INDRA - MISERY

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INDRA - MISERY

Publié : 24 avril 2026 à 10h22 par
INDRA

On est en 1991. Dans les boîtes de nuit françaises, entre un morceau de Technotronic et un remix de C+C Music Factory, une voix surgit sur une prod dance aux synthés bien taillés. Une blonde au physique dévastateur. Un tube qui monte à la 7e place du Top 50. Cette voix, c'est celle d'Indra. Et si vous avez du mal à mettre un visage dessus, c'est précisément le sujet.

Indra, de son nom complet Indra Kuldasaar, est née le 20 juillet 1967 à Göteborg, en Suède, de parents estoniens. Une trajectoire nordique classique — jusqu'au jour où elle quitte tout pour suivre un petit ami à Paris. Étudiante en art dramatique, elle se retrouve plongée dans le monde de la nuit parisienne, et c'est là qu'elle est repérée en 1990 par Paul Taiclet, qui a l'idée de la présenter à un certain producteur. Pas n'importe lequel : Orlando — le frère de Dalida. Celui qui sait mieux que quiconque ce que c'est qu'une voix, un physique et une présence scénique au service d'un tube.

Orlando signe Indra aussitôt. Le premier single, "Let's Go Crazy", atteint la 11e place du Top 50. Mais c'est "Misery", le deuxième single tiré de l'album Temptation, qui va tout changer. La chanson est écrite et produite par Eddy Beatboxking et Grier — une prod typique de l'époque, ce mélange de phrasé hip-hop, de synthés dance et de basses bien épaisses qui sentent bon le début des 90s. "Misery" grimpe jusqu'à la 7e place du Top 50 français et squatte plusieurs fois la première place du Hit Club. Le clip est tourné à la Plaine Saint-Denis, devant la façade du Studio 217 — décor industriel, néons, ambiance nuit urbaine. On est en plein dans l'esthétique de l'époque.

La carrière d'Indra enchaîne les singles — "Temptation" également numéro 7, puis "Tell Me", "Rescue Me" — et deux albums certifiés disque d'or. Elle assure la première partie de Prince lors de la tournée Diamonds and Pearls à Paris en 1992. Et d'East 17 en 1994. Ce n'est pas rien.

Puis vient l'inévitable. La vague eurodance se retire. D'autres blondes dansantes arrivent sur le marché. Indra prend du recul, se consacre à sa vie de famille, épouse le mannequin Guy Paillard, a un fils. Elle tente plusieurs retours — avec des succès d'estime plutôt que des raz-de-marée. Elle participe à Je suis une célébrité, sortez-moi de là ! en 2006. Elle fait la tournée Génération Dance Machine à partir de 2011, croisant sur scène les autres rescapés de cette époque bénie où les boîtes de nuit sentaient le fog machine et l'insouciance.

"Misery" reste son titre le plus emblématique — une chanson qui parle de chagrin d'amour sur une prod qui donne envie de danser. Contradiction assumée. C'est aussi ça, les années 90.