Grève SNCF du 10 juin : un mercredi noir pour les usagers lorrains

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La Lorraine subit de plein fouet la grève nationale des cheminots ce mercredi.

Publié : 5h47 par
Grève SNCF du 10 juin 2026 : un mercredi noir pour les usagers lorrains

Appelée par les quatre syndicats représentatifs (CGT Cheminots, Unsa Ferroviaire, Sud Rail et CFDT Cheminots) la mobilisation de 24 heures paralyse une grande partie du réseau TER régional. Le mot d'ordre est clair : hausses de salaires, arrêt des réorganisations et des filialisations, et meilleure prise en compte de la souffrance au travail des agents.

Des lignes lourdement perturbées

Sur l'axe Nancy-Metz, l'artère ferroviaire la plus fréquentée de la région, seulement une dizaine d'allers-retours sont maintenus contre une soixantaine en temps normal. La ligne transfrontalière Metz-Thionville-Luxembourg, vitale pour les travailleurs frontaliers, ne propose que 17 rotations sur la journée, concentrées aux heures de pointe, largement insuffisant pour absorber le flux habituel de voyageurs. Les usagers sont invités à envisager le covoiturage, le télétravail lorsque c'est possible, ou à consulter les prévisions de trafic actualisées sur le site SNCF Grand Est.

Le réseau vosgien est particulièrement sinistré. La SNCF remplace certains trains par des cars, notamment entre Épinal et Saint-Dié-des-Vosges.

Quatre lignes totalement à l'arrêt

Certaines liaisons sont purement et simplement supprimées pour toute la journée :

  • Nancy – Épinal – Remiremont
  • Nancy – Pont-Saint-Vincent
  • Nancy – Saint-Dié-des-Vosges
  • Metz – Bar-le-Duc – Épernay

Aucun train ne circulera sur ces axes du matin au soir.

Du côté des grandes lignes, deux TGV sur trois sont maintenus selon les prévisions SNCF.

Un climat social tendu

Au-delà des perturbations de trafic, ce mouvement révèle une profonde crise sociale au sein de l'entreprise. Fabien Villedieu, délégué syndical Sud Rail, a alerté ce lundi sur franceinfo : treize salariés se seraient donné la mort depuis le début de l'année 2026. « Tous les feux sont au rouge », a-t-il déclaré, établissant un parallèle avec la crise de France Télécom il y a vingt ans. Il cite pêle-mêle des agents contraints de travailler de nuit alors qu'ils sont affectés de jour, des suppressions de postes, des mutations à plus de cent kilomètres du domicile.

Pour les syndicats, la cause est identifiée : l'ouverture à la concurrence presse la SNCF de dégager 1,5 milliard d'euros, au détriment des conditions de travail des cheminots. Ils réclament également la préservation du statut des agents, menacé par la création de filiales aux droits sociaux « au rabais ».

Jean Castex, PDG de la SNCF, a prévu de recevoir les syndicats le 23 juin. Trop tard pour eux : « Il faut qu'il nous écoute tout de suite, pas dans quinze jours », a prévenu Villedieu.