Hausse des prix dans le bâtiment : les fédérations du Grand Est tirent la sonnette d’alarme

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Les onze fédérations du bâtiment du Grand Est demandent plus de transparence et des hausses justifiées pour protéger artisans, PME et emplois dans la région.

Publié : 7h25 par
Image d'illustration - Crédits : Pixabay - cegoh
Image d'illustration - Crédits : Pixabay - cegoh

Les entreprises du bâtiment du Grand Est font face depuis plusieurs semaines à une vague de hausses de prix dans les matériaux et le transport. Si certaines sont liées aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les onze Fédérations du Bâtiment de la région dénoncent des augmentations « opportunistes, opaques et déconnectées des réalités économiques ».

« Oui, le contexte géopolitique est instable. Oui, certains coûts évoluent. Mais non, tout ne peut pas servir de prétexte à des augmentations généralisées. (…) Nous appelons clairement à mettre un coup d'arrêt aux logiques spéculatives », affirme Philippe Gayet, président de la FFB Grand Est.

Selon lui, contrairement à la crise de 2022-2023, il n’existe actuellement aucune pénurie de matériaux : les stocks sont suffisants.

Des hausses qui paralysent la filière

Toujours selon le communiqué des onze Fédérations du Bâtiment du Grand Est, depuis plusieurs semaines, les courriers aux artisans et entreprises se multiplient, annonçant des majorations tarifaires sur l'acier, les isolants, les matériaux de synthèse ou les transports.

« Nos adhérents ne contestent pas les hausses légitimes. Ce qu'ils dénoncent, ce sont les effets d'aubaine : des augmentations uniformes, rapides, parfois brutales, sans aucune transparence sur leur construction », tient à rappeler Philippe Gayet.

Pour les artisans et PME, les conséquences sont immédiates : devis caducs en quelques semaines, chantiers suspendus ou ralentis, et relations avec les maîtres d’ouvrage fragilisées. Certains particuliers et collectivités sont contraints de reporter ou d’annuler leurs projets de construction et de rénovation.

« Derrière chaque chantier qui s'arrête, ce sont des emplois, des savoir-faire et une dynamique territoriale qui vacillent. Nous ne pouvons pas laisser une logique spéculative hypothéquer l'avenir de tout un secteur », souligne Philippe Gayet.

Les fédérations mettent en garde contre un risque de rupture durable de confiance entre les acteurs de la filière, avec des effets en chaîne sur toute l’économie régionale.

Transparence et responsabilité exigées

Face à cette situation, les fédérations appellent à des mesures concrètes :

  • Des hausses de prix justifiées, documentées et proportionnées par les industriels, distributeurs et fournisseurs.
  • L’intégration systématique de clauses de révision de prix dans les marchés par les maîtres d’ouvrage.
  • Une vigilance renforcée des pouvoirs publics sur l'évolution des prix et leurs justifications et un soutien à la mise en place de mécanismes de régulation adaptés.

Au niveau national, la FFB réclame la création immédiate d’un observatoire national des prix des matériaux de construction. Elle demande également que les entreprises du BTP utilisant beaucoup de gazole non routier (GNR) puissent bénéficier, comme d’autres secteurs (par exemple les agriculteurs ou les pêcheurs), de dispositifs permettant de limiter le surcoût de ce carburant.

Philippe Gayet conclut : « Nos entreprises sont solides, engagées et profondément ancrées dans leurs territoires. Elles continueront à jouer leur rôle dans la construction et la rénovation du Grand Est. Mais elles ne pourront pas absorber indéfiniment des hausses injustifiées. Il en va de la pérennité de tout un secteur et de plusieurs milliers d'emplois locaux et régionaux ».

Les 11 Fédération du Bâtiment du Grand Est ont signé ce communiqué
Les 11 Fédération du Bâtiment du Grand Est ont signé ce communiqué