La fréquentation des cinémas a chuté de 13% en 2025. Qu'en est-il pour l’année 2026 ?

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Une baisse durable de fréquentation des cinémas. En 2025, la France affiche 156.79 millions d’entrées, en recul de 13% par rapport à 2024. Quelles sont les causes de cette absence et qu’en est-t-il de l’avenir du cinéma ?

Publié : 15h26 par
Image d'illustration générée par IA
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Les seniors, grands absents des salles obscures

La France enregistre la pire fréquentation depuis 1997, hors période Covid. D’après le CNC, la fréquentation de 2025 nous ramène à celle du début des années 2000, loin derrière les plus de 200 millions de spectateurs du début des années 2010.

La part de population qui déserte le plus les salles ce sont les seniors. Plusieurs raisons à cela. À la suite de la pandémie du Covid, les personnes âgées ne sortaient plus de peur de tomber malade ou d’être contaminé.

Il y a également une représentation plus faible de ces personnes dans les films. Ils ne trouvent donc plus de sujets qui leur correspondent.

Le secteur a égaré plus d’un quart de ses spectateurs

Malgré Avatar ou Zootopie, la fréquentation des salles de cinémas en France ne cesse de baisser.  En six ans, depuis le pic de 2019 avec 213 millions d’entrées enregistrées, le secteur a perdu plus d’un quart de ses spectateurs, soit 60 millions de personnes.

Si les experts pointent le manque de blockbusters et de nouvelles sorties, les spectateurs eux, jugent les prix trop élevés. Selon eux, cette sortie est une dépense importante, entre le prix du ticket à 15€ en moyenne, plus la consommation de nourriture, cela revient souvent à 60€ pour une famille de quatre personnes sans compter les suppléments.

De plus, les visiteurs préfèrent attendre que les films sortent à la télévision ou encore utiliser les sites et applications de streaming tout en profitant de leur confort chez eux.

Mais certains producteurs justifient ce prix par "un déficit de l'offre". Pour eux le Covid à créer "un trou de films" ce qui a accentué la baisse de la fréquentation l'été dernier avec une chute à neuf millions d’entrée par mois.

Les particuliers restent tout de même mitigés sur les progrès à venir, notamment à cause du streaming qui pour eux "transforme potentiellement un bien culturel en produit de marché". Surtout en ce moment avec le rachat des studios Warner Bros par Netflix.

 Pour autant, le succès de L'Amour ouf de Gilles Lellouche (près de cinq millions de spectateurs) prouve que le public répond présent pour des propositions ambitieuses.

Des perspectives encourageantes

Même si la fréquentation ne cesse de baisser, la France reste le pays européen qui compte le plus d’entrées avec 156.79 millions contre 85 millions en Allemagne, 67 millions en Italie et 65 millions en Espagne.

Les experts restent tout de même confiants pour l’année 2026 en espérant que l’affluence sera meilleure, notamment avec la sortie de blockbuster comme L'Odyssée de Christopher Nolan cet été ou encore les Misérables en fin d’année.  

"Le public a besoin de qualité, il a besoin d'ambition et de sincérité". Face à la menace de standardisation des plateformes, les professionnels plaident pour "protéger le modèle français" tout en restant le loisir favori des français.

Elena RIGHINI