Grand Est : pour 72 % des habitants, la voiture est devenue un luxe

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Carburant, assurance, réparations : le budget automobile pèse de plus en plus lourd. Selon une étude de l’assureur Leocare, 72 % des habitants du Grand Est considèrent la voiture comme un luxe. 80 % ont déjà rogné sur d’autres dépenses pour continuer à rouler, jusqu’à l’alimentation pour 15 % d’entre eux.

Publié : 11h21 par
Grand Est : la voiture, un « luxe » dont on ne peut pourtant pas se passer
Crédit : Grand Est : la voiture, un « luxe » dont on ne peut pourtant pas se passer

Ce n’est pas un constat nouveau : le résultat est quasiment identique à celui de l’an dernier. Ce qui change, c’est la nature des sacrifices. « On était parti sur des discussions plus légères, sur du loisir. Aujourd’hui, on arrive sur des problématiques fondamentales », observe Christophe Dandois, cofondateur de Leocare.

Garder sa voiture, faute de pouvoir la remplacer

Pour beaucoup d’habitants, la voiture est avant tout une nécessité. Près d’un sondé sur deux dit ne pas pouvoir s’en passer au quotidien, notamment pour aller travailler. Or, la remplacer devient compliqué : 44 % n’auraient plus les moyens de racheter le même véhicule.

Selon Christophe Dandois, plusieurs facteurs s’additionnent. Les voitures coûtent plus cher, y compris d’occasion, ce qui pousse les automobilistes à garder leur véhicule plus longtemps. Le parc français vieillit : 11 ans et 8 mois en moyenne, soit presque un an de plus qu’avant le Covid. Le carburant, lui, dépasse en moyenne 2,20 euros le litre, d’après lui.

Rogner sur tout, jusqu’à la sécurité

Pour continuer à rouler, huit habitants sur dix ont déjà réduit d’autres dépenses : sorties, vacances, épargne, et pour certains l’alimentation (15 %). Le budget de la voiture finit par passer avant des postes essentiels.

Le risque est aussi mécanique. 43 % des sondés ont déjà roulé avec un voyant allumé ou un bruit suspect pour repousser une réparation. Un entretien négligé finit souvent par coûter plus cher, et cela a des conséquences en cas d’accident, rappelle l’assureur : le contrôle technique est obligatoire, tout comme le bon état du véhicule.

Une assurance qui ne devrait pas baisser

Autre poste en hausse : l’assurance auto, qui a augmenté pour 61 % des sondés en un an. Les réparations coûtent plus cher, les véhicules sont bardés d’électronique et les événements climatiques se multiplient. Ces surcoûts sont mutualisés, ce qui veut dire que même les conducteurs sans accident en subissent les conséquences.

Christophe Dandois ne promet pas d’accalmie : ces hausses devraient se poursuivre « peut-être pour la prochaine décennie ». Il recommande de revoir son contrat chaque année et de l’adapter à la valeur de sa voiture, en évitant par exemple la formule tous risques sur un véhicule de plus de 15 ans.

Se séparer de sa voiture : une option pour 38 %

Si les prix continuent de grimper, 38 % des sondés envisagent de se séparer de leur voiture d’ici un an. Pour l’assureur, qui reconnaît ne pas avoir de « baguette magique », la réponse passe par l’entretien, le covoiturage et une réflexion sur les transports en commun. Il y voit un enjeu de société : celui d’une voiture « construite pour être accessible à tous » et qui l’est de moins en moins.

Étude réalisée par Leocare, en partenariat avec Discurv, le 28 septembre 2026, auprès de 1 000 personnes représentatives de la population française. Les résultats sont présentés à l’échelle du Grand Est.

Un constat alarmant
Christophe Dandois
Crédit : Des propos recueillis par Juliette Schang