ALLIANCE ETHNIK - SIMPLE ET FUNKY

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ALLIANCE ETHNIK - SIMPLE ET FUNKY

Publié : 8 septembre 2026 à 10h46 par
ALLIANCE ETHNIK

Voilà l'une des rares chansons de rap françaises à avoir été co-signée par George Clinton — le parrain du funk américain. Et une chanson qui, dans un paysage hip-hop français de 1995 dominé par la violence, a osé arriver avec le sourire. C'était presque révolutionnaire.

Alliance Ethnik naît en juin 1990 à Creil, dans l'Oise — pas exactement la capitale mondiale du cool. K-Mel, de son vrai nom Kamel Houairi, monte sur scène pour la première fois dans sa ville d'adoption. Il recrute Médard, puis Gutsy — Fabrice Henri de son vrai nom, beatmaker de Boulogne-Billancourt — et deux DJs déjà reconnus dans le milieu : Crazy B et Faster Jay, vice-champions du monde DMC en 1992 et 1993. Le nom du groupe s'impose de lui-même.

En 1992, ils assurent la première partie d'IAM à l'Élysée-Montmartre. La presse et le label Delabel les repèrent. Ils signent, et partent enregistrer leur premier album entre Paris et New York. Le résultat est un ovni dans le rap français de l'époque : funk, West Coast, lumineux, festif. À des années-lumière du boom bap sombre qui domine les charts.

Simple et Funky, extrait de l'album éponyme, sort à l'été 1995. Le titre sample et co-signe George Clinton, figure tutélaire de Parliament-Funkadelic — une façon d'ancrer la chanson dans une filiation directe avec les racines du funk américain. Troisième place en France, disque d'or en France, Suisse, Canada et Italie. Victoire de la Musique en 1996 dans la catégorie Révélation groupe de l'année. L'album se vend entre 250 000 et 350 000 exemplaires.

La suite est plus courte qu'attendu. Le deuxième album Fat Comeback, en 1999 — avec De La Soul, Youssou N'Dour et Biz Markie — ne trouve pas le même écho. Le groupe se sépare en 2000. K-Mel tente un album solo en 2001, avant de décrocher un BTS, un master, et de travailler depuis dans le commerce international. Gutsy, lui, n'a jamais arrêté : devenu Guts tout court, installé à Ibiza, il est aujourd'hui l'un des beatmakers les plus respectés de France, avec une dizaine d'albums solo et des collaborations avec Common, De La Soul ou The Roots. Deux trajectoires radicalement opposées, pour une seule et même chanson qui, trente ans après, reste la définition parfaite de son propre titre.