Crash d'un avion à Tomblaine : l’accident le plus grave concernant le parachutisme depuis une trentaine d’années

Faits diversInfos

Ce dimanche dans la matinée, à 11h, un appareil s'est écrasé à environ 300 mètres du bout de la piste de l’aérodrome de Nancy-Essey, rue Salvador-Allende à Tomblaine, alors qu'il s'apprêtait à prendre son envol pour lâcher des parachutistes.

Publié : 20h59 par
Philippe Tabarot et Laurent Nunez
Philippe Tabarot, ministre des Transports, et Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, se sont rendus ce dimanche sur les lieux du crash. Crédits : DR

Ce week-end, un club local avait organisé un certain nombre de baptême de saut en parachute. Au total, 11 personnes (tous les occupants de l’appareil) sont décédées lors de ce crash : cinq instructeurs, cinq personnes passant leur baptême de parachutisme et le pilote de l’avion civil.

Selon l'URPS Infirmier Grand Est, les cinq personnes décédées qui devait passer leur baptêmes sont bien des infirmiers libéraux de Nancy, venus profiter d’un moment de répit. 

Malgré l’intervention très rapide des secours, selon Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur qui s’est rendu sur les lieux du drame en fin d’après-midi, « les constatations ont été que les personnes présentes dans l’aéronef étaient décédées ».

« Un drame qui marque les esprits, et à juste titre »

« Avec le ministre (ndlr : des Transports), Philippe Tabarot, nous avons longuement discuté avec les élus, les policiers, les secouristes impliqués, les sapeurs-pompiers, les personnels du centre hospitalier de Nancy. Je veux dire que l'émotion, elle est palpable, intense, et on la comprend parfaitement », explique Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur.

Les deux ministres se sont rendus sur place afin d’apporter le soutien du gouvernement ainsi que de la nation aux victimes, aux élus locaux et aux personnes ayant assisté au drame ou habitant à proximité.

Par ailleurs, les deux ministres ont affirmé que ce « drame marque les esprits, et à juste titre ».

Les familles, témoins direct de l’accident

À ce drame s’en est ajouté un autre. « Une partie des familles des victimes étaient présentes à l’aérodrome, puisqu’il s’agissait de baptêmes de parachutisme. Malheureusement, certaines ont assisté à la chute de l’aéronef, ce qui ajoute au choc et au traumatisme psychologique qui en résulte », précise sur les lieux du crash Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur.

Ces personnes, ainsi qu’un certain nombre de personnes impliquées (témoins oculaires, témoins directs de l’accident ou qui ont vu la carcasse), ont toutes pu être prises en charge par la cellule d'urgence médico-psychologique mise en place dès ce dimanche par le CHRU de Nancy et par le SAMU de Meurthe-et-Moselle.

Un espace de recueillement a été mis en place au stade Marcel-Picot pour les personnes souhaitant rendre hommage aux personnes disparues tragiquement ce dimanche 28 juin. Selon la Métropole du Grand Nancy, deux espaces de recueillement seront mis à disposition du grand public demain, lundi 29 juin, en mairie de Tomblaine et à l’Hôtel de Ville de Nancy, à partir de 9h.

Plusieurs enquêtes en cours

Une enquête judiciaire est ouverte et se poursuit, avec « des constations qui sont en cours ce dimanche soir tout autour de la carcasse de l’appareil », précise Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur.

Dirigée dans un premier temps par le parquet de Nancy, l’enquête est maintenant confiée au parquet de Paris.

C’est le pôle des accidents collectifs du tribunal judiciaire de Paris qui s’en occupe, au regard du nombre de victimes, 11 personnes décédées au total.

Sur le terrain, des effectifs de la Gendarmerie des transports aériens (GTA) sont présents pour procéder aux constations.

« Ce sont les investigations judiciaires qui feront toute la lumière sur les causes de ce crash », développe Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur.

« On sent ici, sur le terrain avec le ministre (ndlr : des Transports), une émotion qui est très forte, ça nous a marqués et on le comprend parfaitement, mais en même temps une grande solidarité entre tous pour prendre en charge les familles de la meilleure façon possible », conclut Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur.

L’accident le plus grave concernant le parachutisme depuis une trentaine d’années

C’est Philippe Tabarot, ministre des Transports, qui l’a souligné lors de sa prise de parole sur les lieux du crash : « il n’y a pas eu un accident aussi important au niveau aéronautique concernant le parachutisme depuis une trentaine d'années. Et je dirais même, en nombre de victimes, depuis l'accident certes totalement différent de la German Wings en 2015, il n'y avait pas eu autant de décès dans un accident de la sorte. C’est un accident qui marque ».

Selon le Bureau enquêtes accidents pour la sécurité de l'aéronautique d’État (BEA), il s’agit du crash le plus meurtrier en France hors transport militaire et aviation commerciale.

Le BEA se saisi de l’enquête

Parallèlement à toutes les enquêtes judicaires en cours, le BEA s’est saisi de ce crash.

« Il est compétent également pour expliquer ce qui a pu se passer par rapport à son vécu, aux expériences passées, aux autres catastrophes dans d'autres pays dans le monde entier. Le BEA aura l'occasion d'enquêter avec les services de justice (…) pour avoir bien sûr des explications par rapport à ce drame qui nous touche tous et toutes », complète Philippe Tabarot, ministre des Transports.

Aucune hypothèse privilégiée ce soir

Ce soir, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, ne privilégie aucune hypothèse concernant les raisons de ce crash et ne confirme pas l’identité des personnes décédées dans ce crash.

Il souligne seulement que « ce qui est certain, c'est que l'appareil est tombé subitement. Il faudra déterminer le pourquoi du comment ».

La circulation toujours coupée au niveau du lieu du drame

La préfecture de Meurthe-et-Moselle précise sur Facebook qu’« en raison de l’accident d’avion survenu ce dimanche à Tomblaine, la rue Salvador-Allende, ainsi que la piste cyclable en parallèle de cet axe routier, sont fermées à la circulation le temps de procéder aux opérations d’évacuation de l’appareil ».

Les conditions de circulation pourraient être toujours compliquées dans le secteur demain matin.