RIGHEIRA - VAMOS A LA PLAYA
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RIGHEIRA - VAMOS A LA PLAYA
Voilà l'une des chansons d'été les plus joyeuses et les plus insouciantes de l'histoire de la pop… sauf que ça ne l’est pas du tout. Bienvenue dans l'univers de Righeira et “Vamos a la playa” !
D'abord, les hommes. Righeira, c'est la rencontre de deux Stefano : Stefano Righi et Stefano Rota. Deux amis d'enfance qui décident, au moment de lancer leur carrière, de se présenter comme frères. Le nom du duo ? Une contraction de "Righi" avec une terminaison typiquement portugaise. Pourquoi portugaise ? Probablement parce que ça sonnait bien.
La mélodie de Vamos a la playa naît le soir du réveillon 1981, dans une cave de Florence où Stefano Righi répète avec des amis en vue d'un spectacle de Saint-Sylvestre. Il pose les mains au hasard sur un clavier et le refrain lui vient d'un coup. Une simple phrase en espagnol, "allons à la plage", que tout le monde peut chanter sans avoir jamais appris l'espagnol. Le choix de la langue n'est pas anodin : en pleine hégémonie de l'anglais dans la pop, chanter en espagnol était une provocation douce.
Mais derrière l'apparente légèreté, les paroles sont d'une noirceur sidérante. Nous sommes en 1983, en pleine Guerre froide. Reagan vient de baptiser l'URSS "l'Empire du mal". Les deux superpuissances détiennent ensemble environ 50 000 têtes nucléaires. Et Righeira, eux, décrivent des vacanciers qui se rendent à la plage… après l'explosion d'une bombe atomique. Les radiations colorent le ciel en bleu, le vent radioactif ébouriffe les cheveux, et la mer est enfin propre — non plus polluée par les poissons, mais scintillante de radiation fluorescente. Des générations entières de fêtards se sont trémoussées en chantant, le sourire aux lèvres et un verre à la main. C'est peut-être ça, le génie absolu de la chanson.
La chanson sort en juin 1983 et devient numéro 1 en Italie pendant sept semaines consécutives. Elle se vend à plus de trois millions d'exemplaires dans le monde.
Depuis, les deux Stefano ont pris des chemins différents. Le duo s'est séparé une première fois en 1992, reformé en 1999, puis dissous définitivement en 2016. Stefano Righi, alias Johnson, a poursuivi la musique en solo, fondé son propre label, et traversé des turbulences : il a passé cinq mois en prison en 1993 dans le cadre d'une affaire de trafic de drogue, avant d'être finalement blanchi au procès. Stefano Rota, alias Michael, a quant à lui raccroché le micro, s'est consacré à l'étude de la littérature et du droit, et s'est installé dans un petit village. Deux destins radicalement différents pour deux amis d'enfance qui auront réussi, le temps d'un été, à faire danser l'Europe entière sur la fin du monde.
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