Le portrait d'Addi Bâ de nouveau visé par des tirs dans les Vosges, deux plaintes déposées

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Le panneau mémoriel du camp de la Délivrance, dans les Vosges, a de nouveau été visé par des tirs le 16 août, ciblant notamment le portrait du résistant Addi Bâ pour la deuxième fois en deux ans.

Publié : 24 août 2026 à 7h26 par
Le portrait d'Addi Bâ de nouveau visé par des tirs dans les Vosges, deux plaintes déposées

Le panneau mémoriel du camp de la Délivrance, situé en forêt sur la D24 entre Martigny-les-Bains et La Vacheresse-et-la-Rouillie (Vosges), a de nouveau été la cible de tirs. Le portrait d'Addi Bâ, résistant fusillé par les Allemands en 1943, a été touché pour la deuxième fois en deux ans, deux ans après une première dégradation similaire. De nouveaux impacts de balles ont été constatés dimanche 16 août.

Dans un communiqué du 19 août, la préfecture des Vosges confirme les faits et évoque "une nouvelle fois" une prise pour cible du portrait du résistant. Le préfet Blaise Gourtay a condamné "avec la plus grande fermeté" un "acte abject", rappelant que s'en prendre à la mémoire d'Addi Bâ revient à porter atteinte à un homme qui a donné sa vie pour la France.

Né en Guinée, alors colonie française, Mamadou Hady Bah – dit Addi Bâ – s'était engagé dans l'armée française en 1939 avant de rejoindre la Résistance dans les Vosges. Il avait contribué à la mise en place du camp de la Délivrance, où une centaine de jeunes réfractaires avaient trouvé refuge pendant plusieurs mois pour échapper au travail forcé en Allemagne. Arrêté et torturé, il a été fusillé le 18 décembre 1943, à 27 ans.

Lors de cette nouvelle dégradation, les tirs ont également visé, sans l'atteindre, le portrait d'Antoinette Lix, combattante volontaire lors de l'occupation prussienne de 1870. Étienne Guillermond, journaliste, administrateur de la page Facebook consacrée à Addi Bâ et auteur d'une biographie du résistant, estime que le précédent de 2024 – où le portrait avait déjà été criblé de six balles – renforce l'hypothèse d'un acte à caractère raciste. La préfecture, de son côté, n'évoque pour l'instant aucun mobile identifié.

Deux plaintes ont été déposées : l'une par Étienne Guillermond à titre personnel auprès du procureur de la République d'Épinal, l'autre par la maire de La Vacheresse-et-la-Rouillie, Stéphanie Bourgeois-Borrelly.

Plusieurs associations, collectifs et partis vosgiens ont par ailleurs publié un communiqué unitaire le 20 août pour dénoncer ces dégradations répétées et soutenir les plaintes. Parmi les signataires figurent Attac Vosges, le Comité contre le racisme de Gérardmer, le Comité des Vosges du Mouvement de la Paix, la Ligue des droits de l'Homme ainsi que plusieurs formations politiques (PCF, La France insoumise, Les Écologistes, PS, NPA88).