Violences en marge du mouvement lycéen : 136 gardes à vue à Nancy, 104 mineurs concernés

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Selon le deuxième bilan provisoire du parquet, publié ce vendredi 16 octobre, près d’une personne interpellée sur deux a vu son affaire classée sans suite. Un majeur a été condamné à 18 mois de prison ferme, et deux mineurs sont mis en examen pour l’incendie du lycée Loritz.

Publié : 16 octobre 2026 à 20h00 par
Le parquet de Nancy publie un deuxième bilan provisoire.
Le parquet de Nancy publie un deuxième bilan provisoire.
Crédit : Pexels - jane grn

Entre le 30 septembre et le 16 octobre, 136 personnes ont été placées en garde à vue dans le ressort du tribunal judiciaire de Nancy, en lien avec les violences urbaines survenues en marge des manifestations lycéennes.

Parmi elles, 32 majeurs et 104 mineurs. C’est ce que détaille le parquet de Nancy dans un communiqué publié ce vendredi.

Des infractions surtout liées aux attroupements

Les gardes à vue visent pour 38 % des infractions de groupe, comme l’attroupement le visage dissimulé ou l’attroupement armé. Les atteintes sur personnes dépositaires de l’autorité publique représentent 21 % des motifs, et les atteintes aux biens 16 %.

Trois gardes à vue ont été levées, les investigations se poursuivant en enquête préliminaire.

Le parquet souligne que, dans leur grande majorité, les personnes interpellées n’étaient connues ni de la justice ni de la police.

L’essentiel des gardes à vue a eu lieu en zone police, principalement à Nancy, et la majorité des interpellations date de la première semaine du mouvement : un précédent bilan faisait état de 109 interpellations entre le 30 septembre et le 6 octobre.

Incendie du lycée Loritz : deux mineurs mis en examen

Une information judiciaire a été ouverte jeudi pour la destruction par incendie du lycée Loritz, survenue le 8 octobre.

Deux mineurs ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire.

47 classements sans suite, 53 poursuites

Pour les 132 autres mesures de garde à vue, le parquet indique avoir intégré dans ses décisions la gravité des faits, mais aussi l’âge et les antécédents des personnes concernées.

47 dossiers ont été classés sans suite, essentiellement pour infraction insuffisamment caractérisée : dix concernaient des majeurs et 37 des mineurs. 53 poursuites ont été engagées.

Chez les majeurs, on compte quatre compositions pénales et trois ordonnances pénales ; cinq convocations en audience de reconnaissance préalable de culpabilité ; cinq comparutions sur reconnaissance préalable de culpabilité avec défèrement, avec des peines allant de 2 à 6 mois d’emprisonnement avec sursis, assorties d’un stage de citoyenneté, d’une amende ou d’une interdiction de paraître en certains lieux ; deux convocations en audience correctionnelle avec placement sous contrôle judiciaire, comportant notamment une interdiction de manifester ; une comparution immédiate.

Chez les mineurs, 15 mesures de réparation pénale ont été décidées, 17 convocations devant le juge des enfants délivrées, et 27 présentations devant le juge des enfants ont donné lieu à des mesures éducatives provisoires jusqu’à l’audience.

La peine la plus lourde : 18 mois ferme

La comparution immédiate concerne des faits de dégradation et de violences aggravées commis au lycée Cyfflé le 5 octobre dernier.

Le tribunal a prononcé une peine de 18 mois d’emprisonnement avec mandat de dépôt. Le prévenu écope également de trois ans d’interdiction de manifester sur la voie publique dans l’agglomération nancéenne et de dix ans d’interdiction de port d’arme soumise à autorisation.

Des plaintes de proviseurs et pour violences policières

Fait nouveau signalé par le parquet : il est saisi de deux plaintes de proviseurs de lycée pour des violences commises à leur encontre dans l’exercice de leurs fonctions.

Il a également reçu deux plaintes pour des violences attribuées à des personnes dépositaires de l’autorité publique.