Épinal : la CGT et un collectif de citoyens vosgiens demandent l'interdiction des banquets du « Canon français »

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Alors que « Le Canon français » doit organiser deux banquets les 25 et 26 septembre au Centre des congrès d'Épinal, l'UD-CGT des Vosges demande au préfet leur interdiction, tandis qu'un collectif de citoyens interpelle les élus locaux sur le financement et les dérapages déjà constatés lors d'éditions précédentes de l'événement.

Publié : 7h44 par
La CGT et un collectif de citoyens demandent l'interdiction des banquets du « Canon français »

Les banquets organisés par la structure « Le Canon français » les 25 et 26 septembre prochains au Centre des congrès d'Épinal suscitent une double mobilisation dans les Vosges. L'Union départementale CGT et un collectif de citoyens et citoyennes ont chacun interpellé les autorités pour demander, sinon l'interdiction, du moins des explications sur la tenue de ces événements dans une infrastructure publique.

Dans un communiqué, l'UD-CGT 88 indique avoir sollicité le préfet des Vosges afin qu'il interdise les deux rassemblements. Le syndicat, qui rappelle qu'une première édition s'était déjà tenue en novembre dernier, dénonce des événements qui, sous couvert de « banquets populaires » et de promotion du terroir, serviraient selon lui de « vitrine à des réseaux d'extrême droite » pour diffuser leurs idées. L'UD-CGT évoque également un risque de troubles à l'ordre public, en pointant la concentration de plusieurs milliers de participants attendus au cœur de l'agglomération spinalienne, et appelle l'État à user de ses pouvoirs de police administrative pour faire interdire la manifestation.

De son côté, un collectif de citoyens et citoyennes des Vosges a adressé un courrier au président de la Communauté d'agglomération d'Épinal, au maire d'Épinal et au directeur du Palais des congrès. Le collectif y rappelle que l'événement, lancé en 2021 par Géraud de la Tour et Pierre-Alexandre de Boisse, a fait l'objet de plusieurs signalements ces derniers mois : des comportements et propos qualifiés de racistes lors d'une édition à Caen le 18 avril dernier, une campagne de mise en cause visant la maire de Quimper après son refus d'accueillir un banquet, ou encore l'annonce du maire de Périgueux d'annuler la seconde date de l'événement dans sa ville en cas de dérapage lors de la première.

Le collectif pointe également le financement de la structure par l'homme d'affaires Pierre-Édouard Stérin, qu'il associe à son projet « Périclès », présenté comme un plan de « bataille culturelle » destiné à promouvoir la droite conservatrice et l'extrême droite, et rappelle qu'une commission d'enquête parlementaire s'est penchée en juin dernier sur son influence lors des dernières élections municipales. Le courrier cite des propos tenus par Pierre-Édouard Stérin en juin 2025, dans lesquels il évoquait comme priorités d'avoir « plus de bébés de souche européenne » et de les faire baptiser ou évangéliser. Le collectif demande aux élus et au directeur du Centre des congrès de se positionner sur la tenue de l'événement.