Mutuelle communale de Nancy : six mois après le lancement, les premiers bilans sont encourageants
À Nancy, la mutuelle communale tient ses promesses. Six mois après son lancement, le dispositif solidaire porté par la Ville compte déjà 350 personnes couvertes.
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Lancée début septembre 2025, la mutuelle communale de Nancy affiche déjà 300 titulaires, soit 350 personnes couvertes en comptant les familles. Un premier bilan positif pour ce dispositif solidaire, imaginé pour répondre à une fracture sanitaire bien réelle dans la ville.
Un lancement attendu, une montée en puissance progressive
Quand la convention entre la Ville de Nancy et la Mutuelle Familiale a été signée au printemps 2025, Marc Tenenbaum, adjoint au maire en charge de la santé et médecin généraliste, était déjà catégorique : le besoin était là, urgent et massif. À Nancy, 31 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, et les prix des complémentaires santé avaient encore grimpé de plus de 8 % l'année précédente. Dans son cabinet, il voyait défiler des patients qui renonçaient à des radios, à des spécialistes, faute de mutuelle.
Le dispositif, ouvert à tous les Nancéiens sans condition de ressources, promettait un tarif bloqué sur deux à trois ans, accessible pour moins de 30 euros par mois. Étudiants, seniors, chômeurs, travailleurs pauvres juste au-dessus des seuils de la C2S ou de la complémentaire santé solidaire : autant de publics trop souvent oubliés du système, que la mutuelle communale entendait rattraper.
Un profil d'adhérents qui surprend
Première surprise : ce sont les seniors qui ont adopté le dispositif en premier. La tranche des 71-80 ans représente la part la plus importante des adhérents, suivie de près par les 61-70 ans. La moyenne d'âge tourne autour de 65 ans. Marc Tenenbaum y voit une explication logique : les retraités aux revenus modestes sont souvent les premiers à souffrir de la hausse des cotisations, et les premiers à chercher une alternative. « Les plus jeunes sont peut-être encore en C2S, ou tout simplement ne connaissent pas encore la possibilité », analyse-t-il.
Une tendance qu'il espère voir évoluer. Dans son cabinet, quand il évoque la mutuelle communale à des patients plus jeunes, la réaction est systématiquement positive. La question n'est donc pas tant l'intérêt que la visibilité du dispositif.
Des permanences complètes, signe d'un besoin réel
Chaque permanence organisée à l'Hôtel de Ville accueille une douzaine de personnes. Tous les créneaux sont pris, jusqu'en octobre. Un engouement qui témoigne de l'utilité du dispositif, mais qui met aussi en lumière une limite : la capacité d'accueil. « S'il y avait plus de créneaux, ça irait plus vite », reconnaît l'élu, qui a engagé des discussions avec la Mutuelle Familiale pour dégager des plages supplémentaires.
Pour élargir encore la portée du dispositif, la Ville relance une campagne de communication avec un slogan volontariste : La santé n'est pas un luxe à Nancy, c'est un droit. L'objectif affiché est d'atteindre les 10 % de Nancéiens qui n'ont toujours pas de complémentaire santé — un chiffre qui fait écho aux 3 millions de Français sans mutuelle recensés à l'échelle nationale par la Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques (DREES).
Un modèle qui s'inscrit dans une stratégie de santé publique plus large
En un an d'existence, la convention n'a pas nécessité d'ajustements majeurs. Aucun remboursement litigieux, aucune difficulté structurelle signalée. Le cadre tient. La Ville entend désormais appuyer sur un deuxième volet, prévu pour 2026 : des ateliers de prévention sur la nutrition, la prévention du cancer, la gestion du stress, le sommeil et la prévention des chutes.
Parallèlement, Marc Tenenbaum insiste sur un autre chantier, complémentaire et tout aussi urgent : lutter contre la déprise démographique médicale. Un centre de santé devrait prochainement s'installer sur le plateau de Haye, à la suite d'une réunion encourageante tenue à Laxou. « Tout ça, c'est très important », résume-t-il sobrement.
La mutuelle communale de Nancy n'est pas un dispositif isolé. À Saint-Dié-des-Vosges, une initiative similaire existe depuis janvier 2024 avec le programme Ma Commune assure. Dans les deux cas, le principe est le même : combler les angles morts du système national en mobilisant les leviers du territoire, sans financement public direct, mais avec un accompagnement humain renforcé. « Si les pouvoirs publics nationaux n'agissent pas, il est légitime que les territoires prennent le relais », disait Tenenbaum l'an dernier. Six mois après le lancement nancéien, l'idée commence à prendre corps.
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