darmanin doivent désormais permettre, selon le communiqué de la mairie, « d'atterrir sur des prises de décisions rapides ».

Avec un comité de pilotage prévu à Nancy avant la rentrée et une échéance fixée à l'automne pour trouver une solution concertée, la cité judiciaire nancéienne sort peut-être, enfin, de son long sommeil administratif.