Assises des Départements : Nicolas Lacroix menace de censurer le Gouvernement
À Reims, le président du groupe Droite, Centre et Indépendants de Départements de France et président du Conseil départemental de la Haute-Marne, dénonce un « point de non-retour » avec l’État. En cause : 1,8 milliard d’euros d’efforts demandés aux Départements dans le budget 2027. Le Premier ministre, absent, s’est contenté d’un courrier.
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L’avertissement est sans ambiguïté.
Devant les élus réunis à Reims pour les 95e Assises des Départements de France, Nicolas Lacroix a lancé, à l’adresse du Gouvernement : « Si rien n’est fait, au nom du groupe DCI, je demanderai aux parlementaires de censurer votre Gouvernement. »
Pour le président du groupe Droite, Centre et Indépendants de Départements de France et président du Conseil départemental de la Haute-Marne, la rupture politique pourrait désormais se jouer dans les urnes parlementaires.
1,8 milliard d’euros : « Où s’arrête le pillage des Départements ? »
Cette colère s’explique notamment par une annonce du gouvernement : selon Départements de France, le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de leur demander une contribution de 1,8 milliard d’euros, correspondant à un effort d’économies supplémentaire.
Nicolas Lacroix dénonce un système « à bout de souffle » : des dépenses sociales en hausse, des marges de manœuvre réduites et des compétences dont les collectivités assument le coût sans en maîtriser les règles.
« Où s’arrête le pillage des Départements ? », a-t-il interrogé, rappelant un principe selon lui essentiel : « Qui décide, doit payer. » Il a également résumé la situation par une formule : « Nous passons de l’inapplicable à l’inacceptable. »
« Le transfert de la décision, pas de la dépense »
Au-delà du bras de fer budgétaire, l’élu réclame un changement de modèle.
« La décentralisation ne doit pas être le transfert de la dépense, elle doit être le transfert de la décision », a-t-il plaidé.
Il demande une réécriture en profondeur du projet de loi de finances et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, ainsi qu’un véritable changement de méthode dans les relations entre l’État et les collectivités.
« Nous sommes arrivés au point de non-retour », a-t-il martelé.
Une pique au Premier ministre absent
Nicolas Lacroix a aussi déploré l’absence de Sébastien Lecornu, pourtant ancien président de département.
Le Premier ministre a préféré adresser un courrier aux élus jeudi plutôt que de venir échanger avec eux. « Il nous dit qu’il nous aime, mais moi, je crois plutôt au dicton : “Loin des yeux, loin du cœur” », a ironisé le président du groupe DCI, qui voit dans cette absence le signe d’un décalage persistant entre les annonces de l’État et la réalité vécue sur le terrain.
Un message aux futurs candidats à la présidentielle
Nicolas Lacroix s’est enfin tourné vers 2027. « J’en appelle au futur candidat à la présidentielle, qui représentera notre camp. Il n’en faudra qu’un, pas deux : nous ne voulons pas d’un géant centralisateur mais d’un État qui facilite. »
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